Pendant quatre jours, Marrakech devient une scène artistique à ciel ouvert. À l’occasion de la 7ᵉ édition de la foire 1-54, la ville ocre se pare d’expositions, de rencontres et de projets spéciaux qui invitent à découvrir l’art contemporain africain autrement. Un programme dense et inspirant, à vivre au rythme de la création, entre lieux emblématiques et adresses confidentielles.
Dès jeudi, La Mamounia ouvre ses portes au grand public et devient un point d’ancrage de cette effervescence culturelle, en accueillant la foire et ses galeries venues de douze pays. Dès les premiers jours, l’expérience 1-54 invite à la découverte : déambuler entre les stands, dialoguer avec les galeristes, repérer les œuvres qui racontent l’Afrique contemporaine dans toute sa pluralité. Une attention particulière est portée à la scène marocaine, mise en lumière à travers des galeries majeures et des artistes aux écritures singulières.
Au fil des jours, la visite de la foire s’enrichit naturellement d’un parcours hors les murs. Direction le MACAAL , Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden, où plusieurs expositions proposent un regard approfondi sur les pratiques contemporaines du continent. Entre œuvres de la collection, commandes inédites et installations, le musée s’impose comme une étape essentielle du programme, offrant un temps de réflexion et de contemplation.
La ville se dévoile ensuite à travers des lieux plus intimistes. Au Monde des Arts de la Parure (MAP), l’exposition personnelle d’Elladj Lincy Deloumeaux dialogue avec les savoir-faire et les matières, tandis que l’espace LE 18 présente Organic Knowledge, une proposition curatoriale qui interroge les notions de transmission, de connaissance et de mémoire. Ces expositions prolongent l’esprit de la foire en explorant d’autres formats et d’autres récits.
Vendredi soir dans le quartier Guéliz, les galeries s’animent à la tombée du jour. Vernissages et nocturnes ponctuent les soirées, créant des moments d’échange privilégiés entre artistes, collectionneurs et amateurs d’art. Loin de se limiter aux espaces institutionnels, 1-54 s’inscrit pleinement dans le tissu urbain de Marrakech, transformant chaque déplacement en découverte.
Parmi les rendez-vous forts du What’s On de 1-54 Marrakech 2026, l’exposition « Shifting Lights » de Meriem Nour, créatrice et fondatrice de la maison Hanout, s’impose comme une proposition singulière à la croisée de l’art, du textile et de la réflexion sociale.Pensée comme une exposition tridimensionnelle, mêlant photographies, vidéo et installation, Shifting Lights interroge les mécanismes de représentation du corps féminin dans les sociétés arabes contemporaines, ainsi que le rôle du vêtement dans la construction du regard social. À travers cette œuvre, le textile cesse d’être un simple objet esthétique pour devenir un langage, porteur de récits intimes et collectifs.
Le parcours se poursuit à la Fondation TGCC, qui présente Constellations, une exposition collective réunissant des artistes issus du Prix Mustaqbal. À travers cette sélection, la jeune création marocaine se dévoile dans toute sa diversité, témoignant d’un engagement fort en faveur de l’émergence et de l’accompagnement des talents.
Impossible de séjourner à Marrakech sans une halte au Musée Yves Saint Laurent Marrakech, qui propose plusieurs expositions pendant la foire, dont une dédiée au photographe David Seidner. Une parenthèse photographique et patrimoniale qui vient compléter ce programme dense et inspirant.
Samedi pour finir en beauté , dans le cadre intimiste de Maison Ach, l’artiste et créatrice marocaine Mina Binebine présentera sa première exposition d’art contemporain, intitulée Éclosion. Cette exposition promet de révéler la vision singulière de l’artiste et d’offrir aux visiteurs un dialogue intime avec sa création, en écho aux thématiques contemporaines explorées par la foire.
Enfin, pour prolonger l’expérience au-delà des dates de la foire, Dada Marrakech accueille jusqu’à fin mars Ablakassa, In Between Blues, un projet immersif consacré à la couleur bleue. Pensée comme un voyage sensoriel, cette installation invite à ralentir, ressentir et regarder autrement.