Théâtre Aquarium Citoyenneté sur les planches !

L'art au service des bons messages, le théâtre Aquarium en a fait son credo. Dans ce type d'organisation engagée, on n'a pas peur de démonter les clichés ou de s'attaquer à toutes les formes de discrimination existantes. Du pain béni pour un public jeune qui ne demande qu'à suivre !

Dès qu’on franchit le seuil du théâtre Aquarium, on est sous le charme. Situé dans une coquette maison tradition-nelle du quartier populaire d’Akkari, à Rabat, le lieu draine un public large et hétéroclite, toujours content de venir y prendre une bonne bouffée d’oxygène. Le thème de la table ronde du jour est “La femme dans l’espace public”. Les invités, Leïla Rhiwi, Abdelfattah Zine, Omar Be-nayach et Ghizlane Karimallah, vont animer les débats avant de céder la parole aux participants dans la salle. A partir de ces échanges fructueux, l’atelier d’écriture se chargera de peaufiner les textes d’une future pièce de théâtre. Et par la suite, lors de la représentation, les spec-tateurs pourront interagir avec les comédiens et monter sur scène in-terpréter leurs idées !Mais pour l’heure, on s’interroge sur les tenants et les aboutissants des agressions et du harcèlement des femmes dans l’espace public. De quelle manière les normes sociales sexuelles s’y affichent-elles ? En quoi les femmes, toujours prisonnières de l’idéologie patriarcale dominante, restent un corps “objet” dont la vi-sion dérange et attise les bas ins-tincts ? Pourquoi certains lieux leur restent interdits – lorsqu’elles ne s’en excluent pas elles-mêmes, du fait de leur malaise ? Deux heures durant, on parlera à bâtons rompus de violence urbaine accentuant le phénomène ; de brouillage des anciens codes résul-tant de l’émergence du féminin dans toutes les sphères ; de restructuration de l’espace urbain et rural en fonction du genre ; de sécurisation des villes du futur, avec des aménagements plus aérés, un éclairage suffisant, un renforcement de la mixité, des loge-ments à proximité de commerces, des jardins publics avec sorties mul-tiples, des milices de quartier…La mécanique des échanges semble bien rodée… Et pour cause, l’associa-tion, partenaire avec Oxfam, n’en est pas à son coup d’essai. Elle s’est déjà attaquée, par le passé, à des gros mor-ceaux comme “l’art propre”, l’article 475, la femme et la politique, le travail de la petite bonne, le tourisme sexuel, ou encore les fatwas. Comme le souligne Naïma Zitane, présidente du théâtre Aquarium : “Notre but est de faire évoluer les mentalités et les lois en s’attaquant aux pratiques injustes et discriminatoires, no-tamment à l’encontre des femmes”. “Dya-li”, la célèbre pièce inspirée des fameux “Monologues du Vagin”, a contribué, à cet égard, à la médiatisation de leur action. Pour lever les tabous et/ou ins-tiller une culture genre équilibrée, l’art et le théâtre, en particulier, s’apparen-tent à de formidables leviers de trans-formation sociétale. Avec l’animation d’ateliers pour les enfants pauvres du quartier et les femmes battues, ainsi que nombre de campagnes de sensibi-lisation à son actif, le théâtre Aquarium n’en finit donc pas de jouer son rôle de catalyseur de citoyenneté. â—†

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L’événement Art-Fair est de retour à Marrakech. Ce rendez-vous international pose ses valises dans les salons de la Mamounia, mais
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