Entretien d’embauche : comment ne pas se nuire…

Il existe des attitudes néfastes que les candidats à l'embauche adoptent plus ou moins consciemment. Comment les débusquer ? Est-il possible de s'en débarrasser ?

La convocation à un entretien d’embauche prouve que le candidat a réussi à séduire une première fois, en présentant un CV et une lettre de motivation qui sortent du lot. Il reste à confirmer cette première impression lors de l’entretien, en mettant en valeur son “savoir être”.

L’entretien d’embauche a beaucoup à voir avec un jeu de séduction. Chacun des deux protagonistes (candidat au poste/recruteur) cherche à se mettre en valeur, cherche à plaire à l’autre sans même avoir décidé si l’autre lui plaît et s’il a envie de s’engager avec lui.

Le candidat au poste est souvent le plus fragile des deux partenaires. Pour mener à bien l’opération séduction et mettre en veilleuse sa fragilité, il s’accroche à des masques. Et c’est le piège qui se ferme chaque fois qu’on doute et lorsqu’on n’est pas sûr de sa valeur. On a alors l’impression que, aux yeux du recruteur, on sera plus intéressant, on se vendra mieux si on se met dans la peau de quelqu’un d’autre plutôt qu’en étant soi-même.

Chercher du boulot est une opération hautement stressante. La société accorde beaucoup d’importance au travail pour mesurer la valeur des individus. Quand on fait une nouvelle connaissance, la première question qui fuse, c’est que faites-vous dans la vie ? Et personne ne s’attend à ce que vous répondiez : je prends des cours de tango, alors même que le tango serait la chose la plus épanouissante que vous pratiqueriez en ce moment. On attend de vous que vous vous définissiez par votre boulot. Et la réaction de votre interlocuteur ne sera pas la même si vous répondez vendeuse chez une enseigne X de la place ou chef de projet. La recherche d’emploi est une véritable quête. Osons le saut : une quête d’identité.

 

Derrière le masque !

On comprend donc que le chercheur d’emploi vacille face au recruteur potentiel lors d’un entretien d’embauche. On comprend qu’il ne se sente pas à la hauteur et cherche à se cramponner à des masques, des attitudes auxquels il a pu s’accrocher dans d’autres circonstances, dans une vie antérieure et qui lui ont permis d’échapper à un malaise, de contourner une difficulté. Bref, le candidat à l’emploi adopte des attitudes qui s’apparentent à des solutions au stress : des mécanismes de survie, en quelque sorte. Ces attitudes ont déjà marché par le passé : on s’en sert encore en situation de détresse. Et l’entretien d’embauche en est une par les temps qui courent !

Ces masques de survie nous desservent lors d’une entrevue d’embauche. Ils nous piègent car ils empêchent tout contact réel entre l’employeur et le candidat. Ceci explique, ne serait ce qu’en partie, le fait que beaucoup d’employeurs se disent insatisfaits des entrevues. Il faut rappeler, que pour un recruteur, la finalité première d’une entrevue d’embauche est d’évaluer les compétences personnelles du candidat bien plus que ses compétences techniques qu’on peut vérifier autrement. Lors de l’entretien d’embauche, le recruteur recherche quelque chose de l’ordre du feeling, une impression. Il veut saisir le caractère du candidat. Il veut l’entendre parler de lui-même. Or, quand un larmoyant ( voir encadré) déprécie ses compétences, le recruteur retient que ce candidat n’est vraiment pas sûr de lui. Et la partie est perdue pour lui !

 

Que faire quand on n’est pas sûr (e) de soi ?

Quand notre belle assurance nous fausse compagnie, ce qui arrive à quasi tout le monde au cours des premiers instants de l’entretien, la meilleure tactique consiste à prendre conscience de l’attitude derrière laquelle on se réfugie en cas de stress intense. Dès qu’on l’a identifiée, qu’on la reconnaît, elle nous influence moins. On la “voit”, et du coup, on peut intervenir, la minimiser, la modifier. Et là, les spécialistes nous expliquent la chose suivante : nos attitudes découlent de nos perceptions de la réalité. Quand on se perçoit comme un déshérité de la vie, on est enclin à penser que la société n’est pas juste : elle donne du travail aux autres et pas à nous. Elle nous discrimine. Le déshérité perçoit les patrons comme des durs qui essaient de le coincer ou de le rabaisser. Lors de l’entretien, il est obnubilé par la rage, la rage d’arracher à ses tortionnaires un poste qui lui revient de droit. Mais lorsque le déshérité prend conscience de ce qui se passe en lui, ce qui enflamme son imaginaire, il peut recadrer sa perception pour mieux la faire coincider avec la réalité. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut travailler sur la perception de la réalité. On peut la changer. Pour ce faire, il faut bâtir une stratégie.

 

Vous avez dit stratégie ?

Etre stratégique lors d’un entretien d’embauche, c’est se présenter sous son meilleur jour. Pour certains, cela équivaut à s’éloigner de l’authenticité et à cheminer sur le sentier du mensonge. DRH et conseillers en recherche d’emploi nous expliquent que l’authenticité peut devenir une stratégie. Changer notre perception de la réalité ne veut pas dire mentir. On décrit toujours la même réalité mais sous un autre angle. Nuance ! Quand on se perçoit positivement, on ne ment pas sur ses compétences, on les met en valeur. Et personne ne nous oblige à crier sur le toit nos insuffisances ! En somme, au lieu de voir le verre à moitié vide, on le voit à moitié plein. Par exemple, une personne qui a souvent changé d’emploi peut se voir comme instable, et culpabiliser. Mais elle peut aussi se voir comme quelqu’un de très polyvalent, ouvert à toutes sortes d’expériences et doté d’une bonne capacité d’adaptation. La façon dont la personne se perçoit influence son attitude et ses comportements en entrevue. Si elle se perçoit de façon positive, elle réussit à se présenter sous son meilleur jour et le recruteur y sera forcément sensible : il “achète” selon le jargon consacré. Autrement dit, être stratégique, c’est avoir la force de choisir sa perception de la réalité.

L’entretien d’embauche est d’abord une affaire d’attitudes. Si les attitudes sont conditionnées par le vécu, le tempérament, la personnalité, elles ne sont pas coulées dans le marbre ! On peut les peaufiner, les mettre entre parenthèses, les minimiser, les modifier ou les consolider. Bref, il y a moyen de les estimer, d’en déterminer objectivement la valeur et d’en faire bon usage !

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