Il y a des festivals que l’on visite. Et puis il y a le Festival Gnaoua d’Essaouira, que l’on vit. Chaque année, lorsque les premiers accords de guembri résonnent dans les ruelles de la médina, la ville change de rythme. Les terrasses se remplissent, les places publiques deviennent des scènes à ciel ouvert et les remparts battus par les alizés accueillent des milliers de visiteurs venus du Maroc et du monde entier. Pendant trois jours, Essaouira se transforme en une immense fête populaire où se croisent musiciens, artistes, intellectuels et passionnés de culture.
Pour sa 27e édition, le festival revient du 25 au 27 juin avec une programmation qui s’annonce particulièrement ambitieuse. Plus de 400 artistes, dont 42 Maâlems Gnaoua, investiront les différentes scènes de la ville. Une affluence qui confirme le statut de ce rendez-vous devenu au fil des années l’un des plus importants festivals de musiques du monde en Afrique.
Trois jours de rencontres
Depuis sa création en 1998, le Festival Gnaoua a bâti sa réputation sur une formule que peu d’événements peuvent revendiquer : provoquer des rencontres artistiques inédites. Ici, les Maâlems ne se contentent pas de jouer leur répertoire. Ils dialoguent avec des artistes venus du jazz, du gospel, des musiques africaines, orientales ou latino-américaines pour créer des performances souvent uniques et jamais rejouées ailleurs.
Cette année encore, les festivaliers assisteront à plusieurs créations très attendues. Le bassiste camerounais Richard Bona partagera notamment la scène avec Asma Lmnawar, tandis que Maâlem Hamid El Kasri retrouvera le Brésilien Carlinhos Brown dans une fusion entre rythmes gnaoua et traditions afro-brésiliennes. Mehdi Qamoum croisera quant à lui l’énergie du Harlem Spirit of Gospel, tandis que Mehdi Nassouli signera le grand concert d’ouverture.
Essaouira, décor idéal du voyage
Le thème retenu cette année, celui des villes portuaires, semble avoir été imaginé pour Essaouira elle-même. Car rares sont les villes marocaines qui incarnent autant l’idée d’ouverture, de circulation et de métissage culturel. Du Liban au Brésil, de l’Éthiopie aux États-Unis, les artistes invités partagent tous cette histoire commune des échanges maritimes et des influences croisées.
Cette philosophie fait écho à celle du festival, qui a toujours défendu une musique sans frontières et contribué à faire rayonner un patrimoine longtemps marginalisé. Aujourd’hui inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, l’héritage gnaoua continue de se réinventer sous les yeux du public.
Une expérience culturelle
Réduire Gnaoua à une succession de concerts serait pourtant une erreur. Au fil des années, l’événement s’est imposé comme une véritable plateforme culturelle. Le Forum des droits humains réunira cette année des personnalités comme Leïla Slimani, Souleymane Bachir Diagne ou encore Najat Vallaud-Belkacem autour des enjeux qui traversent les jeunesses du monde.
Le festival poursuivra également son partenariat avec Berklee College of Music, l’une des écoles de musique les plus prestigieuses au monde. Pendant six jours, des musiciens venus de plusieurs pays participeront à une résidence immersive consacrée à la création et au dialogue interculturel. Depuis son lancement en 2024, le programme a déjà accueilli des artistes issus d’une trentaine de pays.
Le RDV culturel de l’été
À quelques jours de l’ouverture de la saison estivale, Essaouira s’apprête une nouvelle fois à devenir le point de rencontre des passionnés de musique, de culture et de voyage. Entre concerts face à l’océan, nuits animées dans la médina et créations musicales inédites, le Festival Gnaoua reste l’un de ces rares événements où la ville et le festival ne font plus qu’un. Pendant trois jours, c’est tout un monde qui se donne rendez-vous sur les remparts d’Essaouira.
Je trouve cet angle beaucoup plus « vendeur » pour un site web féminin/lifestyle que la simple énumération de la programmation. Il donne envie d’être sur place.