Tanjazz : Tanger vibre au rythme du jazz pluriel

Du 18 au 20 septembre, le festival emblématique de Tanger revient pour une 23ᵉ édition placée sous le signe du métissage. Jazz, flamenco, soul, funk, swing, musiques cubaines et guitares virtuoses se croiseront au Palais des Institutions Italiennes comme dans les rues de la ville.

À Tanger, le jazz ne se joue jamais en vase clos. Il se mêle aux cultures, traverse les frontières et s’invite partout où la ville se prête à la musique. Du 18 au 20 septembre 2026, Tanjazz célèbre cette liberté à l’occasion de sa 23ᵉ édition avec une programmation aussi éclectique qu’internationale.

Depuis sa création en 2000, le festival s’est imposé comme l’un des rendez-vous musicaux incontournables de la ville du Détroit. Fidèle à sa signature, « Le festival des jazz de Tanger », Tanjazz revendique cette année encore un jazz au pluriel, capable de dialoguer avec le flamenco, la soul, le funk, le swing, le boogie-woogie ou encore les rythmes cubains.

Deux nuits au cœur du Palais

Le Palais des Institutions Italiennes sera le cœur battant du festival les 18 et 19 septembre. Deux scènes y feront vivre les soirées : le Patio, pensé comme un espace festif et dansant, et le Jardin, qui accueillera les grands concerts de cette édition.

Vendredi 18 septembre, la soirée s’ouvrira avec The Groovy Four, formation hispano-uruguayenne portée par le guitariste et chanteur Martín Burguez, entre blues, swing et rhythm’n’blues. Place ensuite à Dee Dee Bridgewater, immense voix du jazz vocal et trois fois récompensée aux Grammy Awards. La chanteuse américaine partagera l’affiche avec Gisele Jackson & The Brooklyn Souls, dont la soul puise dans le gospel et le funk, avant que les Britanniques de The Haggis Horns ne prennent possession du Patio avec leur brass funk explosif.

En clôture de la grande scène, le duo mexicain Rodrigo y Gabriela promet un moment spectaculaire. Leur guitare acoustique, à la fois virtuose et percussive, navigue entre rythmes latins, énergie rock et prouesses instrumentales.

Samedi, le Palais changera de tempo. The Swing Shouters donneront le ton avec leur swing inspiré des années 1930 et 1940, suivis de la pianiste suisse Ladyva, figure contemporaine du boogie-woogie, dont les performances sont aussi physiques que musicales. La soirée se poursuivra avec Les Frères Smith, qui feront dialoguer afrobeat, funk et rythmes africains.

Côté Jardin, deux univers majeurs se rencontreront. Diego El Cigala, grande voix du flamenco contemporain, célébrera les 20 ans de Lágrimas Negras, son album mythique enregistré avec le pianiste cubain Bebo Valdés. Puis les Buena Vista All Stars feront revivre l’esprit du légendaire Buena Vista Social Club, sous la direction de Barbarito Torres et Demetrio Muñiz.

Et parce qu’à Tanjazz la musique ne s’arrête pas au dernier concert, les deux soirées se prolongeront jusqu’au bout de la nuit avec des jam sessions.

Tanjazz descend dans les rues

L’autre particularité du festival est de ne pas rester confiné derrière les murs du Palais. Pendant trois jours, Tanjazz en ville investira plusieurs lieux emblématiques de Tanger avec une série de concerts gratuits.

Vendredi, la fanfare belgo-marocaine Remork & Karkaba ouvrira le bal avec une rencontre explosive entre cuivres et percussions gnaoua.

Samedi, The Groovy Four donneront un rendez-vous musical à l’heure du déjeuner, avant que Ronald Baker, trompettiste et chanteur américain installé depuis longtemps sur les scènes européennes, ne fasse résonner son jazz teinté de swing et de blues. The Haggis Horns apporteront à leur tour leur énergie cuivrée et leur groove communicatif.

Dimanche, pour clôturer cette édition en douceur mais toujours en musique, Ladyva prendra les commandes de son piano boogie-woogie, suivie des Swing Shouters pour une ultime dose de swing.

Un festival à vivre autant qu’à écouter

Avec ses concerts payants au Palais, ses rendez-vous gratuits en ville, ses masterclasses et ses cours de danse swing, Tanjazz cultive plus que jamais son esprit de fête et de partage. Une programmation qui brouille les frontières entre les genres et les générations, tout en faisant de Tanger le véritable fil rouge de ces trois jours.

Du jazz, certes. Mais surtout une ville en mouvement, des musiques qui se répondent et un festival qui transforme Tanger en scène à ciel ouvert.

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