Fadila El Gadi : un mentor nommé Saint Laurent

A l'image de ses créations, Fadila El Gadi est une femme d'une élégance et d'une finesse à couper le souffle. Ses modèles défilent sur les catwalksles plus en vogue. Mais avant de devenir une prêtresse du prêt-à-porter haut de gamme, la styliste a eu un long parcours truffé de voyages, de rencontres, parfois de drames, qui l'ont menée au succès.

Sa vie ressemble à un conte de fées. Celle dont les modèles s’exportent dans le monde entier n’est pas arrivée là par ha-sard. Fadila El Gadi se passionne très tôt pour la mode. Son histoire commence au début des années 80, dans la vieille mé-dina de Salé. Très jeune, elle fait ses pre-miers pas dans le milieu de la couture en s’initiant, pendant les vacances sco-laires, aux rudiments de la brode-rie dans des ateliers d’artisans slaouisoù elle apprend le mé-tier. L’expérience lui permet de développer sa passion et l’incite à s’inscrire à “Miss Mode”, une petite école de stylisme au centre-ville de Rabat. Au début des années 90, elle décroche son diplôme et ouvre son premier espace dédié.“J’ai monté un petit atelier où je préparais de petites collections que je vendais en Italie, à quelques per-sonnalités”, raconte Fa-dila El Gadi. Mais très vite, les choses virent au drame quand, en 1992, un terrible ac-cident de la circula-tion entraîne le décès de son père et de son frère aîné. Contrainte de subvenir aux be-soins de sa famille, elle met sa carrière dans la création en stand-by et se tourne vers le prêt-à-por-ter. Sept ans plus tard, elle fait une rencontre qui changera le cours de sa vie. Durant une soirée chez des amis à Tanger, elle croise Yves Saint Laurent. “J’ai rencontré Yves Saint Lau-rent dans une soirée, un peu par hasard. Je l’ai croisé qua-siment à mon démarrage dans la mode. C’est un des grands de la création, si ce n’est le plus grand. J’ai compris, en me rendant à son bureau avenue Marceau, que je devais m’accrocher et persévérer. Il ne m’a pas donné de conseils techniques, mais il m’a apporté bien plus : son soutien et l’envie d’aller plus loin, de par sa gentillesse et sa sensibilité”, nous confie Fadila. Convaincu du talent de la jeune styliste, Saint Laurent fait d’elle la créatrice patentée de sa boutique au Jar-din Majorelle de Marrakech. L’alliance des traditions ancestrales et du chic parisien font que le style de Fadila El Gadi attire rapidement une clientèle cosmopolite. “A ce moment, j’ai su qu’un jour je ferai ma place dans la mode parisienne. C’est pourquoi j’ai voulu rendre hommage à Yves Saint Lau-rent en donnant un aspect parisien mais très classique à ma nouvelle boutique de Rabat, en plein centre-ville”. En 2003, Fadila El Gadi fait une autre rencontre. “En Italie, j’ai croisé Paul Thorel, un photographe d’art qui m’a beaucoup apporté, notamment en organisant une exposition à Naples et en me présentant à des artistes et des gens de la mode”, se re-mémore-t-elle. Aujourd’hui, elle a ouvert des points de vente à Rabat, Marrakech et Tanger, en plus de son showroom parisien. Son travail et son originalité font de son nom la griffe marocaine la plus exportée dans le monde. D’ailleurs, ses modèles défilent dans les plus grandes capitales de la mode : Paris, Rome, Madrid ou encore Amsterdam, où elle a présenté sa collection lors de la Fashion Week en 2009. Ses créa-tions ont même séduit quelques stars de la chanson ou du cinéma, comme Beyoncé, Barbara Streisand, Marc Lavoine, Arielle Dombasle, et Daniel Auteuil. â—†

3 QUESTIONS À FADILA EL GADI

Quelles sont les obstacles que vous avez rencontrés avant le démarrage de votre carrière ?

Le démarrage a été difficile, sans trop de moyens, dans une situa-tion familiale dure où j’ai perdu mon père et mon frère aîné dans un accident de voiture, et où je devais m’occuper de ma mère et de mes frères et sœurs. De plus, je devais élever seule ma fille Narjisse. J’ai fait un peu de prêt-à-porter sélectif, pour financer le démarrage de la mode, dans ma boutique qui était alors place Piétri, à Rabat.

Vous étiez la créatrice patentée de la boutique YSL au Jardin Majorelle. Vous deviez donc être proche de Pierre Bergé. Etes-vous toujours en contact ?

 Je connais Pierre Bergé, mais je ne peux pas affirmer faire par-tie de ses proches. En revanche, Bernard Sanz, jusqu’à peu le directeur artistique de la boutique et professionnel de la mode, est devenu un ami.

Quelles sont les personnes qui vous ont marquée durant ces dizaines d’années de carrière ?

Dans la mode, à part Saint Laurent, j’ai rencontré Alaya et Giambattista Valli, entre autres. Mais ce sont surtout les artistes avec qui je travaille qui m’inspirent, comme Mo-hammed El Baz, Fouad Bellamine, Lamia Naji et Chourouq Hriech, avec qui je partage des inspirations et de l’amitié. Sur le plan intellectuel, j’ai notamment été marquée par Edgar Morin ou Nour-Eddine Lakhmari, et je n’oublie pas mon mari, qui m’écoute et supporte mes états d’âme quand je rentre del’atelier.

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