Charge mentale : la rentrée m’a tuée !

Travail, enfants, maison : en période de rentrée, ce qu’on appelle la “charge mentale” du foyer pèse encore le plus souvent sur les femmes. Comment y remédier ? Stéphanie Francomme, neuropsychologue et psychologue clinicienne nous livre ses précieux conseils pour mieux vivre cette période ultra-stressante.

Réinscrire les enfants aux cours de danse, préparer les lunch box, penser à changer le protège-cahier bleu que le prof d’histoire-géo veut jaune, acheter une nouvelle paire de baskets car l’ancienne ne correspond plus au goût de son ado… La liste des impératifs qui s’accumulent d’un seul coup en période de rentrée fait grimper le niveau de stress en flèche et a franchement de quoi donner envie de tout plaquer pour aller vivre à Barbieland.

Hier encore, on traînait en pyjama sur son canapé ou en bikini au bord de l’eau et notre seule préoccupation était de choisir entre les pâtes ou la pizza à midi. Les enfants se couchaient tard, mangeaient des glaces à longueur de journée, la maison pouvait être sens dessus dessous, mais tout cela, ce n’était pas bien grave, car c’est les vacances ! Une douce parenthèse où les contraintes et les règles sont priées de prendre congé pour laisser place à un lâcher prise qui fait du bien. Mais voilà, du jour au lendemain et sans transition, la vie a repris avec son lot de responsabilités et le réveil est rude. Le boulot, la maison, les enfants et les to-do list interminables… La reprise s’annonce souvent comme un millésime à haute teneur en prise de tête.

Qu’est-ce que la charge mentale ?

Penser au moindre petit détail, à chaque instant, pour tout le monde, a un nom : la charge mentale. La première à avoir utilisé ce terme est la sociologue Danièle Kergoat, dans son article “La Gestion ordinaire de la vie en deux”, paru en 1984. Elle y décrit comment l’esprit d’une femme en couple qui travaille demeure préoccupé par les tâches ménagères et la gestion du foyer.  “C’est comme une pieuvre qui squatte ton cerveau et qui ne veut pas déguerpir !”, nous décrit Soukaina, maman de deux enfants. “Ce sont toutes ces petites tâches invisibles (et souvent pas gratifiantes) mais indispensables comme aller racheter du papier WC, remplir le cahier de liaison des enfants, ne pas oublier de sortir les vêtements de la machine à laver… auxquelles mon homme ne pense jamais !”, poursuit-elle. En période de rentrée, la charge mentale est en surchauffe, selon cette jeune maman. “Je gère 1000 choses en même temps et pendant que j’accomplis une tâche, je pense déjà à la suivante… C’est physiquement et émotionnellement épuisant.”

Cette simultanéité des tâches est ce que met également en avant Stéphanie Francomme, neuropsychologue et psychologue clinicienne. La charge mentale est “le fait de devoir penser simultanément à des choses appartenant à deux mondes séparés physiquement”, avance-t-elle. Selon cette spécialiste, le concept de charge mentale est présent en tout temps pour les femmes et les hommes mais se trouve accentuée en période de rentrée scolaire, car il s’agit d’un carrefour où se rejoignent plusieurs injonctions. “Pour les mamans en particulier, mais aussi pour les papas, c’est un moment de grande pression car il faut démarrer la nouvelle année scolaire sur de bons rails.”

Ce poids invisible pèse en grande partie sur les femmes, spécialement à la rentrée où tout s’accumule. “Chez les mamans, cette charge mentale se surajoute à une certaine idée de perfection véhiculée par nos sociétés. Nous attendons des mamans qu’elles aient la solution à tout, voire le remède à tout”, précise Stéphanie Francomme.  

Un fardeau féminin

“Les mères ont d’office plusieurs rôles : tout d’abord vis-à-vis des ascendants, elles se donnent pour mission de s’occuper au mieux de leurs parents. Au niveau des descendants que représentent les enfants, ces êtres en construction pour lesquels son affection et sa bienveillance sont indispensables. Ainsi qu’auprès de l’époux qui, selon les situations, va être plus ou moins autonome et indépendant.”

Il y a également cette croyance selon laquelle les femmes sont plus habiles que les hommes à gérer plusieurs tâches à la fois. “Un mythe que les hommes aiment bien entretenir car cela les arrange…”, lance Soukaina. Mais que les études scientifiques ont démenti. “Que ce soit pour la femme ou pour l’homme, la notion de multitâches n’existe pas vraiment. Lorsque nous essayons d’exécuter plusieurs tâches en même temps, en espérant gagner du temps, cela se traduit dans le cerveau par une sur- sollicitation des mêmes réseaux neuronaux. Au mieux ce que l’on peut faire, va être d’alterner les différentes tâches et à la longue cela prend plus de temps que de se focaliser sur une tâche unique”, explique la psychologue. 

La solution pour s’en sortir ? “S’organiser, se partager les tâches et déléguer !”, répond Stéphanie Francomme. Selon les situations, il va être possible de solliciter davantage le père afin qu’il participe pleinement à ce partage du stress, mais aussi affirmer son rôle fondamental d’époux et de soutien affectif.  “Pour la maman, il va falloir déléguer auprès des enfants. Cela leur permet de gagner en autonomie et de s’armer davantage pour faire face aux aléas de la vie, et ainsi permettre de développer ses capacités d’adaptation.”

Pour éviter toute surcharge cognitive, la psychologue recommande de “cloisonner, notamment les différents univers : personnel, professionnel, familial, afin d’avancer progressivement sur chacune des tâches qu’on aura préalablement rassemblées dans un plan d’action.”  Il va sans dire que cela nécessite un minimum d’organisation.

Face à cet ensemble de responsabilités, l’essentiel va être de ne pas aller au-delà de ses limites afin d’éviter tout burn out et “surtout essayer de prendre soin de soi, sans culpabilité, avec l’idée que chacun essaie de faire du mieux qu’il peut en fonction des circonstances. Il n’y a pas de parent parfait”, conclut la psychologue.

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