Cette stratégie, qui s’inscrit dans le cadre de la contribution du secteur au renforcement des piliers de l’État social, vise à mettre en place un système national intégré de soins à autrui et à s’adapter aux mutations démographiques et sociales. Elle vise également à répondre à la demande croissante du travail des soins, grâce à l’adoption d’une approche globale tenant compte des différentes étapes du cycle de vie, à même de garantir la justice territoriale, la viabilité financière et la reconnaissance du travail des soins comme une responsabilité sociale commune, contribuant au renforcement de la protection sociale et au soutien de l’inclusion économique, en particulier pour les femmes.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naima Ben Yahia, a affirmé que cette stratégie traduit la volonté collective d’opérer un changement notoire dans la perception du travail social, tout en attirant l’attention sur l’importance qui doit être accordée au secteur social dans son ensemble, dont le travail des soins constitue le pilier fondamental.
Dans ce sens, la ministre a souligné l’importance de passer d’une logique de responsabilité privée incombant souvent aux familles à une logique fondée sur une responsabilité partagée entre l’État, les familles, les acteurs locaux, le secteur privé, les partenaires sociaux, l’économie sociale et solidaire, ainsi qu’une structure sociale productive, relevant que le projet de cette stratégie repose sur une approche globale, alliant la promotion des droits et l’égalité entre les sexes, la création d’emplois et la protection sociale, la reconnaissance et la formation des professionnels, la mise en place de normes sociales garantissant les droits, ainsi qu’un financement durable.
L’économie des soins n’est pas une politique sociale supplémentaire, mais représente l’un des éléments clés pour accompagner les transformations, consolider les acquis et réduire les dépenses futures liées aux soins de longue durée et aux soins en établissement, a conclu Mme Ben Yahia.
De son côté, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Abdelkader Amara, a indiqué, dans une allocution lue en son nom, que la présentation du projet de cette stratégie nationale constitue une étape majeure vers l’édification d’un système plus structuré et intégré, notant que le défi à relever prochainement consiste en la transformation de cette vision en résultats concrets, grâce à des services de qualité et accessibles à toutes les catégories et dans tous les domaines, en emplois qualifiés et décents et en un financement durable en plus d’une gouvernance efficace capable d’assurer la transversalité, le suivi et l’évaluation.
Il a également rappelé que le CESE avait précédemment appelé à l’adoption d’une stratégie nationale en faveur d’une économie des soins structurée, intégrée et ambitieuse, à même de faire de ces soins un véritable levier de développement humain, social et économique.
Pour sa part, la directrice de l’Agence française de développement (AFD) au Maroc, Catherine Bonnaud, a noté que le Royaume a franchi une étape importante vers la pleine reconnaissance du travail et de l’économie des soins comme un enjeu stratégique pour le développement, soulignant l’engagement de l’AFD à accompagner la mise en œuvre de cette stratégie qui “repose sur une vision forte”.
À son tour, l’ambassadeur de Suisse au Maroc, Valentin Zellweger, a indiqué que le Royaume fait preuve d’un leadership remarquable en adoptant “une stratégie nationale ambitieuse”, fondée sur une vision moderne qui reconnaît le rôle central du travail des soins dans le développement économique, la valorisation du capital humain et le renforcement de la cohésion sociale.
De son côté, l’ambassadrice de Suède au Maroc, Fredrika Ornbrant, a salué les nombreuses initiatives menées dans le cadre de la coopération entre le Maroc et ONU Femmes, qui ont contribué à faire progresser le dialogue autour de l’économie du soin, du partage des responsabilités parentales et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Le lancement de cette stratégie constitue une étape historique confirmant ainsi que l’économie de soin ne relève pas uniquement de la sphère privée, a-t-elle ajouté.
Pour sa part, la cheffe de la branche du genre, de l’égalité, de la diversité et de l’inclusion à l’Organisation internationale du Travail (OIT), Chidi King, a estimé que cette stratégie constitue un modèle régional de référence dans la région MENA, saluant le choix porté par le Maroc en faveur d’une gouvernance fondée sur la coordination interministérielle et l’implication des partenaires sociaux.
Intervenant à travers une allocution vidéo, la sous-secrétaire générale des Nations Unies et Directrice exécutive adjointe de l’ONU Femmes, Nyaradzayi Gumbonzvanda, a, quant à elle, salué la stratégie nationale de promotion de l’économie des soins à autrui, la qualifiant d’initiative pionnière qui reflète l’engagement du Royaume en faveur de l’égalité, de l’inclusion et du développement humain.
Organisée avec le soutien de l’OIT et en coopération avec ONU Femmes, cette rencontre a été marquée, outre la séance d’ouverture, par la projection d’un film institutionnel retraçant les différentes étapes d’élaboration de cette stratégie nationale, le contexte de sa conception ainsi que le processus participatif ayant accompagné sa préparation.
À noter que la stratégie nationale de promotion de l’économie des soins à autrui s’articule autour de cinq axes majeurs, à savoir le développement, la diversification et une meilleure répartition de l’offre de services de soins en plus du renforcement de l’équité territoriale dans l’accès à ces services; la structuration et le renforcement de l’attractivité des métiers du soin; le financement du système de soins et la pérennisation de la demande pour ses services. Il s’agit également de développer les critères sociaux relatifs à la reconnaissance sociale du travail de soin avec un partage plus équitable, ainsi qu’à renforcer la gouvernance du secteur, les mécanismes de régulation et le pilotage de sa mise en œuvre.