« Pourvu qu’il soit de bonnes humeurs » de Loubna Serraj
L’histoire ? Deux époques. Deux couples. Deux voix. Non, plusieurs voix qui traversent le temps pour raconter une vie, deux vies, leurs vies. À travers une histoire, tour à tour inscrite dans le passé et le présent, aussi parsemée de violence ordinaire que de passion rebelle, le murmure Pourvu qu’il soit de bonne humeur d’abord inaudible, se renforce, devient mantra et arrache sa propre bulle de liberté, inestimable hier comme aujourd’hui. Comment être libre quand l’idée même de liberté n’est pas envisageable ? Comment résister à une guerre de l’intime où les bruits des canons deviennent ceux de clés tournant dans la serrure d’une porte ou de pas se rapprochant doucement mais sûrement ? Comment la peur peut s’insinuer les couloirs du temps pour faire passer un message ? Quel message ? Maya. Lilya. Deux voix. Deux femmes. Deux époques. Une intensité. Celle que provoque la liberté.
Pourquoi le lire ? Parce qu’il vous prend aux tripes et ne vous laisse pas indemne. La violence conjugale est au cœur du récit, mais réduire ce livre à cette seule thématique serait passer à côté de toute sa richesse. C’est une histoire bien plus profonde, qui explore les liens familiaux, la mémoire, les silences et les blessures qui se transmettent d’une génération à l’autre. Et puis, il y a la plume de Loubna Serraj. Captivante, saisissante, presque hypnotique. « Pourvu qu’il soit de bonne humeur » est bien plus qu’un roman, c’est une histoire qui vous traverse, vous bouleverse et vous marque longtemps après l’avoir refermée.
« Rêves de femmes. Conte d’une enfance au Harem » de Fatema Mernissi
L’histoire ? « Je suis née en 1940 dans un harem à Fès. » C’est ainsi que commence le récit de Fatema Mernissi, qui nous entraîne dans l’univers clos des femmes de son enfance. À travers le regard curieux d’une petite fille, elle évoque les femmes de différentes générations, leurs histoires, leurs rêves et leur rapport aux frontières imposées par la société.
Pourquoi le lire ? Ce livre est un incontournable. D’abord, parce qu’il est l’œuvre de Fatéma Mernissi, célèbre sociologue, écrivaine et féministe marocaine qui a consacré une grande partie de ses travaux à la condition des femmes dans les sociétés arabo-musulmanes. Ensuite, parce qu’à travers le regard d’une petite fille grandissant dans un harem familial à Fès dans les années 1940, elle nous fait découvrir une autre facette de l’histoire des femmes marocaines et de leur quotidien, façonné par les traditions et les interdits.
« Sexe et mensonges : La vie sexuelle au Maroc » de Leïla Slimani
L’histoire ? Dans cet ouvrage, Leïla Slimani donne la parole à des femmes marocaines qui se confient sur leur intimité et leur sexualité, entre poids des traditions, pression sociale et désir de liberté. À travers leurs récits, elle met en lumière les contradictions auxquelles elles sont confrontées dans une société où la sexualité hors mariage reste pénalisée et où la vie intime des femmes demeure soumise à de fortes exigences morales.
Pourquoi le lire ? Cet essai de Leila Slimani donne la parole à de jeunes femmes marocaines et aborde de front les tabous, le contrôle du corps féminin et le droit de choisir librement sa vie intime.
« Des femmes guettant l’annonce » de Fedwa Misk et Aude Massot
L’histoire ? Lila, une jeune étudiante qui découvre qu’elle est enceinte, cherche une solution pour interrompre sa grossesse. Avec l’aide de Nisrine, militante féministe, elle rencontre Malika, épouse et mère de quatre enfants. Sous la pression exercée sur les professionnels de santé au Maroc, les trois femmes entreprennent un voyage difficile à la recherche d’une solution, tout en attendant une décision du gouvernement sur l’avortement.
Pourquoi le lire ? Parce que cette BD aborde sans détour un sujet encore tabou au Maroc : l’avortement. À travers trois femmes aux histoires et aux choix différents, elle montre les difficultés rencontrées par celles qui veulent interrompre une grossesse, entre interdits, peur du jugement et manque de solutions sûres. Sans réduire leurs parcours à une seule réalité, elle nous invite à écouter ces femmes et à réfléchir à leur liberté de choisir, dans une société où ce sujet reste difficile à aborder.
« Une femme au pays des fouqaha : L’appel du Houdhoud » de Nouzha Guessous
L’histoire ? Dans cet essai, l’écrivaine et chercheure en droits humains Nouzha Guessous livre son regard sur l’évolution de la perception et du statut des femmes marocaines depuis les années 60 jusqu’au début des années 2000. Un essai très intime dans lequel elle évoque son enfance, sa jeunesse ainsi que les débats autour de la Moudawana auxquels elle a participé en tant que membre de la Commission Royale consultative chargée de la révision du Code de la famille (2001-2004).
Pourquoi le lire ? A travers son ouvrage, Nouzha Guessous nous parle de la condition féminine et de son combat, encore actuel, pour l’égalité. Cet ouvrage est une invitation à poursuivre le dialogue sur les droits des femmes dans la société marocaine. Un dialogue plus que jamais d’actualité !