Intervenant au nom de la délégation du Maroc participant à la 70è session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU (CSW70), Mme Ben Yahia a souligné que grâce au leadership clairvoyant de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a franchi de grandes étapes dans le processus de promotion et de renforcement des droits de toutes les femmes et filles.
Depuis Son accession au Trône de Ses glorieux Ancêtres, Sa Majesté le Roi n’a eu de cesse d’appeler les institutions à mettre en place toutes les garanties et tous les mécanismes législatifs nécessaires pour faciliter l’accès des femmes à leurs droits et leur ouvrir la voie à la créativité, à l’innovation et à la participation effective et agissante au développement du Royaume, a soutenu la ministre.
Elle a, dans ce cadre, relevé que la Constitution de 2011 constitue une référence fondamentale pour parvenir à l’égalité des sexes, rappelant le préambule de la Loi fondamentale qui fait de l’égalité et de l’égalité des chances l’un des principaux piliers de l’État, l’article 19 qui consacre l’égalité des droits et libertés ou encore l’article 118 garantissant à toute personne l’accès à la justice pour défendre ses droits et intérêts protégés par la loi.
Lors de la réunion plénière de cette session qui s’est déroulée en présence notamment du Wali coordonnateur national de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), Mohammed Dardouri, la ministre a également mis en avant l’engagement continu du Maroc au sein des mécanismes des Nations Unies visant à garantir des recours aux victimes, rappelant au passage la récente adhésion du Royaume au Protocole facultatif à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.
Après avoir mis l’accent sur le renforcement de l’arsenal juridique du Royaume grâce notamment à la Charte de réforme de la justice, qui souligne la nécessité d’intégrer une perspective de genre dans les politiques judiciaires, Mme Ben Yahia a précisé que cette démarche s’est traduite par l’abolition de plusieurs dispositions discriminatoires dans diverses lois nationales comme le Code pénal, le Code de procédure pénale et le Code de la famille, ainsi que par la promulgation de la loi contre la violence à l’égard des femmes.
Cette loi a concrétisé, selon elle, l’engagement pris dans ladite Charte en prévoyant la création de mécanismes pratiques de solidarité et la simplification des procédures, notamment par la mise en place d’unités spécialisées au sein de tous les ministères concernés.
Evoquant les initiatives pionnières menées dans le Royaume en matière d’accès à la justice, la ministre a cité la Déclaration de Marrakech sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, qui constitue une feuille de route nationale ayant permis de mobiliser tous les acteurs concernés et d’assurer la convergence de leurs interventions.
Et de poursuivre que plusieurs lois nationales intègrent des dispositions renforçant la protection des femmes et des filles et luttant contre les discriminations dont elles sont victimes, notamment la loi relative à la communication audiovisuelle et la loi régissant la Haute Autorité de la communication audiovisuelle.
Elle a, de même, rappelé l’engagement du gouvernement dans le cadre de la campagne onusienne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre des Nations Unies, ajoutant que cette campagne, placée sous le thème “L’égalité dans la législation est la garantie de vivre en sécurité”, a connu la participation de près de 230.000 personnes. La campagne numérique, elle, a touché plus de 2,2 millions de personnes.
Dans le même ordre d’idées, Mme Ben Yahia a indiqué que son département a mis en place la plateforme numérique “Aman Laki” visant à faciliter l’accès des femmes victimes de violence aux services de signalement et d’hébergement, à assurer une réponse rapide aux cas déclarés et à améliorer les mécanismes de suivi aux niveaux local et central.
Elle a enfin mis en lumière les efforts en cours au Royaume visant à mettre au point un plan d’action national pour lutter contre la discrimination entre les femmes et les hommes, notant que ce plan renferme une myriade d’approches et définit nombre d’intervenants, dont les médias et les réseaux sociaux, sans pourtant perdre de vue l’importance de l’institution familiale et de l’institution éducative.
La présente session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU qui se tient du 09 au 19 mars au siège de l’organisation internationale est placée sous le thème “Garantir et renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice, notamment à travers la promotion des systèmes juridiques inclusifs et équitables, et l’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires, tout en s’attaquant aux obstacles structurels”.
Elle vise également à examiner l’impact de l’inégalité juridique sur la vie quotidienne et de recommander des mesures pour y remédier, tout en braquant les projecteurs sur l’importance de promouvoir la participation pleine et effective des femmes à la prise de décisions dans la sphère publique et de lutter contre la violence, en vue d’atteindre l’égalité des sexes et l’autonomisation.