Sa réflexion ne porte pas tant sur le corps que sur la silhouette. Grâce à l’impression 3D, il imagine des volumes spectaculaires : épaules hypertrophiées, cols sculpturaux, crinolines transformées en architectures de tulle ou encore exosquelettes futuristes. Les vêtements deviennent de véritables sculptures, pensées pour être observées sous tous les angles.
Cette vision avant-gardiste s’ancre pourtant dans l’histoire. Duran Lantink puise son inspiration dans le XVIIIᵉ siècle et l’univers de Marie-Antoinette. Broderies inspirées des décors de Versailles, palettes de bleu de Roy, de rose poudré ou de vert menthe, rubans et références au costume d’époque traversent la collection sans jamais tomber dans la reconstitution. L’histoire est ici réinterprétée avec une liberté résolument contemporaine.
L’héritage de Jean Paul Gaultier demeure omniprésent. Corsets, blousons de motard, tulle, marinières ou encore les mythiques seins-obus sont revisités avec irrévérence, tandis que plusieurs silhouettes sont réalisées à partir de tissus issus des archives de la maison, dans une démarche d’upcycling chère au créateur.
Les accessoires prolongent cette conversation entre patrimoine et modernité. Les bijoux monumentaux, inspirés des costumes traditionnels néerlandais, dialoguent avec des détails sensoriels, comme un médaillon évoquant le parfum iconique Le Mâle.
Plus qu’une première collection, Tech Couture pose les bases d’une nouvelle vision de la haute couture : un laboratoire où l’artisanat d’exception rencontre les technologies de pointe pour repousser les limites du vêtement. Une entrée en matière aussi spectaculaire qu’ambitieuse pour celui qui entend écrire un nouveau chapitre de l’histoire de Jean Paul Gaultier.