Aude de Thuin : Les propositions concrètes et les nouveaux projets de Women in Africa (Interview)

C’est acté, Women In Africa (WIA) revient en force en septembre prochain à Marrakech. Une annonce faite par Aude de Thuin, Founder & CEO Women In Africa Initiative, un movement qui se bat pour promouvoir le rôle des femmes dans l’économie en Afrique. En septembre dernier, le premier sommet avait déjà fait ses preuves : 400 hommes et femmes venus de 39 pays dont 22 d’Afrique, rassemblés pendant trois jours dans la ville ocre. Un premier sommet où sont sorties quelques idées concrètes, rassemblées dans un livre blanc et proposées aux différents gouvernements du continent afin que les femmes ne soient pas les grandes oubliées du monde de demain. Entretien avec Aude de Thuin.

Où en est l’écriture du livre blanc rassemblant les idées recueillies lors du premier sommet de Women In Africa (WIA) ?
Nous n’avons finalement pas retenu le principe du livre blanc pour diffuser les résultats récoltés lors des trois jours de débat et d’échanges entre les 400 personnes venues à notre premier sommet. Après la synthèse présentée en live le dernier jour, nous avons transmis les résultats à notre communauté qui compte quelque 23 000 abonnés via la newsletter de WIA Initiative. En substance, ce premier sommet a confirmé notre vision : les femmes africaines, volontaires, solidaires et philanthropes, inventent véritablement un nouveau leadership inspirant qui va changer positivement l’avenir du continent, et du monde.

Mais pouvez-vous nous donner davantage de détails sur ces résultats ?
Tout d’abord, les résultats sont sortis des six « laboratoires de réflexion » qui ont rassemblé des experts et leaders en atelier lors du sommet. Et chaque « labs » s’est consacré à des thèmes clés pour le continent, à savoir l’éducation, l’entreprenariat, l’énergie, l’agriculture, l’eau, la finance. En seulement une demi-journée, le pouvoir d’imagination collective et le travail de co-développement pour des idées innovantes ont été probants. Des initiatives concrètes ont été élaborées et priorisées et restituées sous forme de feuilles de route sectorielles par notre partenaire le cabinet conseil Deloitte. Le numérique s’est imposé comme l’élément transversal à tous ces « labs », avant même la finance !

Avez-vous des exemples concrets ?
Par exemple, pour le « Lab » sur l’énergie, il a été proposé que l’accès à l’électricité pourrait être résolu dans de nombreux pays par des coopératives énergétiques, à l’instar des approches déclinées dans les communautés agricoles. Cette idée aura un impact fort puisqu’elle englobe les problématiques d’éducation et de formation, et mobilise des ressources encourageant le développement durable. Le résultat souhaité serait de lancer et mettre en place avec succès a minima deux coopératives durables d’ici trois ans. Pour le « Lab » consacré à la finance, il a été notamment convenu que la facilitation de l’accès des femmes au financement pourrait être résolu en créant une banque qui se focaliserait sur les femmes et la technologie. Cette structure contribuerait à dépasser les principaux obstacles en adaptant les conditions d’obtention de produits financiers et leur accès aux spécificités de ces porteurs de projets, mais aussi en leur prodiguant des formations et des conseils financiers afin qu’elles puissent utiliser ce support financier. L’objectif de cette banque serait de renforcer leur solvabilité et leur profil, en créant ainsi un cercle vertueux en termes d’accès financier. Nous avons programmé un voyage d’étude en ce sens en Ethiopie où il existe la première banque de femme en Afrique, Enat bank. Et nous comptons rencontrer ses fondateurs.

Parmi les résultats récoltés, lesquels peuvent spécifiquement booster le « girlpower » au Maroc ?
Tout d’abord, je souhaiterais vous annoncer que nous venons de confirmer l’organisation du deuxième sommet annuel de WIA Initiative les 27 et 28 septembre 2018 à Marrakech. Concernant le Maroc, je suis sollicitée par des associations et des organismes publics pour prendre la parole devant des femmes marocaines. La première intervention aura lieu au mois d’avril à Casablanca sur l’invitation de l’association Mentor’Elles, dont la présidente est Zineb Baiz. Plus globalement, et concernant le royaume, nous trouvons qu’il existe beaucoup de conférences bien utiles pour les femmes et nous ne voulons faire concurrence à personne.

Quelles sont les prochaines étapes pour Women In Africa ?
Nous sommes en train de déployer nos dispositifs et nos programmes sur l’ensemble du continent afin de répondre aux deux objectifs de notre Initiative. Le premier : révéler le potentiel de la nouvelle génération de femmes leaders africaines, à tous les niveaux de responsabilités, de la société civile et des Etats. Le second : mettre en réseau ces femmes leaders africaines et internationales au service d’une Afrique innovante et inclusive. Concrètement, notre plate-forme de développement économique et d’accompagnement structure son offre de services sur 5 piliers : le WIA Club, la fondation WIA Philanthropie, le WIA Institute qui produit des études qualifiées sur la thématique Femmes-Afrique-Business, le WIA HR composé d’un Speaker Bureau et d’un Executive Search, et le WIA Media. Ce dernier comprend un site Internet, actuellement en refonte, un web magazine mise en ligne à partir du printemps, nos réseaux sociaux ainsi qu’un WIA Link, notre futur plate-forme numérique de mise en réseau des membres du Club. Pour porter nos programmes et nos actions, garantir les interactions de notre communauté et les opportunités business, nous allons organiser tout au long de l’année des rencontres sur le continent. Nous serons à Dakar début avril pour le premier Regional Meeting sur le thème de l’entreprenariat en Afrique de l’Ouest, et la seconde quinzaine de juin à Johannesburg pour aborder la problématique des femmes et de la finance en Afrique Australe. Des plaidoyers sortiront de ces sessions et seront publiés lors du sommet mondial à Marrakech, en septembre prochain, dont le thème général déjà choisi est la CONFIANCE. J’entends par là confiance dans l’Afrique, confiance dans les femmes africaines, mais aussi la confiance que les hommes doivent avoir à l’égard des femmes et la confiance des femmes en elles-mêmes.

 

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