Situation des femmes au Maroc : 5 chiffres clefs

À l’occasion de la Journée nationale de la femme marocaine, le 10 octobre, quelques chiffres permettent de mesurer les avancées et les inégalités qui persistent en matière d’emploi, d’éducation, de mariage des mineures et de violences faites aux femmes.

18,1 %

Au deuxième trimestre 2026, le taux d’activité des femmes au Maroc s’élevait à 18,1% contre 66,5 % des hommes selon une note du HCP sur la situation du marché du travail.

15,5 %

Environ une entreprise sur six est dirigée par une femme, selon les données 2024 de l’Observatoire marocain de la TPME. Le nombre d’entreprises dirigées par des femmes augmente, mais leur poids relatif reste faible.

96,4%

96,4 % des filles âgées de 6 à 16 ans étaient scolarisées au Maroc en 2025, selon les données du ministère de l’Éducation nationale reprises par le HCP. Ce taux masque toutefois des disparités territoriales : il atteint 98,8 % en milieu urbain contre 93 % en milieu rural.

8,4 %

Parmi les femmes âgées de 20 à 24 ans, 8,4 % avaient été mariées avant leur majorité en 2024, contre 15,9 % en 2004, selon le HCP. Pour rappel, malgré l’article 19 qui stipule que « la majorité matrimoniale s’acquiert pour le garçon et la fille, à dix-huit ans grégorien révolus », le juge peut autoriser une union avec ou entre mineurs. Et ce « par décision motivée précisant l’intérêt et les motifs justifiant ce mariage, après avoir entendu les parents du mineur ou son représentant légal, et après avoir eu recours à une expertise médicale ou procédé à une enquête sociale » comme le mentionne l’article 20.

62,8 %

Selon l’enquête du Haut-Commissariat au Plan (HCP) publiée en 2019, 62,8 % des Marocaines âgées de 18 à 64 ans ont subi au moins une forme de violence (physique, psychologique, sexuelle ou économique) soit près de 6 millions (3,8 millions en milieu urbain et 2,2 millions en milieu rural). Dans plus de la moitié des cas (55 %), ces violences se déroulent au sein du foyer, 32,9 % dans les lieux publics et 16% dans le milieu professionnel. Les violences psychologiques arrivent en tête (48 %), suivies des violences physiques (15,2%), sexuelles (8,7%) et économiques (8,2%). Le HCP a également révélé que 14% de femmes, près de 1,5 million, ont subi une forme de cyberviolence (insultes, menaces, chantages ou diffusions d’images intimes). Peu de victimes osent saisir la justice. Selon le HCP, seules 10,5 % d’entre elles portent plainte, dont 3 % pour des violences conjugales. Entrée en vigueur en 2018, la loi n°103-13 devait marquer un tournant historique dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Pour la première fois, elle définissait les violences physiques, psychologiques, sexuelles et économiques, tout en prévoyant des peines aggravées pour les auteurs. Elle reconnaissait également des formes longtemps ignorées : le harcèlement dans l’espace public, la violence conjugale et la cyberviolence. Sur le papier, un progrès majeur. Sur le terrain, le fossé reste profond, comme ne cessent de le dénoncer les militantes féministes et associations de droits des femmes.

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