C’est une ode vibrante à un patrimoine vivant que signe Chantal Pinzi avec sa série « Farīsāt : Filles de la poudre à canon ». Consacré à la Tbourida, cet ensemble photographique célèbre une tradition ancestrale marocaine tout en révélant une transformation majeure : l’émergence des femmes cavalières dans un univers longtemps dominé par les hommes.
Récompensé au World Press Photo Contest 2026, le projet s’est distingué parmi des dizaines de milliers de clichés venus des quatre coins du monde. Mais au-delà de la performance artistique, c’est le regard engagé de la photographe qui retient l’attention. À travers ses images puissantes, elle met en lumière des trajectoires de femmes qui, en s’appropriant les codes de la Tbourida, redéfinissent les contours de cette pratique spectaculaire.
Elle capte avec finesse la tension, la discipline et la grâce de ces cavalières, tout en dévoilant les enjeux sociaux qui sous-tendent leur engagement. Athlète elle-même, Chantal Pinzi voit dans le sport un révélateur des inégalités et des mécanismes d’exclusion. Son travail s’inscrit ainsi dans une démarche plus large : donner une visibilité à celles qui, malgré les obstacles, s’imposent dans des espaces où on ne les attendait pas.
Avec « Farīsāt », la Tbourida devient le théâtre d’une révolution silencieuse. Une manière de rappeler que les traditions, loin d’être figées, évoluent avec celles et ceux qui les font vivre et que, parfois, ce sont les femmes qui en redessinent les contours avec le plus d’audace.

