Ce 11 juin, à l’occasion de la Journée mondiale du lipœdème, les projecteurs se tournent vers une pathologie encore largement méconnue du grand public et parfois même des professionnels de santé. Au Maroc, l’association Moslipod multiplie les initiatives pour sensibiliser, informer et accompagner les femmes concernées. Une conférence de presse organisée hier a notamment permis de mettre en lumière les défis liés au diagnostic et à la prise en charge de cette maladie chronique.
Longtemps confondu avec l’obésité ou le surpoids, le lipœdème est une maladie chronique du tissu graisseux qui touche presque exclusivement les femmes. Elle se caractérise par une accumulation anormale et progressive de graisse au niveau des jambes, des hanches et parfois des bras, créant une disproportion marquée entre le haut et le bas du corps. Souvent douloureuse, cette pathologie s’accompagne également d’une grande sensibilité au toucher, d’ecchymoses fréquentes et d’une sensation de jambes lourdes.
Pour de nombreuses patientes, le parcours vers le diagnostic ressemble à un véritable chemin de croix. Entre errance médicale, incompréhension de l’entourage et culpabilisation liée à l’apparence physique, plusieurs années peuvent s’écouler avant qu’un diagnostic correct ne soit posé. Pourtant, le lipœdème n’est ni le résultat d’une mauvaise hygiène de vie ni d’un manque d’activité physique. Il s’agit d’une maladie reconnue dont les origines sont encore à l’étude, mais dont les facteurs hormonaux et génétiques semblent jouer un rôle majeur.
Une mobilisation nécessaire au Maroc
À l’occasion de cette Journée mondiale du lipœdème, l’association Moslipod a organisé, le 10 juin, une conférence de presse réunissant professionnels de santé, patientes, acteurs associatifs et médias. L’objectif : sensibiliser l’opinion publique à cette maladie encore trop peu connue et plaider pour une meilleure reconnaissance du lipœdème dans le parcours de soins. Lors de cette rencontre, plusieurs témoignages ont mis en évidence l’impact physique, psychologique et social de la maladie. Douleurs chroniques, perte de mobilité, troubles de l’image corporelle, isolement ou encore difficultés d’accès aux traitements figurent parmi les réalités vécues quotidiennement par les femmes atteintes. Les intervenants ont également insisté sur l’importance du diagnostic précoce. Plus la maladie est identifiée tôt, plus les mesures thérapeutiques – telles que le drainage lymphatique, le port de vêtements de compression, l’activité physique adaptée ou encore certaines interventions chirurgicales spécialisées – peuvent contribuer à améliorer la qualité de vie des patientes.
Donner une voix aux femmes concernées
Au-delà de la sensibilisation, Moslipod œuvre pour créer un espace d’écoute, d’information et de soutien destiné aux femmes vivant avec le lipœdème. L’association milite notamment pour une meilleure formation des professionnels de santé, le développement de structures spécialisées et une prise en charge adaptée aux besoins des patientes marocaines. Car derrière les chiffres et les données médicales se cachent des milliers de femmes dont la souffrance reste souvent invisible. Beaucoup racontent avoir passé des années à entendre que leurs symptômes étaient liés à une prise de poids « normale » ou à un manque d’efforts. Une réalité qui retarde la prise en charge et accentue le sentiment d’incompréhension. ,Cette Journée mondiale du lipœdème rappelle l’importance de l’information comme premier levier d’action. Mieux faire connaître cette pathologie, c’est permettre aux femmes concernées de mettre un nom sur leurs symptômes, d’accéder plus rapidement aux soins et de sortir de l’isolement. Au Maroc comme ailleurs, la mobilisation des associations, des professionnels de santé et des médias contribue progressivement à faire tomber les idées reçues. Un pas essentiel pour que le lipœdème ne soit plus une maladie invisible et que les femmes qui en souffrent bénéficient enfin de la reconnaissance et de l’accompagnement qu’elles méritent.