Pourquoi avoir choisi le nom “La Majorelle” pour cette nouvelle collection ?
Cette année, comme beaucoup de Marocains, je ressens un attachement encore plus fort à mon pays. Les grands événements récents, notamment la Coupe d’Afrique, ont ravivé ce sentiment de fierté et d’appartenance que nous portons en nous depuis toujours. Au moment de concevoir cette nouvelle collection, il m’a semblé évident de rendre hommage au Maroc qui est pour moi une source d’inspiration inépuisable. J’ai alors exploré plusieurs symboles forts de notre patrimoine, comme les motifs du zellige et les palettes emblématiques de notre artisanat. Et naturellement, le Jardin Majorelle s’est imposé comme une évidence puisqu’il incarne parfaitement cette alliance entre tradition et modernité. Ses couleurs vibrantes, profondément ancrées dans l’identité marocaine, m’inspirent énormément et traduisent exactement l’esprit que je voulais insuffler à cette collection.
Y a-t-il des ingrédients ou produits phares que vous mettez particulièrement à l’honneur ?
Oui, l’ingrédient phare de cette collection, c’est clairement l’amlou. C’est une saveur incontournable de notre patrimoine et je tenais à la mettre à l’honneur, surtout dans la partie sucrée et la sélection spéciale Ramadan. On connaît tous l’amlou traditionnel à base d’amandes, mais j’ai voulu le revisiter avec des déclinaisons plus créatives : pistache, noisette, chocolat et caramel. L’idée était de garder l’authenticité tout en apportant une touche moderne.
Comment décririez-vous votre signature culinaire aujourd’hui ?
Ma signature, ce sont les miniatures. J’aime travailler sur des petits formats, proposer des bouchées élégantes qui permettent de goûter à tout. Mais cela ne m’empêche pas de respecter les tailles traditionnelles de certains incontournables comme par exemple, la “Ghriba bahla”. Quand je la revisite au café vanille je la propose en petit format, mais la recette traditionnelle, je préfère la garder dans sa taille d’origine. Elle est belle ainsi, et je ne veux pas dénaturer un classique déjà parfait. J’innove, oui, mais toujours avec beaucoup de respect pour nos traditions.
Comment voyez-vous évoluer le métier de traiteur haut de gamme au Maroc ?
Nous assistons aujourd’hui à une véritable évolution du secteur. Les professionnels marocains ont atteint un niveau remarquable, comparable à ce qui se fait par exemple en Europe. La cuisine marocaine s’est d’ailleurs distinguée ces dernières années à travers plusieurs compétitions internationales. Les traiteurs redoublent d’efforts, notamment en matière de scénographie et de décoration, et on sent une volonté constante de se surpasser, d’innover et d’élever encore plus les standards du haut de gamme au Maroc.


