le baiser qui fait le buzz

Se faire un smack

en pleine rue à Nador n’est pas un geste sans conséquence. Personne n’en retien-drait l’expression de deux amoureux insouciants. Non, s’embrasser à Nador, c’est embrasser une forme de mo-dernité qui n’a pas de place chez nous. Et c’est du même coup embraser les foules.

Rappelons les faits :

en octobre dernier, une fille et un garçon de 14 et 15 ans se sont donné un baiser devant leur lycée. Leur ami présent a immor-talisé l’instant et posté la photo sur Facebook. Mau-vaise idée ! Rien ne serait arrivé si les deux tourtereaux s’étaient cachés, comme tout le monde dans ce pays, pour accomplir ce qui a été jugé comme une “atteinte grave à l’éducation et à la culture marocaines” et une “atteinte aux sentiments des citoyens”, dixit le prési-dent d’une “Organisation unie des droits de l’homme et des libertés publiques” locale qui les a dénoncés. Car figurez-vous que dans le plus beau pays du monde, il existe une association des droits de l’homme qui dé-fend le système en attaquant l’individu !

Atteinte aux mœurs,

à l’éducation, à la culture marocaine, aux sentiments des citoyens… autant d’ex-pressions qui incitent le Marocain lambda à juger et condamner son semblable de manière complètement aléatoire. Et ce qui est le plus curieux dans cette affaire, c’est la réactivité quasi-instantanée de la machine judi-ciaire. En effet, les trois jeunes ont aussitôt été arrêtés et ont passé trois jours dans un centre de redressement pour mineurs ! Ils encourent jusqu’à deux ans de réclusion.

A côté de cela,

deux ans après le suicide d’Amina Filali qui avait été contrainte d’épouser son violeur pour que celui-ci ne soit pas condamné à la prison, la loi n’a connu aucun changement malgré les amendements pro-posés et les autres cas de victimes qui se sont suicidées.

Il faudrait arrêter

d’infantiliser cette société et de vouloir à tout prix protéger le Marocain, sa culture et ses valeurs ; laisser les parents punir – ou non – leur ado pour un baiser donné ; et s’occuper enfin des vrais dos-siers. La prison est faite pour des hommes comme Da-niel Galvan, pour l’agresseur de la petite Wiam et ceux de toutes ces femmes qui défilaient en décembre 2012 pour témoigner des viols et des violences qu’elles avaient su-bies ; elle n’est pas faite pour nos enfants qui s’aiment.

Heureusement,

une jeunesse éprise de liberté donne un coup de pied au conformisme et s’insurge sur la Toile contre l’hypocrisie ambiante, encourageant le dia-logue et défendant les libertés individuelles. Ils ont 16, 22, 28 ans, ils échangent leurs avis sur les forums virtuels ou descendent dans la rue pour un “kiss-in” d’indigna-tion. Quelle belle et courageuse manière de faire front au conservatisme ! La vérité est que des gens s’aiment aux quatre coins du pays, à tout âge de la vie ; et que rien ne pourra jamais changer cela. L’amour ne devrait pas rentrer par effrac-tion dans nos vies mais être accueilli, sacralisé. Pourquoi devoir se tenir la main ou s’embrasser clandestinement, dans des espaces clos comme si l’on commettait un crime ? Dans cette af-faire, l’érotisme et le vice étaient dans le regard des autres, pas dans le baiser échangé. 

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