Nacer Ibn Abdeljalil haut plusToujours

A 33 ans, Nacer Ibn Abdeljalil rêve de devenir le premier Marocain à atteindre le toit du monde. Ce financier a quitté son confort, et son travail, pour se lancer à l'assaut de l'Everest. Passionné d'endurance et de sports extrêmes, il n'en est pas à son premier challenge.

FDM Depuis quand vous intéressezvous à l’alpinisme ?

Nacer Ibn Abdeljalil : Ma passion pour l’alpinisme a commencé il y a dix ans environ. A l’époque, j’avais un collègue de bureau qui n’arrêtait pas de me parler de ses ascensions au Mont-Blanc, en Alaska, et de bien d’autres sommets. Du coup, j’ai eu envie de m’essayer à ce sport. Je suis allé sur le Mont-Blanc en 2003. J’ai commencé par faire un stage, puis j’ai fini par atteindre son sommet. J’avais beaucoup aimé, surtout qu’à la base, je suis quelqu’un qui se sent bien en pleine nature et qui aime le sport. En fait, l’alpinisme rassemble les deux.

Mais de là à viser l’Everest, n’est-ce pas un peu “fou” ?

Pas fou, mais je suis quelqu’un d’assez compétitif et qui, par nature, aime bien relever des défis. Donc une fois que j’ai eu à mon actifs plusieurs ascensions, je me suis attaqué au “7 summits challenge”, qui vise à gravir le plus haut sommet de chaque continent. J’en ai déjà fait trois. Il s’agit du Mont-Blanc, en France ; de l’Aconcagua, en Argentine ; et du mont McKinley, en Alaska. L’Everest étant le plus haut sommet d’Asie, culminant à 8.848 mètres, il fallait bien que je m’y attaque un jour. C’est le plus difficile à gravir puisqu’il s’agit du toit du monde. J’ai finalement décidé de le faire cette année. Il y a eu beaucoup d’événements personnels et professionnels qui ont fait que j’ai décidé de prendre un temps off. Du coup, c’était pour moi le meilleur moment de m’atteler à cette ascension.

N’est-ce pas difficile de laisser tomber son travail et son confort pour partir à l’aventure ?

C’est marrant, quand j’étais petit, je voyais ces articles sur “Paris Match” à propos de gens qui ont tout laissé tomber pour aller réaliser leurs rêves en Australie, ou ailleurs. Je me disais alors que c’était impossible pour nous, les Marocains, de faire la même chose, au risque d’être traité de fou. Paradoxalement, depuis que j’ai annoncé mon intention de gravir l’Everest, je reçois plein d’e-mails de gens qui me soutiennent. Ça me fait plaisir que mon défi inspire autant ! J’ai l’impression que beaucoup rêvent en secret de tout lâcher, de sortir de cette zone de confort pour enfin faire ce qu’ils aiment, mais ils n’osent pas. Je pense qu’ils auront peut-être plus d’audace pour tenter de réaliser leurs projets les plus fous en me voyant me lancer dans cette aventure. Ça les fait rêver par procuration, et j’espère que ça les poussera à réaliser leurs rêves.

Comment se déroulera votre périple ?

Je pars pour le Népal le 30 mars. Mon périple durera deux mois. Ça démarre par un trek de 15 jours de Katmandou jusqu’au camp de base de l’Everest. Là, on sera déjà à 5.300 mètres d’altitude. Le premier mois, on fera des allers-retours entre les camps pour monter graduellement la nourriture et le matériel. Un exercice qui favorisera également l’acclimatation de notre organisme. Après un mois et demi à ce rythme, on reviendra une petite semaine au camp de base, histoire de reprendre des forces. Enfin, les dix derniers jours, on tentera l’ascension.

Une ascension qu’on dit assez dangereuse…

C’est le cas. Mais quand je me suis fixé cet objectif, je m’y suis préparé à fond en m’entraînant physiquement. J’ai fait des stages en Ecosse avec des alpinistes habitués à aller sur l’Everest et qui sont aptes à juger si je peux ou non me lancer dans cette ascension. Du moment que je rejoins leur expédition, c’est qu’ils m’ont forcément jugé capable de le faire. Evidemment c’est dangereux, sinon il n’y aurait pas tout ce mythe autour de l’Everest. Mais j’essaie de minimiser les risques en me préparant le mieux possible.

Comment se sont passés les préparatifs ?

S’attaquer à l’ascension de l’Everest, c’est 90% de préparation mentale, et 10 % de préparation physique. A partir du 30 mars, je vais passer deux mois dans des conditions extrêmes. Il fait entre moins 20 et moins 40 degrés, il y a du vent, on vit à deux dans une tente de 2 m2, on prend sa douche une fois tous les dix jours en se versant un seau d’eau sur la tête… Au fil du temps, le mental en prend un coup et parfois, il y en a qui craquent. En plus de ces conditions extrêmes, c’est aussi très fatiguant, physiquement parlant. Quand on est à 5.000 mètres d’altitude, le moindre effort, comme marcher sur dix mètres, vous essouffle. C’est la conjonction de tous ces facteurs qui font que l’Everest reste un challenge difficile. Pour m’y préparer, j’ai capitalisé sur mon actif de marathonien et de triathlète. A la base, je m’entraîne 10 à 15 heures par semaine tout au long de l’année. Je nage, je cours et je fais du vélo à un rythme régulier. Ces deux derniers mois, j’ai quitté mon travail et j’ai essayé de me concentrer sur le mental. Je m’entraîne régulièrement à l’Oukaimden. Je suis également parti en stage en Ecosse et dans les Alpes françaises. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’ascension de l’Everest n’est pas une course, mais un long périple qui demande de l’endurance.

C’est un peu mystique aussi… Parfaitement !

Quand je me retrouve en pleine montagne, avec tout ce blanc qui m’entoure, je me sens toujours transcendé. Je suis quelqu’un de très croyant et c’est quand je suis dans la nature que je me sens le plus en communion avec Dieu et en paix avec moi-même. Il y a un sentiment de plénitude qui me rend quasi euphorique par moments. Je pense que cette ascension de l’Everest est une expérience sur soi-même. Je crois qu’on en revient forcément différent. Je suis tout à fait conscient qu’il y aura un avant et un après. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de le faire maintenant. J’ai 33 ans et je suis en train de passer un cap dans ma vie. Je trouve que c’est le bon moment. Je n’ai rien préparé pour la suite. Après ces deux mois, je suis sûr que j’en saurai davantage sur ce que j’ai envie de faire de ma vie.

Que souhaitez-vous prouver en vous lançant à l’assaut du toit du monde ?

Mis à part le défi purement sportif et ma volonté de porter haut les couleurs du Maroc, il me tient surtout à coeur d’essayer d’inspirer les gens à poursuivre leurs rêves et à se dépasser. Pour ma part, j’ai toujours voulu faire le tour du monde. J’ai eu la chance de travailler dans plusieurs pays et j’ai pas mal voyagé aussi. Mais mon rêve a toujours été de ne pas m’embourber dans une certaine routine. C’est ce que je fais et c’est ce que je continuerai de faire tant que j’en aurai les moyens et la force physique.

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