Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire ce roman puis à le publier si jeune ?
Je ne dirais pas qu’il y a eu un déclic précis. Écrire a toujours fait partie de ma vie, presque naturellement. Depuis l’enfance, j’écris des fragments, des récits courts, parfois seulement quelques lignes. C’était un besoin. Vers l’âge de seize ans, j’ai ressenti l’envie de donner une forme plus aboutie à ces textes. De les rassembler, de les faire dialoguer entre eux. Publier si jeune était plutôt un défi personnel, une manière de me prouver que ce rêve pouvait exister dans le réel. À cet âge, on doute beaucoup, mais on ose aussi davantage. J’ai choisi d’oser. « Blanche est la toile » est né de cette envie de créer une œuvre assumée, offerte aux autres.
Votre roman explore l’amour, la peinture et les relations tourmentées que l’on découvre au fil de lettres. Comment cette histoire est-elle née ?
Cette histoire est née de mon amour pour la peinture, mais surtout de la relation singulière entre les artistes et ceux qui les inspirent. La dynamique entre le peintre et la muse m’a toujours fascinée : elle est à la fois créatrice et destructrice, silencieuse et violente. Dans « Blanche est la toile », l’amour et la peinture sont profondément liés. Le geste artistique met à nu les sentiments, parfois malgré soi. Les lettres se sont imposées comme une évidence : elles permettent une distance dans l’attente. Elles sont aussi le lieu où l’on peut aimer sans toucher. À travers cette correspondance, j’ai voulu faire dialoguer les arts, l’écriture et la peinture, pour montrer comment l’inspiration touche. Voire même, dérange et consume.
La toile blanche et le silence sont des métaphores puissantes dans votre livre. Ces symboles résonnent-ils aussi avec votre propre manière de vivre ou de ressentir le monde ?
Oui, profondément. La toile blanche est pour moi un espace de tension. Elle contient tout : promesse et vertige. Elle oblige à se confronter à soi-même. Dans mon écriture comme dans ma vie, ce face-à-face est essentiel. Le silence, quant à lui, n’est jamais vide. Il est chargé d’émotions, de pensées et de non-dits. C’est souvent dans le silence que naît la création, mais aussi dans le silence que certaines relations se fissurent. Je ressens le monde de manière très intérieure, et ces deux symboles traduisent cette façon d’être : attentive à ce qui ne se dit pas toujours.
Si votre roman devenait un tableau ou une œuvre d’art, à quoi ressemblerait-il ?
Je l’imaginerais comme une toile renfermant une scène silencieuse, presque immobile. À la manière des intérieurs de Vermeer, je me pencherais vers une pièce baignée d’une lumière douce mais retenue, au temps suspendu. Comme dans ses tableaux, l’essentiel se jouerait dans l’attente. Une lettre posée, un regard détourné. La toile laisserait volontairement de l’espace au silence, à ce qui ne s’avoue pas. Une œuvre qui ne s’imposerait pas, mais qui révèlerait peu à peu sa profondeur à celui qui s’accepterait de s’y attarder.
À présent que « Blanche est la toile » est paru et a rencontré son public, quel est le prochain défi littéraire que vous souhaitez relever ?
Le prochain défi est d’aller encore plus loin dans l’exploration de l’intime. J’aimerai écrire une œuvre plus frontale, peut-être plus sombre. Qui interroge le désir, le regard et la manière dont les relations façonnent ou abîment l’identité. Je souhaite continuer à écrire avec sincérité, en acceptant de me perdre à nouveau dans une nouvelle voie. Tant que l’écriture me permettra de questionner le monde et moi-même, le défi restera vivant.