Masculinité positive : un tremplin pour l’égalité

La masculinité positive, basée sur la déconstruction des stéréotypes sexistes, est un levier pour lutter contre les violences à l’égard des femmes. Cela signifie davantage d’autonomie et d’épanouissement dans la sphère privée, publique et professionnelle. Et par conséquent, une société juste, saine et inclusive.

La bataille pour l’égalité des sexes est loin d’être livrée. Vieux comme le temps, le combat pour un monde juste et égalitaire se poursuit. Malgré les efforts permanents et la lutte acharnée des associations féminines, force est de constater que des inégalités, des injustices, des violences et des discriminations perdurent. Les avancées ne sont pas négligeables : des droits ont été arrachés, des  lois abolies, mais nous sommes encore loin de l’équité sociale. “On a l’impression d’être en face d’une œuvre inachevée”, diraient certaines féministes. Un ressenti, tout à fait juste. Les rôles dans lesquels les hommes sont confortablement cantonnés changent peu ou prou. En attestent les chiffres.

Masculinités toxiques

Autant de violences qui reflètent les conséquences de la masculinité hégémonique. Partant, le concept de masculinité positive, très en vogue ces dernières années, serait, selon les défenseurs des droits de la femme, un véritable levier pour lutter contre les violences faites aux femmes et garantir, à terme, plus d’équité.

Les stéréotypes, ainsi que certaines croyances et habitudes enracinées dans nos sociétés, font que la quête de l’égalité des genres semble, aujourd’hui ralentie.

Que ce soit au Maroc ou ailleurs, l’image de l’homme est souvent  liée à certains attributs ancrés dans le subconscient d’un grand nombre de personnes.

La force physique, la maîtrise des émotions, voire l’intelligence, …sont autant de “mythes” associées à l’image de l’homme. Ce qui reflète une manière d’être et de penser où ce dernier doit avoir le contrôle et le pouvoir, autrement, sa virilité en pâtira.

Par conséquent, l’homme se trouve emprisonné dans un statut de dominant, qui se traduit par une violence, en quelque sorte, imposée. Car il est obnubilé par un schéma, préconçu par la société et fondé sur des stéréotypes, préjugés et croyances machistes. “Les notions de virilité et de masculinité, sont parfois confuses dans l’esprit de certains”,  explique Dr. Asma Lamrabet, médecin et théologienne, tout en rappelant que le texte sacré est truffé de versets qui prônent l’égalité homme-femme.  En effet, certaines croyances culturelles, en particulier dans les sociétés patriarcales, sont à l’origine de nombreuses discriminations de genre  “Dans les pays de la région MENA, comme dans le monde, le système patriarcal perdure sous diverses formes et à des degrés différents”, estime Leila Rhiwi, directrice de ONU Femmes Maroc.  Selon Allie McGonagle Glinski, du Centre international de recherches sur les femmes (ICRW) à Washignton, “Les structures sociétales créent des barrières à l’épanouissement des femmes”. En effet, quelques aspects culturels, qui ont bercé les hommes depuis le bas âge sont défavorables à l’autonomisation économiques des femmes.

Le sociologue Abdessamad Dialmy abonde dans le même sens. Pour lui, nombreux sont les hommes qui s’estiment supérieurs aux femmes, car ils ont été bercés par les standards de masculinité où la domination de l’homme prime. Cela se traduit, par diverses formes de violences sexistes, que ce soit en milieu professionnel, familial ou conjugal. Il s’agit de la masculinité toxique, une sorte de pression qui pousse les hommes à agir de manière dominante, motivés par des standards, hélas considérés comme “normatifs”.  Dans ce sens, les femmes jouent un rôle important dans le maintien  des stéréotypes machistes, à travers l’éducation et les valeurs qu’elles transmettent à leurs enfants filles ou garçons. C’est dire que l’éducation est un facteur primordial dans la gestion de la complexité des relations genres.

Redéfinir la masculinité

Les paradigmes de la quête de l’égalité des genres semblent changer. Aujourd’hui, les défenseurs des droits de la femme estiment qu’il faut mettre l’accent sur la masculinité positive pour aboutir à un changement, qui risque d’être long mais sûr. Les politiques du genre telles qu’elles sont présentées par les institutions onusiennes semblent pratiquement dépoussiérées de leur caractère féministe.  “Si de grands pas ont été franchis pour remettre en question les stéréotypes de genre et les attentes par rapport aux femmes, ce même progrès n’a pas été accompli chez les hommes”, estime Liz Plank, auteure du livre “Pour l’amour des hommes”. Pour sa part, l’auteur et animateur canadien Jeff Pererra, parle de collaboration et de réapprentissage. Il s’agit donc de redéfinir et repenser la masculinité, voire les masculinités. en vue de déconstruire les “standards normatifs” qui nuisent aux femmes, aux filles et, par ricochet, à la famille et la société. 

Masculinité co-responsable

Au Maroc, de nombreuses actions de sensibilisation, lancées à l’initiative de la société civile, telles “Hit Ana Rajel”, “Hadi Machi Rojoula”, “Si j’étais une femme”, à l’instar des  campagnes mondiales Men Care, ou He for She, sont autant d’initiatives qui visent à sensibiliser le grand public à la culture de l’égalité des genres, en brisant les stéréotypes. L’objectif étant  d’inciter les jeunes garçons et les hommes à intégrer la masculinité positive dans leur quotidien et à se débarrasser de toute attitude toxique.  Dans cette optique, un guide pédagogique autour des masculinités positives a été élaboré par l’Association Medias et Culture, pour pousser les hommes et les garçons à devenir des alliés de l’égalité. Enfin, les décideurs et le secteur privé sont appelés à engager des réformes pour intégrer les hommes, en particulier les pères (pour les congés de paternité  par exemple) dans cette quête d’égalité.

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