Osons parler de l’amour

Est-il politiquement correct de parler de l’amour lorsque le monde vit des périodes difficiles et incertaines ? Aussi paradoxale que celui puisse paraître, la réponse est oui.

L’amour est au cœur de nos vies. À travers les différents cycles de celle-ci, il nous fait vibrer et nous donne envie de nous dépasser, de repousser nos limites. L’amour s’invite, en effet, dans nos vies dès l’enfance, et nous fait passer au fil des ans, des expériences et des rencontres par un arc-en-ciel de couleurs et de sensations. Euphorie, tristesse, fusion, abandon, réconciliation, retrouvailles…, autant de sentiments qui révèlent notre fragilité, nos forces, nos besoins et nos attentes, car sans amour, notre vie serait vide.

Dès la naissance, l’être humain naît avec ce besoin affectif si essentiel : l’attachement. Le psychanalyste anglais John Bowlby a développé une théorie de l’attachement qui fait toujours référence : celui-ci proviendrait d’une pulsion primaire. En effet, un bébé placé dans les bras de sa mère se love contre sa poitrine de façon réflexe. En retour se produit chez elle de façon programmée une montée de lait. C’est cette présence rassurante qui aide l’enfant à se construire, et lorsqu’elle fait défaut, ses répercussions peuvent être néfastes sur son développement. “Ce besoin d’une présence tendre, socle indispensable à l’édification de soi et à l’expression des désirs, l’adulte en garde la trace.” Cette citation du psychiatre Jean-Paul Mialet, auteur de “L’amour à l’épreuve du temps”, rappelle combien une présence tendre est importante, car elle est l’un des piliers de l’amour.

Nés pour aimer

La rencontre avec sa moitié n’est quasiment jamais le fruit du hasard. Pour aimer et être aimé, il faudra être libre dans son esprit, prêt à subir le choc amoureux. D’où l’idée que l’amour ne se développe pas par hasard. Notre inconscient sera, à un moment précis de notre vie, sensible à une gestuelle, à un son, un faciès, une odeur…  “Au-delà de toute explication rationnelle, l’alchimie opère et touche au plus profond des émotions de chacun”, écrit le Dr Sylvain Mimoun dans “Sexe et Sentiments”. C’est le fameux  » l’Innamoramento  » (l’amour naissant) que l’on doit au sociologue italien Francesco Alberoni. “Nous devenons amoureux quand nous sommes prêts à nous transformer, à abandonner une expérience déjà faite et usée, lorsque nous avons l’élan vital nécessaire pour accomplir une nouvelle exploration, pour changer de vie”, écrit-il dans son best-seller “Le choc amoureux”.

Mais si nous sommes programmés pour aimer, il ne tient qu’à nous pour transformer cet essai en une victorieuse célébration de ce sentiment si doux, mais si exaltant.

Parler d’amour alors que le monde va si mal n’est pas un paradoxe. C’est ce sentiment qui peut sauver le monde de l’intolérance meurtrière et de la déshumanité. À ce propos, une idée forte émerge dans le film de science-fiction, “Interstellar” selon laquelle l’amour est la dernière chose à laquelle on peut se raccrocher, une sorte de bouée de sauvetage émotionnelle lorsque tout va mal, et qu’il n’y a plus rien à faire.

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