Le système d’immatriculation des véhicules s’apprête à connaître plusieurs changements au Maroc. Publié au Bulletin officiel n°7531 du 3 août 2026, l’arrêté n°640.26 du ministre du Transport et de la Logistique modifie et complète l’arrêté n°2711.10 de 2010 relatif à l’immatriculation des véhicules à moteur et des remorques.
Au programme : un nouveau modèle de plaque intégrant des caractères latins et la mention « MA », l’unification du format utilisé au Maroc et à l’étranger, mais aussi l’intégration de certaines catégories de deux et trois-roues dans un nouveau système d’immatriculation. Des dispositions transitoires ont toutefois été prévues. Autrement dit, tous les automobilistes ne devront pas changer leur plaque au 1er janvier 2027.
Un format unifié
C’est sans doute le changement qui sera le plus immédiatement visible sur les routes. Le nouveau modèle de plaque de la série ordinaire conserve les principaux éléments du système marocain, mais modifie leur présentation.
Le numéro d’immatriculation reste composé de plusieurs éléments permettant notamment d’identifier le véhicule, sa série d’immatriculation ainsi que la préfecture ou la province concernée. Désormais, la lettre arabe correspondant à la série sera accompagnée de son équivalent en caractère latin.
Le modèle annexé à l’arrêté fait ainsi apparaître la lettre arabe et, juste en dessous, son équivalent latin. À gauche de la plaque figure également le signe distinctif « MA », identifiant le Maroc. Le fond reste blanc et réfléchissant, avec des chiffres et caractères noirs.
La NARSA explique que cette évolution vise à unifier le format des plaques utilisées à l’intérieur et à l’extérieur du territoire national et à résoudre les difficultés pratiques rencontrées lors de la circulation internationale.
Fin du casse-tête
Jusqu’ici, les automobilistes marocains se rendant à l’étranger devaient tenir compte d’exigences particulières liées à l’identification internationale du véhicule.
La question avait d’ailleurs suscité de nombreuses interrogations à l’été 2025. Le ministère du Transport et de la Logistique avait alors précisé que les plaques conformes aux exigences de circulation internationale pouvaient également être utilisées sur le territoire marocain, évitant aux conducteurs de devoir jongler entre deux présentations.
La réforme va désormais plus loin. En intégrant directement l’équivalent latin de la lettre arabe ainsi que le signe « MA », le même modèle est appelé à servir aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. C’est précisément l’un des objectifs mis en avant par la NARSA dans ses explications sur le nouveau dispositif.
Qui doit changer ?
C’est probablement le point qui prête le plus à confusion. L’arrivée du nouveau modèle ne signifie pas que des millions d’automobilistes devront remplacer leur plaque simultanément au 1er janvier 2027.
L’arrêté prévoit explicitement que les plaques actuellement en circulation peuvent continuer à être utilisées jusqu’à la première opération de transfert de propriété, pour les véhicules immatriculés dans la série ordinaire.
En pratique, une personne qui possède aujourd’hui une voiture avec une plaque conforme à l’ancien modèle et qui conserve son véhicule n’a donc pas à la remplacer uniquement parce qu’un nouveau format a été adopté.
Le renouvellement du parc de plaques se fera progressivement, notamment lors des changements de propriétaire.
Une exception
Une échéance particulière est néanmoins prévue pour les véhicules marocains qui circulent à l’étranger.
Pour les véhicules à moteur immatriculés au Maroc et utilisés en circulation internationale, l’arrêté autorise le maintien des anciennes plaques seulement jusqu’au 31 décembre 2026.
C’est donc essentiellement pour cette catégorie d’usagers que le passage à 2027 constitue une échéance immédiate en matière de plaques automobiles.
Un conducteur qui utilise uniquement sa voiture au Maroc ne doit donc pas comprendre cette date comme une obligation générale de changer sa plaque avant le 1er janvier.
Les motos aussi
La réforme ne s’arrête pas aux voitures. Elle revoit également les règles applicables aux cyclomoteurs, tricycles légers à moteur et quadricycles légers à moteur.
Pour ces véhicules, un véritable numéro d’ordre structuré est mis en place. Il sera composé de trois parties.
La première correspond au numéro attribué à la préfecture ou à la province du lieu d’immatriculation. La deuxième est une série allant de 1 à 99. La troisième correspond au numéro d’ordre proprement dit, compris entre 1 et 99.999. Lorsque cette dernière série atteint 99.999, le numéro de série suivant est utilisé. Le texte fixe également les caractéristiques et la disposition de ces éléments sur les plaques.
Le nouveau modèle destiné à ces véhicules prévoit une plaque à fond blanc réfléchissant, avec des chiffres noirs et certains caractères en bleu, conformément aux annexes techniques du nouvel arrêté.
Dès janvier 2027
Contrairement au régime transitoire des voitures, la date du 1er janvier 2027 est explicitement inscrite dans l’arrêté pour l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions relatives aux cyclomoteurs, tricycles légers à moteur et quadricycles légers à moteur.
Mais là encore, les propriétaires de véhicules déjà en circulation ne sont pas tous obligés de changer immédiatement leurs documents et leurs plaques.
À compter du 1er janvier 2027, les titres de propriété et les plaques existantes restent valables jusqu’à la première opération de transfert de propriété, la première demande de duplicata du titre de propriété ou son remplacement.
La transition doit donc elle aussi se faire progressivement.
Une autre disposition transitoire concerne les véhicules neufs de ces catégories achetés au Maroc : jusqu’au 31 décembre 2027, le demandeur est dispensé de fournir la copie de la carte W18 portant la mention relative à la vente de véhicules neufs de l’année en cours au nom du concessionnaire ayant vendu le véhicule.
Des démarches revues
L’arrêté n°640.26 ne se limite pas aux plaques. Il modifie également plusieurs procédures relatives à l’immatriculation et aux documents du véhicule.
Il prévoit notamment que certaines demandes liées à la carte grise ou au titre de propriété (demande initiale, renouvellement ou duplicata) puissent être préparées sous forme électronique, conformément à la législation sur l’échange électronique de données juridiques.
Le texte actualise également les documents exigés dans différentes situations : véhicule neuf acheté au Maroc, véhicule neuf ou d’occasion importé, transfert de propriété, renouvellement ou duplicata de la carte grise, entre autres. Il précise par ailleurs les justificatifs de résidence selon la situation du propriétaire.
Pour les Marocains résidant à l’étranger, par exemple, l’annexe prévoit notamment une copie de la CNIE en cours de validité portant une adresse à l’étranger, un document administratif établissant l’adresse de résidence temporaire au Maroc ainsi qu’une copie du titre de séjour à l’étranger en cours de validité.
Une transition progressive
La réforme est donc plus large qu’un simple changement esthétique des plaques. Elle cherche à uniformiser le système d’immatriculation, à faciliter la circulation internationale des véhicules marocains et à encadrer plus précisément certaines catégories de véhicules légers. La NARSA présente d’ailleurs le modèle unifié comme une réponse aux difficultés provoquées par la coexistence de formats différents pour la circulation nationale et internationale.
Pour les automobilistes, trois situations sont surtout à retenir. Une voiture déjà immatriculée et utilisée uniquement au Maroc peut conserver son ancienne plaque jusqu’au premier transfert de propriété. Un véhicule marocain utilisé en circulation internationale devra, lui, se conformer au nouveau dispositif après le 31 décembre 2026. Enfin, les nouvelles dispositions relatives aux cyclomoteurs, tricycles légers et quadricycles légers entreront en vigueur le 1er janvier 2027, tout en maintenant une période de transition pour les véhicules déjà en circulation.
Le changement sera donc bien visible à partir de 2027, mais il ne prendra pas la forme d’un remplacement général et immédiat de toutes les plaques du Royaume. C’est plutôt une transition progressive vers un modèle unique, appelé à s’imposer au fil des nouvelles immatriculations, des changements de propriétaire et des situations prévues par le nouvel arrêté.