Io : chausseurs de père en fils

Pionnière dans la fabrication de souliers sur mesure au Maroc, Io se positionne aujourd'hui comme étant une marque de luxe bien de chez nous. Si la griffe fait encore ses débuts sur le marché, la maison mère a bien roulé sa bosse dans l'industrie de la chaussure et du cuir. Derrière ce savoir-faire inédit, se cache une entreprise familiale vieille de plusieurs générations...

“A l’image de sa clientèle, Io est une marque unique, moderne, sûre d’elle et passionnée. Le choix de ce naming, qui signifie “moi” en italien et en latin, traduit notre vision de la chaussure, celle d’un accessoire qui permet de révéler le meilleur de soi-même”. C’est en ces mots que Hicham Bennis, l’un des héritiers de la griffe, la qualifie. Nouveau-née des marques de luxe marocaines, Io confectionne ses articles en utilisant les derniers procé-dés de fabrication, conformément aux plus hauts standards interna-tionaux. Mais ce n’est pas tout. La marque réalise et fabrique des modèles sur mesure à la demande du client, per-sonnalisation et choix des matières en prime, le tout, à l’aide de scan-ners dernière génération qui permettent une imagerie du pied en trois dimen-sions et garantis-sent la précision du moule qui sera ensuite fabriqué.

Une première au Maroc, initiée par une famille de chausseurs de père en fils. En effet, la famille Bennis dispose de plus de 30 années d’expérience dans les métiers de la chaussure.“Tout a commencé quand mon grand-père paternel a intégré le monde des chaussures en tant que maître artisan bottier, spé-cialiste du cherbil, raconte Hi-cham Bennis.Du coup, mon père, Mohamed Bennis, a baigné dès son plus jeuneâge dans l’univers du cuir et de la maroqui-nerie. Plus jeune, il ne pensait pas en faire un métier, car il le trouvait très, voire trop méticuleux et manuel. Il a donc commencé à exercer diverses professions. Après plusieurs années d’exercice, mon père a décidé de se lancer dans une aventure inédite au Ma-roc, en montant sa première entreprise de fabrication d’emporte-pièce, d’outils de dé-coupe destinés aux industries du cuir et des chaussures dans divers secteurs d’activité. A travers ce projet, mon père a, en permanence, côtoyé les métiers liés au domaine, car il fallait quotidiennement répondre aux besoins des industriels du domaine. Au bout de quelques années, il a fini par fonder une firme de fa-brication de chaussures.”C’est au sein de cette dernière, domiciliée au quartier in-dustriel d’Aïn Sebaâ à Casablanca, qu’on fabrique quelques chaussures de grands créateurs comme Kenzo, Sonia Rykiel, Charles Jourdan ou encore Robert Cler-gerie. La mission consiste à récupérer les prototypes fournis par les designers des marques et à les confectionner dans son atelier. “Au sein de cette entreprise, nous avons appris à améliore r et à consolide r notre maîtrise du secteur de la chaussure. Nous fabriquons de manière beaucoup plus soignée, au détriment du volume. La qualité prime sur la quantité. C’est à travers ce po-sitionnement qu’on a commencé à toucher les professionnels du luxe avec lesquels on a développé des partenariats. Aujourd’hui, au-delà de la marque Io, nous continuons à travailler avec ces griffes à la renommée in-ternationale”, nous confie Hicham Bennis. Au-delà de l’atelier de confection, la fa-mille dispose également d’une entreprise de fournitures nécessaires à la fabrication de chaussures. Une sorte de magasin où le client peut se servir et acheter tout ce dont il a besoin : des emporte-pièce, de la colle spéciale, du fil, des machines…

Au fil des années, les membres de la famille, liés comme les doigts de la main, ont su développer un véritable héritage qui se transmet de génération en génération. “Ma fille de 8 ans adore dessiner des modèles. Elle n’arrête pas de me montrer des croquis de chaussures. Alors, j’aime la rassurer en lui disant qu’elle sera notre future designer”, se réjouit Ahlam Bennis, héritière d’Io. Il sem-blerait que la relève soit assurée 

3 QUESTIONS À HICHAM BENNIS

A l’instar des autres marques de luxe avec lesquelles vous travaillez, ambitionnez-vous de conquérir le marché international avec la marque Io ?

Dans un premier temps, on a décidé de se focaliser sur le marché marocain. La finalité est d’introduire la marque, plus tard, sur le marché mondial, comme c’est le cas justement des entreprises pour lesquelles on travaille. Cela paraît donc naturellement beaucoup plus simple de commencer dans notre pays, histoire d’apprendre à mieux connaître ce métier.

Vous faites tout en famille. Cela vous rassure de rester unis ?

En général, ce n’est pas vraiment évident de travailler dans une entreprise familiale. Mais chez nous, c’est différent, car on a su trouver un équilibre puisé dans notre passion commune. Chacun parvient à apporter sa touche personnelle, soit par rapport à une orientation bien déterminée, soit par rapport à un créneau ou à un secteur précis. On travaille donc en parfaite harmonie. Tout se décide en famille, même pour ce qui est de la boutique. On se concerte et on se met d’accord sur tout ce qui concerne le choix des matériaux à utiliser, l’aménagement des espaces…

Qui fait quoi dans la famille Io ?

Notre père, le PDG du groupe, s’occupe de tout l’aspect tech-nique. Ensuite, moi, qui ai intégré l’entreprise en 1997, je m’occupe de la partie administrative et organisationnelle de la fabrication. Je gère aussi le volet informatique, notamment le développement des nouvelles technologies, en ma qualité d’ingénieur informatique. Ma sœur, Ahlam, qui a rejoint le groupe en 2002, travaille principalement autour de tout ce qui concerne les approvisionnements et le suivi de la certification ISO des deux entreprises de fabrication. Et Nadia, qui nous a rejoints il y a une année, travaille sur l’aspect artistique et le développement des produits présentés chez nous. On a un cabinet de designers en Italie, qui est responsable du modé-lisme, et qui nous donne les premières ébauches sur lesquelles on intervient en fonction de ce dont on a besoin.

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