Placée sous le thème « Les Mâalemines, gardiens du geste et du patrimoine », cette édition a débuté avec une fresque poétique intitulée « Anima Ex Materia, du Ciel à la Terre ». Réunissant des artistes du Maroc, d’Asie centrale, d’Inde, de Chine, du Cambodge et de Turquie, le spectacle a proposé une traversée des cultures et des traditions à travers la figure de l’artisan.
Dans une mise en scène immersive où se mêlaient chants, danses, lumières et projections, les artistes ont rendu hommage à celles et ceux qui, depuis des générations, transmettent les gestes fondateurs des métiers d’art. Chaque tableau racontait une histoire, celle de la matière transformée par la main de l’homme et élevée au rang d’expression artistique.
Inspirées des quatre éléments à savoir l’eau, la terre, l’air et le feu, les chorégraphies ont symbolisé les fondements de la création artisanale. Une danseuse gitane apprivoisant les flammes, des derviches tourneurs portés par le souffle de l’air ou encore un défilé célébrant l’élégance du caftan marocain ont offert aux spectateurs des moments d’une grande force visuelle et émotionnelle.
Le voyage s’est poursuivi à travers les siècles et les continents, remontant jusqu’à la Chine impériale où, selon la légende, la princesse Si Ling-chi découvrit les secrets de la soie il y a près de cinq mille ans. Une évocation qui a fait écho aux métiers du tissage encore vivants dans les ruelles de la médina de Fès.
Le spectacle a également mis en lumière la richesse des arts décoratifs, des zelliges fassis aux mosaïques antiques de Volubilis, en passant par les motifs géométriques qui rappellent l’univers de M. C. Escher. Point culminant de la soirée, une impressionnante forge de feu a embrasé la scène de Bab Al Makina, rendant hommage aux forgerons du monde, aux Ismaghen du Sud marocain ainsi qu’aux peuples tsiganes, éternels voyageurs des routes et des étoiles.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence notamment de Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire et de Mohammed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.
À cette occasion, le Prix « Jeunes Talents – Esprit de Fès » a récompensé cinq jeunes artisans pour l’excellence de leur travail : Nabil Idriss-Azami (brocart), Soukaina Moubtassim (selles brodées), Mohammed Ajana (cuir ziwani), Brahim Boulaghmoud (pouf en cuir brodé) et Fatima Abdike (céramique de Meknès). Chacun était accompagné de son mâalem, soulignant l’importance de la transmission intergénérationnelle des savoir-faire.
Jusqu’à dimanche, la capitale spirituelle du Royaume vibrera au rythme d’expositions, de concerts et de spectacles mettant à l’honneur la beauté du geste artisanal.