“Cortisol face” : TikTok a-t-il inventé un nouveau complexe ?

Sur TikTok, un mot revient en boucle : “cortisol face”. Un visage plus rond, plus gonflé, que l’on attribue au stress et à l’hormone cortisol. Mais derrière cette tendance virale, que dit réellement la science ?

Un selfie, deux flèches, une légende : “Avant le stress / Après le stress.” Depuis quelques mois, les vidéos se multiplient. Certaines jeunes femmes affirment que leur visage a “changé” à cause du cortisol. Traits plus pleins. Joues plus gonflées. Regard fatigué. Le diagnostic tombe : cortisol face. Le terme sonne médical. Presque scientifique. Pourtant, dans les manuels d’endocrinologie, il n’existe pas.

Une expression virale

Les spécialistes sont formels : “cortisol face” n’est pas une entité médicale reconnue. Ce que la médecine connaît, en revanche, c’est le “visage lunaire”; une rondeur faciale marquée observée dans des cas précis d’excès prolongé de cortisol, notamment dans le syndrome de Cushing ou lors de traitements prolongés aux corticoïdes.

Autrement dit : oui, le cortisol peut modifier l’apparence du visage… mais dans des situations pathologiques bien définies. Pas à la suite d’une semaine chargée, d’un manque de sommeil ou d’un pic de stress professionnel.

Une hormone mal comprise

Le cortisol n’est pas un ennemi. C’est une hormone essentielle, produite par les glandes surrénales, impliquée dans la régulation du métabolisme, de la pression artérielle, de la glycémie et du cycle veille-sommeil.

Il augmente naturellement en cas de stress. C’est même son rôle : nous aider à faire face à une situation perçue comme menaçante. Le problème n’est pas le cortisol ponctuel. Le sujet, c’est le stress chronique. Et là, la recherche est plus nuancée.

Des effets réels… mais indirects

Les études montrent que le stress prolongé peut influencer la peau : inflammation accrue, acné, exacerbation du psoriasis ou de l’eczéma. Il perturbe le sommeil, favorise la rétention hydrique, modifie les comportements alimentaires. Résultat : un visage peut sembler plus gonflé, plus marqué, plus fatigué.

Mais ce n’est pas forcément une accumulation de cortisol dans les joues. C’est souvent une combinaison de facteurs : sel, manque de sommeil, variations hormonales, inflammation de bas grade, fluctuations de poids. La simplification TikTok transforme un phénomène multifactoriel en une cause unique, hormonale. C’est plus spectaculaire. Et plus viral.

Le nouveau mot-valise 

Ce que révèle surtout la tendance “cortisol face”, c’est notre obsession contemporaine du “depuff”, du drainage, du visage sculpté. Le moindre changement devient suspect. Le moindre gonflement appelle une explication biologique. On parle d’hormones comme on parlait autrefois de “toxines”. Dans cette mise en scène numérique, le stress devient visible, presque esthétique. Il faut le corriger. Le lisser. Le drainer. Or la médecine rappelle une chose simple : un visage peut changer pour mille raisons bénignes.

Quand faut-il vraiment s’inquiéter ?

Un gonflement facial marqué, progressif, durable, associé à d’autres signes inhabituels (prise de poids rapide, fatigue intense, troubles métaboliques) mérite un avis médical.
Mais dans la majorité des cas, un visage plus plein au réveil ou en période de tension relève de mécanismes physiologiques normaux. Le cortisol quotidien n’est pas un sculpteur malveillant. Il est une hormone adaptative.

Le “cortisol face” n’est pas une maladie. C’est un symptôme culturel. Celui d’une époque qui médicalise la fatigue, pathologise le stress et scrute son reflet à travers l’algorithme. Et si, avant de blâmer nos hormones, on acceptait simplement qu’un visage… vit, change, traverse des phases ? Parce qu’entre mythe TikTok et réalité hormonale, la science tranche : le buzz va plus vite que les glandes surrénales.

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