« Seven » : sept destins de femmes

Dans le cadre de sa tournée mondiale et en partenariat avec l'ambassade de Suède, la pièce documentaire "Seven" s'est récemment produite au Maroc, prouvant haut et fort à quel point la force du théâtre permet de transformer les sociétés.

Seven”, le spectacle qui a tourné dans dix-neuf pays, a fait escale au Ma-roc, deuxième nation arabe après la Jordanie à l’accueillir sur son sol. Et le projet d’envergure internatio-nale n’en est pas à son coup d’essai. Il mobilise depuis un certain temps déjà les décideurs du monde entier et continue de bénéficier du soutien de multiples organisations. Reposant sur un concept simple mais terrible-ment efficace, la pièce est basée sur des entretiens réalisés avec sept ac-tivistes, issues de différents coins de la planète, qui relatent leur chemine-ment atypique à travers des sociétés dures et souvent injustes. Armées de leur seule force de conviction et de leur courage, elles ont parfois défié le pouvoir en place, l’ordre moral et religieux ou le danger de leur condi-tion, pour transformer au mieux leur environnement. Et afin d’offrir le plus d’écho possible à ces parcours de femmes hors du commun, des personnalités locales sont invitées à monter sur scène pour faire réson-ner leurs mots. Là réside toute l’ori-ginalité de la démarche artistique de la jeune réalisatrice suédoise Hedda Krausz Sjögren, qui a mis à contri-bution, à ce jour, plus de cinq cents politiciens, parlementaires, artistes, journalistes, acteurs du monde asso-ciatif, universitaires, pour interpréter un des rôles de “Seven”, traduit en quinze langues. A la salle Bahnini, à Rabat, pen-dant deux jours de suite, Driss El Yazami, Nawal Moutawakel, Amina Bouayach, Rachid Fekkak, Sophia Ha-di, Nadia Niazi et Momo de Hit Radio ont donc prêté leur sensibilité et leur voix, en arabe dialectal puis en fran-çais, pour rentrer dans la peau de ces grandes dames devenues des sym-boles dans leur contrée d’origine. De Farida l’Afghane, Inez l’Irlandaise du Nord, Marina la Russe, Anna-bella la Guatémaltèque, Mukhtar la Pakistanaise, Mu la Cambodgienne ou encore Hafsat la Nigériane, on retiendra l’immense détermina-tion à échapper à un destin sordide, tout en devenant le fer de lance de la lutte contre la violence faite aux femmes, contre la corruption, ou pour consolider la paix.“Seven”, comme le rappelle Hedda Krausz, est donc avant tout une le-çon de vie. Cette vie que toutes ces femmes ont choisi de ne plus subir et qu’elles ont tournée en direction des autres, pour entreprendre des actions concrètes en faveur de leur commu-nauté. Par exemple, Mukhtar, la Pa-kistanaise, a longtemps porté son viol comme une brûlure honteuse avant de porter plainte contre ses agresseurs, puis d’ouvrir, dans la foulée, trois écoles. Marina, la Russe, a quant à elle fondé la première ligne d’écoute pour les victimes de violence domestique. Il y a une part d’universel dans toutes ces souffrances mises bout à bout, et cela constitue une piqûre de rappel dans chaque pays pour l’immense chantier des droits humains, toujours en cours… Selon Farida, l’Afghane lasse de voir mourir les femmes des suites de couches dans ses mon-tagnes, “il faut construire les esprits avant de construire les immeubles.” â—†

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