J’ai épousé mon meilleur ami

Salwa a réussi à bâtir une amitié sincère avec son colocataire. Une amitié qui s’est transformée, sans qu’ils y prennent garde, en un amour fulgurant. Mais même si les années et les obligations les ont séparés, ils se sont retrouvés pour ne plus jamais se quitter. Salwa nous raconte leur histoire.

Notre histoire a commencé par un coup de fil banal. Une amie m’avait appelé pour me parler d’un ami à elle, étudiant en droit, installé en France, qui devait venir à Casablanca pour effectuer un stage dans un cabinet. Je vivais alors en colocation dans un appartement vivant, bruyant et… avec une chambre libre.

J’avais accepté presque machinalement. Quelques jours plus tard, il arrive, valise trop lourde et mélange de fatigue et d’enthousiasme caractéristique de ceux qui recommencent ailleurs. Très vite, il trouve sa place. Pas seulement dans l’appartement, mais dans l’équilibre du groupe. Et surtout… dans mon quotidien. Il est resté trois mois. Trois mois où les discussions s’étiraient tard dans la nuit, où les rires étaient constants, où la complicité s’installait sans effort. Le feeling était immédiat, naturel, incontestable.

Quand il est reparti en France, rien ne s’est rompu. Au contraire. On continuait à se parler tous les jours, messages, appels, confidences. On était devenus ces personnes qu’on appelle sans réfléchir, celles dont la voix rassure instantanément. J’ai même fini par l’appeler “bestie”, comme si j’avais quinze ans…

Un an plus tard, un appel vidéo a chamboulé mes plans. Il m’appelait depuis Casablanca : il revenait pour de bon. “Mon ancien cabinet m’a embauché !”, m’a-t-il lancé comme si c’était la chose la plus normale du monde. J’ai d’abord cru à une blague. Puis j’ai souri. Puis j’ai senti cette joie sincère me submerger. Il avait trouvé un studio près de mon boulot. Hasard ? Peut-être… mais j’ai mes doutes.

L’énergie d’attirance était flagrante 

On se voyait presque tous les jours. Déjeuners improvisés, cafés volés entre deux rendez-vous, soirées où le temps filait trop vite. Sauf que, petit bémol, j’étais en couple avec un ancien colocataire qu’il connaissait déjà. Lui aussi avait ses petites histoires, légères et jamais durables. Officiellement, rien ne dépassait l’amitié. Officieusement, tout débordait déjà.

On se plaisait. Évidemment. Physiquement, intellectuellement, humainement. On ne voyait pas toujours le monde de la même façon, mais on partageait la même ironie, la même curiosité, et une complicité presque effrayante. Partout où l’on allait, tout le monde était persuadé qu’on était en couple. “Mais non, pas du tout !”, rétorquait-on. Entre nous, l’énergie d’attirance était flagrante, ça se voyait à des kilomètres. Et c’était précisément ce qui rendait la situation… délicieusement compliquée.

Le jour de mon anniversaire, au lieu de me souhaiter un joyeux anniversaire comme tout le monde, il a préféré m’avouer ses sentiments. Quelle idée ! J’ai été prise de court. J’ai répondu “merci”, comme une idiote, mécaniquement. Parce que je n’y croyais pas, parce que j’avais un copain, parce que j’avais peur. Mais surtout… parce que je savais, au fond, que je ressentais la même chose.

On a tenté de rester sages et raisonnables. Mais certaines évidences refusent de se taire. L’envie de se voir grandissait, le besoin de l’autre devenait presque physique. Et puis… le premier baiser. Bref, désarmant. Un long baiser langoureux s’en est suivi, chargé de tout ce qu’on n’osait pas dire. Puis cette irrésistible envie d’aller plus loin s’est imposée, celle qui porte un parfum d’interdit : marquée par des gestes tantôt puissants tantôt contenus. On s’est regardés ensuite comme deux personnes conscientes d’avoir ouvert une porte qu’ils ne pourraient plus refermer.

J’ai dit oui au mariage

Peu après, pour ne rien arranger, mon compagnon m’a demandé en mariage. Le sol s’est littéralement dérobé sous mes pieds.  J’ai demandé à mon meilleur ami ce que nous étions, ce que nous pouvions être. Sa réponse a été nette et douloureuse : il refusait de trahir son ami, refusait de construire quelque chose sur une faute. Je l’ai très mal vécu. J’en ai conclu qu’il ne m’aimait pas réellement, qu’il n’était pas assez amoureux de moi pour tout sacrifier. J’ai dit oui au mariage. Comme un geste de défi. Comme une réponse maladroite, presque brutale, à ce que je ressentais. Je me suis mariée et j’ai mis de la distance entre mon meilleur ami et moi. Officiellement, notre relation est redevenue amicale. Officieusement, l’attirance n’avait jamais disparu. Elle se nichait dans un regard trop appuyé, un sourire retenu, un silence chargé de tout ce que nous ne disions plus. 

Le temps a passé. Il a eu d’autres relations. Aucune n’a tenu. Je voyais bien que ses copines n’acceptaient pas qu’il ait une meilleure amie, et elles avaient bien raison. Chaque fois que l’on se retrouvait tous les trois, le malaise était palpable : il y avait toujours “nous deux” dans notre bulle, et puis l’autre fille, en arrière-plan. De mon côté, mon mariage s’est lentement effrité. Après le décès de ma belle-mère, mon mari s’est perdu dans les addictions. Le jeu, la drogue… L’amour n’a pas suffi. J’ai divorcé, deux ans plus tard. Et lui était là. Encore. Toujours fidèle à ce rôle qu’il s’était auto-attribué depuis des années : le roc, le soutien, le type sur qui on peut toujours compter. Nous voilà enfin, tous les deux célibataires, un peu plus sages, un peu plus lucides… 

Cinq mois plus tard, dans notre petit restaurant asiatique, le même où il m’avait avoué ses sentiments pour la première fois, il a sorti sa phrase magique. Pas de genou à terre, pas de discours préparé, il sait que je déteste ça ! Juste une question simple, sincère, posée comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

J’ai d’abord dit non. Juste pour le titiller. Puis j’ai dit oui. Parce que l’amour, parfois, ce n’est pas un éclair qui vous tombe dessus. C’est quelque chose que l’on construit lentement, avec des années d’amitié, de bêtises, de silences gênants et de “je ne devrais pas”. Et quand il arrive enfin… il ne hurle pas, ne fait pas de manières. Il s’impose, comme une évidence.

Le Ramadan est l’occasion parfaite pour se retrouver autour de tables généreuses et savoureuses. Cette année, que vous soyez à
La créatrice marocaine Mouna Lahlou dévoile la dernière collection de sa marque Moon Lahlou. Baptisée « Horra, حُرّة », cette
Championne junior du Maroc, Nadia Doghmi a marqué l’histoire de l’équitation en devenant la première femme arabe et musulmane à
La ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahia, a mis en avant, lundi
31AA4644-E4CE-417B-B52E-B3424D3D8DF4

Restez connectés avec Femmes du Maroc