Au Maroc, les compétences féminines sont bien là mais peinent encore à trouver toute leur place dans l’écosystème technologique. Manque de modèles, accès limité au mentorat et aux réseaux professionnels, difficultés à intégrer les projets stratégiques, …, les obstacles persistent. Pour autant, les initiatives se multiplient pour soutenir les femmes dans l’univers de l’IA. Par exemple, au Technopark Casablanca, la part des startups fondées par des femmes est passée de 8 % en 2016 à 18 % aujourd’hui. Au-delà de l’entrepreneuriat, l’IA ouvre aussi la voie à de nouvelles carrières et facilite les reconversions professionnelles. Mais pour que ces opportunités profitent au plus grand nombre, l’accès à la formation, au financement et aux réseaux reste toutefois déterminant.
L’enjeu ne se limite pas à l’emploi. Il concerne aussi la manière dont l’IA est conçue et utilisée. Une technologie développée sans diversité risque de reproduire les stéréotypes et les inégalités déjà présents dans la société. Former les jeunes filles aux sciences, à la programmation et à l’éthique numérique devient donc essentiel pour faire émerger une nouvelle génération de conceptrices et de décideuses. Au Maroc où la transformation numérique s’accélère, l’enjeu est de faire une place aux femmes à tous les niveaux (utilisatrices, conceptrices et entrepreneures) car elles ont un rôle à jouer dans la définition d’une IA qui réponde aux réalités du pays plutôt que de reproduire les inégalités existantes.