3ème Congrès national du diabète: vers une nouvelle ère dans la prise en charge du diabète de type 2

La ville de Tanger a accueilli, du 26 au 29 mars, la 3ème édition du Congrès national du diabète, organisé à l’initiative de la Société marocaine de diabétologie (SMD) et réunissant une élite de spécialistes et d'experts marocains et internationaux pour échanger sur les dernières avancées scientifiques en matière de prévention, de diagnostic et de prise en charge du diabète.

Selon un communiqué de la SMD, le congrès a été l’occasion pour les participants de confirmer, à travers les présentations et les discussions qui ont jalonné ses travaux, l’existence de liens causaux étroits entre le diabète de type 2 et l’apparition et la progression d’un large spectre de complications touchant les organes vitaux, en particulier le cœur, les vaisseaux sanguins et les reins.

Les interventions des experts ont mis en évidence que les données épidémiologiques et cliniques confirment que les maladies cardiovasculaires contribuent à hauteur de 38% de la mortalité totale au Maroc, et que 6,5% de la population souffre des conséquences des maladies rénales chroniques, expliquant que ces pathologies figurent parmi les principales causes de mortalité et d’invalidité chez les patients atteints de diabète de type 2, auxquelles s’ajoutent les effets négatifs de ces complications sur la qualité de vie des patients.

Les participants ont précisé que la relation entre le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires et rénales n’est pas une simple coïncidence, mais un lien causal étroit et complexe formant un véritable cercle vicieux, notant que d’un côté, le diabète de type 2 augmente significativement le risque de décès par maladies cardiovasculaires et accélère la détérioration de la fonction rénale, et de l’autre, tout dysfonctionnement du système cardiaque ou rénal influe directement sur l’évolution du diabète.

Ces complications se développent souvent de façon silencieuse, sans symptômes apparents dans leurs phases initiales, rendant ainsi une intervention précoce indispensable, ont-t-il relevé.

Forts de ces constats, les congressistes ont conclu que le traitement ne doit pas se limiter au seul contrôle de la glycémie, mais nécessite l’adoption d’une approche globale et intégrée, à la fois thérapeutique et préventive, visant à protéger les organes vitaux du patient et à prévenir le cercle vicieux de la détérioration mutuelle.

Dans ce sens, le Pr Jamal Belkhadir, président de la Ligue marocaine de lutte contre le diabète, a axé son intervention sur les importants bénéfices cliniques des innovations thérapeutiques modernes, faisant savoir que l’association empagliflozine/metformine a démontré une efficacité élevée dans la réduction de l’HbA1c (hémoglobine glyquée), pouvant atteindre jusqu’à 4,6% chez les patients présentant des valeurs initiales très élevées, offrant ainsi un meilleur contrôle glycémique dès les premiers mois de traitement.

Cette association combine deux mécanismes d’action complémentaires, permettant non seulement de réduire l’HbA1c, mais aussi de diminuer le poids, la glycémie à jeun et d’assurer une protection cardiovasculaire et rénale pour les patients atteints de diabète de type 2, la rendant ainsi conforme aux orientations modernes qui placent la protection des organes vitaux au cœur des stratégies thérapeutiques, a-t-il noté, ajoutant que cette association permet également un meilleur contrôle glycémique dès les premiers mois du traitement, et se distingue par son effet positif sur le poids et son amélioration de l’observance thérapeutique des patients, renforçant ainsi l’efficacité globale de la prise en charge.

Pour sa part, Dr Sonia Abahou, présidente de la SMD, a souligné que les recommandations de l’American Diabetes Association (ADA) 2026 insistent sur la nécessité d’initier une bithérapie lorsque le taux d’HbA1c dépasse l’objectif glycémique personnalisé de 1,5 à 2%, afin d’obtenir un contrôle glycémique plus rapide et plus durable, faisant également référence aux dernières recommandations du NICE 2026, qui préconisent l’utilisation des inhibiteurs du SGLT2 chez tous les profils de patients atteints de diabète de type 2, qu’ils présentent ou non des comorbidités, notamment une obésité, une maladie rénale chronique, un diabète précoce survenu avant l’âge de 40 ans, une insuffisance cardiaque ou une maladie cardiovasculaire athérosclérotique.

Elle a aussi mis en avant les dimensions humaines et pratiques des innovations thérapeutiques présentées lors du congrès, notant que cette édition du congrès a été marquée par le lancement de la première association fixe iSGLT2, présentée sous la DCI empagliflozine/metformine, nouvelle innovation scientifique qui répond efficacement aux besoins de différents profils de patients atteints de diabète de type 2.

L’objectif suprême que nous visons avec ce type de traitements innovants est d’améliorer la qualité de vie des patients et de leur offrir une protection globale contre les risques de complications intriquées, ce qui conduit nécessairement à une réduction des hospitalisations, a-t-il relevé, notant que ces innovations sont également susceptibles d’alléger la charge financière du traitement et de le rendre accessible au plus grand nombre de patients.

Quant à Dr Mohamed Lamari, Business unit head northwest Africa chez Boehringer Ingelheim, il a souligné l’importance du partenariat entre l’industrie pharmaceutique et la communauté médicale au Maroc, affirmant qu’en tant qu’entreprise de recherche et d’innovation, Boehringer Ingelheim demeure pleinement engagée aux côtés des sociétés savantes et des professionnels de santé pour soutenir l’accès à des solutions fondées sur des données robustes, la priorité étant d’accompagner l’amélioration des parcours de soins et la qualité de vie des patients au Maroc.

Les congressistes ont ainsi conclu que l’avenir de la gestion des maladies chroniques au Maroc repose sur l’intégration, l’innovation et la collaboration entre toutes les parties prenantes. En adoptant des stratégies thérapeutiques modernes prenant en charge simultanément la santé cardiovasculaire, rénale et métabolique, le Maroc peut alléger le fardeau des maladies non transmissibles et améliorer la qualité de vie de millions de patients.

Le passage du traitement de chaque maladie séparément à une méthodologie de soins intégrée ciblant le système de santé dans son ensemble n’est plus une option, mais une nécessité urgente imposée par des défis croissants et exigée par la responsabilité commune envers la santé de la communauté, ont-ils affirmé.

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