Rhume qui traîne, gorge irritée, toux : et si des moisissures en étaient la cause ?

On pense souvent à un virus qui s’éternise, à un coup de froid ou à une allergie de saison. Pourtant, quand le nez reste bouché, que la gorge gratte et que la toux s’installe, le vrai problème peut parfois se trouver… à la maison. Les autorités sanitaires rappellent que l’exposition aux moisissures peut provoquer ou aggraver des symptômes comme la congestion nasale, l’irritation de la gorge, la toux, les sifflements ou encore les yeux qui brûlent.

À première vue, les signes peuvent prêter à confusion. Un peu de gorge irritée, une toux qui revient surtout le matin ou le soir, le nez pris, parfois les yeux qui piquent… Cela ressemble facilement à un rhume banal. C’est justement ce qui rend le sujet trompeur. Les moisissures ne donnent pas forcément des symptômes spectaculaires. Elles peuvent simplement entretenir une irritation des voies respiratoires ou déclencher une réaction chez les personnes sensibles. Le CDC cite notamment le nez bouché, la gorge douloureuse, la toux ou les sifflements, tandis que l’EPA évoque aussi des symptômes de type “rhume des foins”, comme les éternuements, le nez qui coule et les yeux rouges.

Des symptômes qui traînent

Ce qui peut mettre la puce à l’oreille, ce n’est pas seulement le type de symptôme, mais leur façon d’apparaître. Quand l’inconfort dure, revient souvent, ou semble pire dans certaines pièces du logement, la question de l’environnement intérieur mérite d’être posée. Le NHS explique d’ailleurs, à propos du “sick building syndrome”, que certains troubles; nez bouché ou qui coule, yeux ou gorge secs et irrités, toux, sifflements, fatigue et difficultés de concentration, ont tendance à s’aggraver dans un bâtiment donné et à s’améliorer quand on le quitte.

Autrement dit, le corps peut réagir non pas à une infection qui s’éternise, mais à un air intérieur dégradé. Les moisissures se développent surtout dans les endroits humides ou mal ventilés : murs froids, plafonds, derrière les meubles, salle de bains, cuisine, autour des fenêtres, après une fuite ou un dégât des eaux. Le NIEHS rappelle que l’humidité, les infiltrations, les canalisations qui fuient et la mauvaise ventilation favorisent leur apparition dans les bâtiments.

Qui est le plus à risque ?

Tout le monde ne réagit pas de la même manière. Certaines personnes ne ressentiront presque rien, tandis que d’autres seront beaucoup plus incommodées. Les réactions sont souvent plus marquées chez les personnes allergiques aux moisissures, chez les asthmatiques, chez celles qui ont une maladie pulmonaire chronique ou un système immunitaire affaibli. Le CDC précise que les personnes asthmatiques ou allergiques peuvent avoir des réactions plus sévères, et que les personnes immunodéprimées ou atteintes de maladie pulmonaire chronique peuvent développer des infections pulmonaires liées à certaines moisissures.

Chez l’enfant aussi, le sujet est pris au sérieux. Des sources britanniques de santé publique rappellent que l’humidité et les moisissures sont associées à davantage de troubles respiratoires et peuvent aggraver l’asthme. Le gouvernement britannique souligne même que la présence de damp and mould est liée à de nouveaux cas d’asthme et d’infections respiratoires chaque année.

Ce qu’il ne faut pas faire

Il n’existe pas de signe unique qui permette de trancher à lui seul. Mais certains indices, mis bout à bout, peuvent orienter. Des symptômes qui reviennent surtout à la maison, une gêne plus forte dans une chambre ou une pièce humide, des traces noires sur les murs, une odeur persistante de renfermé, de la condensation régulière sur les fenêtres ou un logement qui semble toujours humide : tout cela peut faire penser que le problème ne vient pas seulement d’un virus.

Il faut aussi garder en tête qu’un vrai rhume est le plus souvent viral et finit généralement par passer. Quand la toux ou l’irritation traînent, qu’elles reviennent souvent sans autre explication claire, ou qu’elles s’accompagnent d’une aggravation de l’asthme ou de sifflements respiratoires, il devient plus logique de regarder aussi du côté du logement.

Le piège, ce serait de conclure trop vite que toute toux ou toute gorge irritée est due à la moisissure. D’autres causes peuvent donner exactement le même tableau : infection virale, allergie respiratoire, pollution intérieure, poussière, fumée, acariens ou simple irritation. Les autorités sanitaires parlent bien d’association entre exposition aux moisissures et symptômes, mais cela ne veut pas dire que chaque symptôme respiratoire a automatiquement cette origine.

Quand consulter ?

Il faut consulter si la toux dure, si la respiration devient sifflante ou difficile, si l’asthme se déséquilibre, ou si les symptômes sont importants ou répétés. Le NHS recommande de consulter en cas de toux de plus de trois semaines, et le CDC rappelle que certaines personnes à risque peuvent développer des complications plus sérieuses.

Dans ce type de situation, nettoyer une tache visible ne suffit pas toujours. Les sources officielles insistent sur un point : il faut surtout corriger la source d’humidité. Sans cela, les moisissures reviennent. Fuite, infiltration, condensation, aération insuffisante, séchage du linge à l’intérieur sans ventilation… tant que la cause reste là, le problème persiste lui aussi.

Au fond, quand un “rhume” s’installe sans vraiment passer, que la gorge gratte souvent et que la toux revient surtout entre quatre murs, il peut être utile de regarder autrement son environnement. Parfois, le corps ne réagit pas à un virus qui s’éternise. Il réagit à la maison elle-même.

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