Marrakech abrite, du 11 au 13 février, la 6ᵉ Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, un rendez-vous international majeur placé sous le signe de la mobilisation collective contre l’exploitation infantile. L’événement est organisé conjointement par le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences et l’Organisation internationale du travail (OIT).
Cette conférence de haut niveau prévoit de réunir plus de 1.000 participants, parmi lesquels des délégations gouvernementales, des partenaires sociaux, des représentants d’agences onusiennes, du secteur privé, de la société civile, du monde académique ainsi que des jeunes venus des quatre coins du monde.
Organisée plus de 25 ans après la première conférence mondiale tenue en 1997, cette sixième édition intervient dans un contexte préoccupant, marqué par l’incapacité de la communauté internationale à atteindre l’objectif de développement durable (ODD) visant l’éradication du travail des enfants à l’horizon 2025. Selon les dernières estimations conjointes de l’OIT et de l’UNICEF, 138 millions d’enfants sont encore engagés dans le travail des enfants à l’échelle mondiale, dont 54 millions dans des formes dangereuses, malgré une baisse notable depuis l’an 2000.
La Conférence de Marrakech vise à traduire l’Appel à l’action de Durban, adopté en 2022, en engagements concrets, mesurables et financés. Les travaux mettront l’accent sur plusieurs leviers essentiels, notamment l’accès à l’éducation, la protection sociale, la promotion du travail décent, la responsabilité des chaînes d’approvisionnement et la réponse aux risques émergents.
Les discussions porteront également sur de nouveaux défis tels que l’exploitation des enfants en ligne, les déplacements forcés liés aux conflits, le stress climatique ou encore la fragmentation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Des pistes innovantes seront explorées, notamment l’investissement responsable, l’innovation technologique et la coopération Sud-Sud.
S’étalant sur quatre jours, dont une journée virtuelle de pré-conférence et trois journées en présentiel, le programme combinera engagement politique de haut niveau, échanges techniques fondés sur les données, espaces d’apprentissage interactifs et un Salon de l’innovation. La conférence s’ouvrira par une journée virtuelle afin de favoriser une participation élargie des parties prenantes à l’échelle mondiale.
La dernière journée sera consacrée à l’alignement des engagements et à la redevabilité, avec un focus particulier sur l’Afrique, en vue de définir les prochaines étapes et d’accélérer les progrès à partir du document final qui sera adopté.