Les féministes disent « non » à Hakkaoui !

Les féministes épinglent le projet de loi de Bassima Hakkaoui pour lutter contre les violences faites aux femmes. Mobilisation, sit-in de protestation, conférences de presse et mémorandum critique... la bataille est plus que jamais engagée pour que la société civile ait aussi son mot à dire.

Les féministes ont longtemps revendiqué une loi pour lut-ter contre les violences faites aux femmes. Bassima Hakkaoui l’a finalement sorti des tiroirs du gou-vernement où elle prenait la pous-sière. L’intention est probablement bonne, mais le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. La future législation est en effet loin de faire l’unanimité. Certaines de ces dispositions ont certes créé le buzz, en particulier celle qui condamne le harcè-lement sexuel d’une peine d’emprison-nement d’un mois à deux ans d’empri-sonnement et d’une amende de 1.000 à 3.000 DH. Une peine doublée en cas de harcèlement dans le cadre profes-sionnel. Le projet de loi a par ailleurs le mérite de durcir les sanctions contre les auteurs de violence sous leurs diffé-rentes formes, aussi bien physique, psy-chologique, qu’économique. Concer-nant, par exemple, le vol entre époux, objet de l’article 534 du Code pénal, il sera désormais considéré comme une infraction alors que dans la version actuelle, il n’est pas punissable et ne peut donner lieu qu’à des réparations civiles. Le terme “prostitution” sera quant à lui désormais remplacé par le terme “exploitation sexuelle”. La discrimination sur la base du genre sera punie d’une amende de 1.000 à 3.000 DH, une peine portée au double en cas de récidive. Autre point inté-ressant, la protection contre l’usage intempestif des nouvelles technolo-gies comme moyen de diffamation : utiliser l’image ou la vidéo pour salir la réputation d’une femme sera sanc-tionné par une peine allant d’un mois à deux ans de prison. Révolutionnaire, serions-nous tentés de dire ! Ce n’est pas du tout l’avis du mouvement féministe, no-tamment des réseaux nationaux de centres d’écoute et de la coalition Printemps pour la Dignité, constituée d’une vingtaine d’associations. Lors d’une conférence de presse organi-sée le 25 novembre dernier par ladite coalition, les instances féminines ont présenté un mémorandum critique de ce projet de loi qui renferme un ensemble de griefs. “Le texte, crient-elles à l’unisson, doit impérativement comprendre des dispositions portant sur les conditions de prévention des violences, la protection des femmes victimes de vio-lence, des sanctions dissuasives pour les auteurs de ces crimes et la réparation du préjudice subi par les victimes”. Par ailleurs, et au-delà du texte, les instances féminines pointent du doigt le fait qu’elles aient été marginalisées du dialogue autour du contenu de ce projet, alors qu’elles constituent de-puis des années un acteur détermi-nant dans le domaine de la lutte contre la violence basée sur le genre. Le gouvernement se rattrappera-t-il ? C’est en tout cas le vœu du mou-vement féministe. Et il est d’ailleurs toujours réalisable puisque le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a préféré pour l’heure mettre le projet de loi en question sous le coude en l’en-voyant devant une commission inter-ministérielle qu’il présidera lui-même.Entre-temps, les associations ne lâ-chent pas prise. Un premier sit-in de protestation a eu lieu le dimanche 24 novembre devant le Parlement et à l’appel de la Fédération de la Ligue dé-mocratique des droits des femmes. 24 heures avant la Journée internationale contre la violence faite aux femmes, des dizaines de Marocaines ont choisi de se mobiliser pour ces citoyennes qui se donnent la mort pour échapper aux coups, physiques et moraux, de leur conjoint et de dire “Baraka”.Le len-demain, toujours au même endroit, ce sont l’OMDH, l’AMDH, l’ADFM et Am-nesty International qui ont crié d’une même et seule voix contre les violences faites aux femmes. Une campagne, in-titulée les “16 Jours d’action contre la violence liée au genre” a par ailleurs été lancée par Amnesty le jour-même, pour s’achever le 10 décembre, Jour-née mondiale des droits de l’homme. Et les actions de la société civile conti-nuent, éclipsant par la même occa-sion la campagne de sensibilisation officielle, lancée par le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social

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