Cuisine, ménage, courses, soins aux enfants ou aux personnes âgées… Derrière ces tâches quotidiennes se cache une réalité chiffrée. Le travail domestique reste très largement assumé par les femmes.
Les données issues de l’Enquête nationale sur l’emploi du temps menée par le Haut-Commissariat au Plan montrent que les femmes assurent 87,5% du travail domestique non rémunéré au sein des ménages. Elles y consacrent en moyenne près de 5 heures par jour, contre moins d’une heure pour les hommes.
Une tendance confirmée par une analyse publiée en 2025 par le Policy Center for the New South, qui s’est appuyé sur ces mêmes enquêtes Budget-temps pour évaluer le poids économique de ce travail invisible. Selon ce centre de recherche, les femmes exécutent jusqu’à 90% du volume total des tâches domestiques non rémunérées et y consacrent près de sept fois plus de temps que les hommes.
Une double journée
Le fait d’exercer une activité professionnelle ne libère pas les femmes de leurs responsabilités domestiques. D’après le HCP, même lorsqu’elles occupent un emploi, elles continuent d’assumer l’essentiel des tâches au sein du foyer.
Résultat : une accumulation de temps de travail, rémunéré et non rémunéré, qui alourdit la charge globale quotidienne des femmes. Une situation qui peut limiter leur disponibilité pour l’emploi, la formation ou encore les opportunités d’évolution professionnelle.
Un travail essentiel…
Si le travail domestique non rémunéré ne figure pas dans les comptes nationaux, il constitue pourtant une contribution réelle au fonctionnement économique des ménages.
Le Policy Center souligne que ces activités relèvent d’une véritable « économie invisible », indispensable à la reproduction sociale mais rarement prise en compte dans les indicateurs de richesse. L’analyse met en évidence l’impact de cette répartition inégale sur la participation des femmes au marché du travail et, plus largement, sur leur autonomisation économique.
Une inégalité persistante
Au-delà des chiffres, ces écarts traduisent une répartition sexuée des rôles encore profondément ancrée au sein des foyers. La gestion du quotidien familial demeure majoritairement perçue comme relevant de la sphère féminine.
À l’heure où l’augmentation du taux d’activité des femmes est présentée comme un levier clé de développement, la question du partage des tâches domestiques apparaît ainsi comme un enjeu central, à la croisée des politiques sociales, économiques et familiales.