Zapping politique

Les Marocains ont suivi un feuilleton passionnant : celui du retrait de l'Istiqlal du gouvernement et de l'annonce de tractations en vue de la constitution d'une nouvelle coalition. Pour ceux qui ont loupé un des épisodes, voici une rediffusion.

Tout le monde en convient. En comparaison avec les sitcoms indigestes du Ramadan, le feuilleton politique est de loin le plus passionnant ! Divorce consommé, nouvelles amours, rabibochages in extremis… la scène politique marocaine est en train de nous faire vivre un de ces moments “historiques” dont elle seule a le secret.

Episode 1 : divorce pour discorde

Après l’ultimatum lancé par Hamid Chabat, le parti de l’Istiqlal est effectivement passé à l’acte en annonçant son retrait du gouvernement Benkirane. La décision a été officiellement entérinée à l’issue d’une réunion du Comité exécutif du parti, qui s’est tenue le 9 juillet. 24 heures plus tard, les ministres “istiqlaliens” présentaient leur démission au chef du gouvernement… à l’exception de Mohamed Louafa. Coup de théâtre ! Le ministre de l’Education a décidé de faire cavalier seul. Abdelilah Benkirane apprécie le geste à sa juste valeur et aurait même promis de maintenir le “renégat” dans sa prochaine formation gouvernementale. Qu’importe, le retrait de l’Istiqlal du gouvernement s’est quand même fait, conformément à la Constitution. Selon l’article 47, les ministres présentent leur démission au chef du gouvernement qui doit, à son tour, la soumettre au souverain. C’est chose faite ! Le roi a bien voulu accepter les démissions des cinq ministres. Selon un communiqué du palais royal, il a été demandé aux démissionnaires de rester à leur poste pour expédier les affaires courantes, ce qui permettra au Premier ministre d’entamer ses consultations en vue de constituer une nouvelle majorité. Fin de l’épisode 1.

Episode 2 : flirts politiques

L’Istiqlal étant hors-jeu, le PJD devait trouver un remplaçant pour constituer sa majorité. Mais pas de suspens en vue cette fois-ci, l’option RNI est quasi évidente. Ce parti semble d’ores et déjà dans les starting-blocks pour rejoindre la nouvelle coalition. La situation est paradoxale, voire burlesque, après tant de disputes tumultueuses entre les deux partis. Il n’y a pas si longtemps, ils s’accusaient et s’insultaient par médias interposés ou à coup de réunions publiques. Rappelez-vous ces attaques frontales qui ont eu lieu avant et après les législatives de 2011, où les membres du RNI refusaient de s’allier à ces “rétrogrades d’islamistes”. Aux oubliettes aussi, les querelles qui ont suivi ce qui avait été appelé “les surprimes scandaleuses” de Salaheddine Mezouar et qui avaient été vivement dénoncées par les péjidistes… Les ennemis jurés d’hier, qui jusque-là campaient dans leur rôle de l’opposition, sont prêts à faire table rase du passé. C’est ainsi que les chefs des deux partis ont pris le ftour ensemble, le lundi 22 juillet dernier, dans la résidence du chef du gouvernement. Un tête-à-tête où les deux hommes ont décidé “d’ouvrir une nouvelle page dans leurs relations”.

Episode 3 : tout est bien qui finit bien

Mais attention, cela ne veut pas dire que le RNI va rallier la majorité sans conditions. Dans un communiqué rendu public, Salaheddine Mezouar affirme que son parti ne saurait être “une roue de secours”. Aux mauvaises langues qui disent que c’est pour sauver la face, on leur dit qu’ils ont tout faux ! Le RNI exigerait même une modification du programme gouvernemental avant de rallier la nouvelle coalition. Ce qui ne saurait tarder… Le pire étant derrière eux, nos nouveaux anciens ennemis n’auront plus que le meilleur à vivre ensemble. Et bientôt, nous les verrons main dans la main, souriant devant les objectifs des photographes. Et que les voix malveillantes arrêtent de parler d’hypocrisie politique. Le RNI et le PJD ne sont ni les premiers, ni les derniers partis à se rabibocher, d’autant plus que c’est pour la bonne cause : celle de “l’intérêt supérieur de la nation”. Fin de l’épisode 3. La fin du feuilleton est, elle, annoncée pour fin du Ramadan. Que le spectacle commence !

Caftan 2024 s'est conclu en beauté après quatre jours de célébration de l'élégance et de la richesse du caftan marocain.
Les détenteurs de passeport marocains peuvent se déplacer librement vers 73 pays étrangers sans besoin de demander un visa. Certaines
Voyager seule représente une façon de goûter à la liberté, de vivre ses envies sans entraves. Nadia Stoti, Travel blogger,
Pas question de s’ennuyer cet été à Casablanca. On s’arme de sa crème solaire, de son plus joli bikini et
31AA4644-E4CE-417B-B52E-B3424D3D8DF4