Anouzla : le combat continue

L'affaire du journaliste Ali Anouzla fait couler beaucoup d'encre depuis sa condamnation pour apologie du terrorisme. Retour sur une actualité qui relance le débat sur la liberté de la presse.

Alors que le combat pour la dépénalisation des délits de presse est en cours, Ali Anouzla croupit en prison depuis le 17 septembre dernier. Il risque jusqu’à 30 ans de réclusion. Non, ce n’est pas un tueur en série, ni un vio-leur d’enfants, et encore moins un baron de la drogue. Le directeur du site d’information “Lakome” a publié un lien vers une vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique qui appelait au ji-had au Maroc. Il a relayé la nouvelle, preuve à l’appui, comme l’aurait fait tout journaliste consciencieux. Sauf que les autorités ne sont pas de cet avis. Elles ont donc décidé de le pour-suivre pour apologie du terrorisme, incitation et assistance matérielle à la commission d’actes terroristes. In-dignés, des militants de l’Association Marocaine des Droits Humains, du Parti Socialiste Unifié, d’Al Adl Wal Ihsane, d’Annahj Addimocrati, ainsi que de nombreux journalistes ont participé à des manifestations, qui se sont tenues à Rabat et à Casablanca. Ils estiment qu’il s’agit d’une aber-ration vis-à-vis d’Ali Anouzla, voire d’une occasion en or de lui régler ses comptes. “Le journaliste a en ef-fet, depuis la création du site “Lakome” en 2010, multiplié les éditoriaux cri-tiques. Récemment, il s’était permis de commenter très librement l’absence prolongée de Mohammed VI en juin dernier, et s’en était pris ouvertement à l’influence du régime saoudien, ami du Maroc. Son site a aussi joué le rôle de lanceur d’alerte cet été, en dévoilant l’affaire appelée à devenir le “Daniel Gate”. Et pour rappel, en 2009 déjà, Ali Anouzla avait été appelé à la barre pour ré-pondre d’articles alors qu’il était rédacteur en chef du quotidien Al Jarida Al Oula”, précise l’hebdomadaire TelQuel.

#Freeanouzla

 Les réseaux sociaux bouillonnent de réactions qui ne cessent de foisonner de toutes parts. Le hashtag #Freea-nouzla sert de leitmotiv aux inter-nautes qui défendent le journaliste et demandent sa libération. Plusieurs groupes de soutien ont été créés,notamment sur Facebook et Twit-ter, mais également sur le terrain, à l’image du “Comité national pour la liberté d’Ali Anouzla”, créé le 22 septembre par la journaliste Fatima Ifriqui. Les médias internationaux ont également relayé l’information, à l’instar du “Washington Post” ou le quotidien “Le Monde”. Le site fran-çais d’information “Médiapart” et l’organisation “Reporters sans fron-tières” ont organisé une grande ren-contre, le 29 septembre à Paris, lors de laquelle plusieurs intellectuels ont exprimé leur soutien au journaliste.

Ce n’est pas encore gagné

Initialement prévue le 22 octobre, l’audience du procès a été reportée au 30. En attendant, Ali Anouzla a pu bénéficier d’une liberté provisoire le 25 octobre. Au moment où nous mettons sous presse, il nous est im-possible de fournir davantage d’élé-ments. De plus, le dossier ne cesse de connaître des rebondissements. Le comité de défense d’Ali Anouzla, composé des maîtres Sefiani, Bena-mar, Guellaf et Jamaï, a annoncé son retrait “après qu’un avocat ait rejoint l’affaire en dehors des règles et usages de la profession”, peut-on lire sur le communiqué de presse émit par celui-ci. Ledit avocat n’est autre que maître Hassan Semlali, celui-là même qui a annoncé au parquet et à l’Agence Nationale de Réglemen-tation des Télécommunications le souhait d’Ali Anouzla de suspendre le site “Lakome”. Son co-fondateur, Aboubakr Jamaï, a déclaré être sur-pris par cette décision lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Rabat. Affaire à suivre… â—†

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