Mauvaise balance

La question du poids ne peut être dissociée du rapport à soi, ni du regard porté sur son propre corps.

Le poids n’a jamais été qu’une histoire de balance. Il a toujours été une affaire de pression.

La question de la minceur est empreinte de tout sauf de légèreté. Elle concentre les injonctions contradictoires, les comparaisons permanentes, les culpabilités que l’on tait mais qui pèsent lourd. Manger trop, pas assez, autrement… Se promettre de faire mieux, de se reprendre, de se corriger… Comme si le corps était un projet inabouti à rectifier, plutôt qu’un allié à écouter, à comprendre, à respecter.

À force de réduire le débat à une affaire de volonté ou de discipline, on oublie l’essentiel : le corps n’est pas un ensemble de mensurations, ni un terrain de lutte. Il est traversé par des histoires, des rythmes, des hormones, des émotions, des contraintes invisibles. Vouloir le contraindre sans le comprendre revient souvent à renforcer le malaise que l’on s’efforce de contenir et d’apaiser.

Le dossier de ce mois de Femmes du Maroc se penche sur l’univers “minceur” sous toutes ses coutures. Son objectif n’est pas de lister des solutions. Il n’est ni un manuel, ni un sermon de plus. Il se veut, au contraire, un espace de recul et de clarté, une tentative honnête de remettre les choses à leur juste place: la science face aux croyances, le médical face aux effets de mode, l’accompagnement face à la solitude, et surtout, le respect face à la pression.

Le fait est que la question du “poids” est rarement isolée ; elle ne peut être dissociée du rapport à soi, ni du regard souvent biaisé porté sur son propre corps. Elle dit quelque chose de notre difficulté collective à accepter l’imperfection, la lenteur, les trajectoires non linéaires. Elle révèle aussi la pression diffuse, parfois illégitime, qui s’exerce sur les corps : celle qui exige de certaines personnes, qui n’en ont ni le besoin ni la nécessité, de se conformer à des modèles figés, au prix du rejet de leurs différences ; et celle, tout aussi violente, qui pèse sur celles et ceux pour qui la question du poids et de la condition physique relève d’un véritable enjeu, à qui l’on demande de “rentrer dans le rang” vite et bien, comme si la légitimité sociale devait être suspendue en attendant la transformation attendue.

Cette pression diffuse autour du corps révèle, plus largement, une exigence sociale profondément ancrée: celle qui demande aux individus et aux femmes en particulier de se transformer, de se corriger, de se conformer, avant même de s’autoriser à s’aimer…

Or l’amour que l’on célèbre particulièrement en ce mois de février n’est pas seulement celui que l’on donne ou que l’on reçoit. C’est aussi celui que l’on se doit. Un amour moins visible, moins mis en scène, mais déterminant. Celui qui s’exprime dans la façon dont on se parle, dont on se juge, dont on habite son corps au quotidien.

S’aimer n’exclut pas le désir de changement. Mais il en modifie profondément le sens. Changer, alors, ne devient plus une punition ni une lutte contre soi-même, mais une démarche consciente, alignée, respectueuse. Un chemin qui ne cherche pas à effacer le corps, mais à habiter pleinement le sien.

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