Quelques cheveux sur l’oreiller. Davantage de mèches dans la douche. Une brosse qui se remplit plus vite que d’habitude. À l’approche de certaines saisons, la même inquiétude revient : perd-on trop de cheveux ou s’agit-il simplement d’un phénomène passager ?
La chute saisonnière n’est pas un mythe. Plusieurs travaux ont observé des variations au cours de l’année dans le cycle de croissance des cheveux. Mais ces variations restent difficiles à évaluer soi-même. D’un jour à l’autre, la quantité de cheveux retrouvée dans la salle de bains dépend aussi de la longueur, de la fréquence des shampooings ou de la manière de se coiffer.
Le bon réflexe n’est donc pas de compter chaque cheveu perdu. Il consiste plutôt à observer l’évolution : la chute est-elle diffuse ou localisée ? Est-elle récente ou persistante ? La chevelure paraît-elle moins dense ? D’autres symptômes sont-ils apparus ?
Jusqu’à un certain point
Perdre des cheveux chaque jour est normal. Comme le reste du corps, la chevelure se renouvelle en permanence. Chaque follicule suit son propre cycle : une phase de croissance, une phase de transition, puis une période de repos avant que le cheveu ne tombe et soit progressivement remplacé.
En moyenne, une personne perd naturellement entre 50 et 100 cheveux par jour. Cette quantité peut sembler impressionnante, notamment au moment du lavage, sans forcément révéler un problème. Lorsque les cheveux sont longs ou que l’on espace les shampooings, la chute paraît parfois plus importante simplement parce que plusieurs jours de cheveux détachés sont visibles en une seule fois.
Certaines périodes de l’année peuvent accentuer ce renouvellement. Une étude menée pendant six ans auprès de 823 femmes a ainsi observé une proportion plus élevée de cheveux en phase de repos durant l’été, avec un second pic, moins marqué, au printemps. Le phénomène existe donc, même si ses mécanismes précis ne sont pas encore entièrement compris.
Chute saisonnière
Une chute saisonnière classique est généralement diffuse : les cheveux tombent un peu partout sur le cuir chevelu, sans créer de plaques dégarnies. Elle reste limitée dans le temps et ne s’accompagne pas d’une transformation nette de la chevelure.
On peut retrouver davantage de cheveux sur sa brosse ou dans la douche pendant quelques semaines, puis constater progressivement un retour à la normale. La raie ne s’élargit pas visiblement. Le cuir chevelu ne devient pas plus apparent. Il n’y a ni douleur, ni démangeaisons importantes, ni zones dépourvues de cheveux.
Cette situation peut être surveillée calmement. Inutile, en revanche, de multiplier immédiatement les compléments alimentaires ou les traitements trouvés sur les réseaux sociaux. Avant toute supplémentation, mieux vaut identifier la cause réelle de la chute.
Effet retardé
Une chute diffuse n’est pas toujours liée à la saison. Elle peut aussi apparaître après un épisode de stress important, une maladie accompagnée de fièvre, une intervention chirurgicale, un accouchement, une perte de poids marquée ou certains changements hormonaux.
Ce phénomène porte un nom : l’effluvium télogène. Il survient lorsque davantage de cheveux basculent prématurément dans leur phase de repos. Le décalage peut prêter à confusion : la chute devient parfois visible plusieurs mois après l’événement déclencheur, alors même que l’on pensait la période difficile terminée.
Dans de nombreux cas, cette chute est temporaire et les cheveux repoussent progressivement. Mais si elle persiste, il faut rechercher une éventuelle cause sous-jacente. Une carence en fer, par exemple, peut être associée à une perte de cheveux. D’autres causes sont également possibles. L’autodiagnostic a donc ses limites.
Les signes qui doivent inciter à consulter
Une perte de cheveux mérite davantage d’attention lorsqu’elle apparaît brutalement ou qu’elle s’installe dans la durée. Des plaques rondes et lisses, une raie qui s’élargit, une ligne frontale qui recule, une diminution visible de la densité ou des poignées de cheveux qui tombent lors du coiffage ne relèvent pas nécessairement d’une simple variation saisonnière.
La consultation est également recommandée lorsque le cuir chevelu présente des rougeurs, des squames, des démangeaisons importantes, des douleurs ou des zones irritées. Des cheveux qui cassent en grand nombre doivent aussi être distingués de cheveux qui tombent depuis la racine : dans ce cas, les pratiques de coiffage, la chaleur ou les traitements chimiques peuvent jouer un rôle.
Enfin, mieux vaut demander un avis médical si la chute se prolonge pendant plusieurs semaines sans amélioration, si elle affecte le bien-être ou si elle s’accompagne d’autres symptômes, comme une fatigue inhabituelle.
Protéger sa chevelure
Pendant une période de chute, la douceur reste le meilleur réflexe. Les coiffures très serrées, les appareils chauffants utilisés trop fréquemment, les décolorations répétées ou les gestes brusques peuvent fragiliser davantage les cheveux.
Une alimentation équilibrée reste également essentielle. Protéines, vitamines et minéraux participent au fonctionnement normal de l’organisme, y compris au renouvellement des cheveux. Cela ne signifie pas qu’il faille acheter une cure au hasard. Un complément alimentaire n’a d’intérêt que s’il répond à un besoin réel, idéalement évalué avec un professionnel de santé.
Le shampooing, quant à lui, ne provoque pas une chute pathologique. Le lavage révèle souvent des cheveux qui étaient déjà arrivés au terme de leur cycle. Espacer excessivement les shampooings par crainte de perdre davantage de cheveux ne règle donc pas le problème.
Ne pas tout mettre sur le compte de la saison
La plupart des chutes saisonnières finissent par se résorber spontanément. Mais la saison ne doit pas devenir une explication automatique. Si les cheveux tombent durablement, si la densité diminue ou si des zones dégarnies apparaissent, une consultation auprès d’un médecin ou d’un dermatologue permet de faire la différence entre une chute temporaire et une perte nécessitant une prise en charge.
Face à une chevelure qui semble s’affiner, l’objectif n’est pas de paniquer au premier cheveu retrouvé sur l’oreiller. Il est d’observer les changements sans les minimiser. Car si une chute passagère peut être naturelle, certains signes méritent d’être pris au sérieux suffisamment tôt.