Ary Abittan, gentleman le farceur

Le dandy du stand-up a fait son come-back au Studio des Arts Vivants, les 3 et 4 octobre derniers, pour notre plus grand plaisir. Avec son spectacle "A la folie", il tord le cou aux idées reçues selon lesquelles les beaux gosses se prennent toujours au sérieux. Rencontre.

Racontez-nous comment un jeune chauffeur de taxi devient comédien humoriste… Chouettes souvenirs, ou période de galère ?

 Ary Abittan : Pas du tout ! Ce n’est abso-lument pas une période de galère. C’était une phase de préparatifs et je crois que ça fait partie des meilleurs moments. J’étais effectivement l’un des plus jeunes chauf-feurs de taxi à Paris, puisque j’étais âgé de 19 ans seulement. A l’époque, j’enregis-trais mes sketches sur des cassettes audio que je faisais écouter à mes clients en leur faisant croire que c’était la radio “Rire et chansons”. Donc, en fait, ça a été pour moi un cycle formidable de test, auprès de per-sonnes très différentes les unes des autres ; ce qui, évidemment, a alimenté mon spec-tacle. A la base, j’ai exercé cette profession, qui est aussi le métier de mon père, dans le but de me payer des cours de comédie… que je n’ai jamais pris ! J’ai tout de suite commencé à jouer au théâtre, et très vite, après avoir tout de même écumé une bonne partie des bars et cabarets de la capitale, j’ai été appelé par la télévision et le cinéma.

Le titre de votre one-man-show, “A la folie”, s’est revêtu d’un “Passionnément”. S’agit-il d’une nouvelle version, avec des nouveautés ?

Pas tout à fait. A l’origine, le spectacle s’appelle en effet “A la folie”. Le “Passion-nément” a été rajouté au stylo sur l’affiche, et c’est mon écriture. Pour moi, c’était iné-vitable. C’est une si belle aventure ! On a commencé les représentations en sep-tembre 2009, pour deux mois, dans une salle de 80 places. Aujourd’hui, je remplis des espaces pouvant accueillir 1.500 per-sonnes. Donc, évidemment, je crois que ça méritait un petit “Passionnément”, juste pour moi et pour le public.

Votre spectacle est coécrit et mis en scène par Judith Elmaleh. Racontez-nous votre rencontre, les prémices de votre collaboration…

.Comme vous l’avez certainement de-viné, Judith Elmaleh est la sœur de Dany Boon (rires). En fait, j’ai rencontré Gad il y a quelques années, en 1994, alors que je jouais dans un restaurant à Paris. Il a réa-lisé le brillant parcours que l’on connaît tous, et m’a rappelé en 2007, pour me pro-poser le rôle de Max dans “Coco”, avec sa fameuse “kippacabana”. Je me rappelle, j’étais dans un avion et on devait décoller. L’hôtesse m’a demandé de raccrocher et je lui ai dit : “Alors là, même pas en rêve !”Et ça a démarré comme ça. On s’est liés d’amitié, et il m’a encouragé à remonter sur scène. D’ailleurs, j’ai rencontré Judith sur le pla-teau de tournage. Elle m’a un peu “cadré” pour mon spectacle et m’a toujours prodi-gué de très bons conseils.

Comme vous nous l’avez dit, vous jouez ce one-man-show depuis 2009. L’écriture du prochain est-elle en cours ?

 Il serait temps quand même, non ?Je n’arrête pas ! Je teste beaucoup de choses. J’écris un sketch, puis un autre, je rajoute des personnages, j’en élimine… Mais oui, effectivement, il serait temps. Vous savez, il faut une vie pour finaliser un spectacle. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir plusieurs cordes à mon arc et de jongler entre le ci-néma, la télévision et la scène.

Vous avez une préférence pour une discipline en particulier ?

Absolument pas ! J’éprouve beaucoup de plaisir à jouer sur scène ou au cinéma, même si la sensation n’est pas la même. Les gens fréquentent les salles obscures la journée, et vont au théâtre le soir… Toutes ces disciplines sont complémentaires.

Devenir comédien, c’était un rêve de gosse ?

Pour moi, monter sur scène, c’était plutôt une question de survie, un besoin irrépres-sible, viscéral. Par exemple, lorsque j’étais entouré d’amis et qu’on ne rigolait pas, je culpabilisais, j’avais l’impression que c’était de ma faute. C’est vous dire à quel point j’ai ça en moi !.

Votre spectacle a été encensé par la critique. Vous êtes du genre à lire ce qui se dit sur vous ? Ça vous touche ou vous affecte ?

Je mentirais si je vous disais que je m’en fiche. Lire un papier flatteur fait plaisir et me reste en tête un ou deux jours. En re-vanche, une critique négative met plus de temps à être “digérée”…

Voilà deux ans que vous participez au Marrakech du Rire. Comment avez-vous intégré la “troupe” ?

Aurons-nous la chance de vous y retrouver en 2014 ?En fait, Jamel Debbouze est venu voir mon spectacle et m’a tout simplement proposé de participer au festival. Je n’ai pas hésité une seconde ! D’autant plus que la formule est parfaite : on propose un sketch de son répertoire et en bonus, on fait un petit hap-pening avec Jamel. On s’amuse beaucoup. C’est un peu comme les Enfoirés mais pour le rire. Les “ouled l’hram” de l’humour au Maroc (rires) ! Pour 2014, je ne sais pas en-core… Mais si Jamel m’invite et que mon em-ploi du temps me le permet, j’irai avec joie.

Quand on joue dans des blockbusters tels que “Coco”, “Tout ce qui brille”, “Dépression et des potes”… ça ouvre des portes ? Quels sont vos projets ?

“Coco”, le premier long-métrage dans lequel j’ai joué, a fait trois millions d’entrées… évi-demment que ça change la donne ! On me parle tous les jours de la “kippacabana”. De grandes portes se sont ouvertes et j’en suis ravi. Tout ce qu’il y a eu derrière au cinéma, c’est grâce à ce rôle, qui m’a offert une visibilité incroyable. Ce film a changé ma vie ! Car en parallèle, je continuais de jouer sur scène tous les soirs et du coup, des réalisateurs et des producteurs m’ont vu à l’œuvre et se sont intéressés à moi. Pour ce qui est des projets, je serai à l’affiche de “Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?”, dont la sortie est prévue en 2014. â—†

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