Un bilan boulot comme chez les pros

Si la direction avait à combler votre poste, est-ce encore votre profil qui serait retenu ? Et si ce même poste était à pourvoir, seriez-vous de nouveau candidate ? Pour répondre à ces interrogations, rien ne vaut une évaluation annuelle qui n'est point synonyme de crise, mais de clairvoyance. En huit questions, FDM vous propose d'effectuer votre auto-bilan professionnel, dans la joie et la bonne humeur !

Exit 2011. On accueille 2012, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, avec une grosse envie…

de changement. On aimerait bien que l’année qui s’annonce ne soit pas un remake de la précédente, mais qu’elle soit bien meilleure ! On a des rêves d’accomplissement et d’épanouissement plein la tête. Des hésitations aussi. Bref, le syndrome du nouvel an frappe de nouveau. Suis-je à ma place dans cette boîte ? Où vais-je ? Sur quoi débouche ce job ? Cette vie ? Cela ressemble à une (mini) crise existentielle. C’est la ronde des questionnements (stériles), des résolutions (non tenues)… à moins de mettre cette remise en question à profit pour partir sur des bases solides moyennant un bon bilan, comme chez les pros ! Par les temps qui courent, même quand tout semble aller au mieux, on a intérêt à savoir bien précisément de quoi on est capable ! Pour le savoir, vous êtes invitée à un tour d’horizon qui s’inspire beaucoup des bilans de compétences proposés par les spécialistes. Prête ? Partez !

Quel a été mon apport ?

Même lorsqu’elles sont en pleine transition de carrière, nombre de personnes sont incapables de nommer leurs réalisations. Pourquoi ? Simplement parce qu’elles maîtrisent tellement leur tâche, que cette dernière a fini par leur sembler naturelle. Un gestionnaire pourrait dire que son travail n’a rien d’extraordinaire, mais en approfondissant l’échange, on apprend qu’il dirige une centaine d’employés et gère un gros budget. Une bonne façon de prendre conscience de ce que l’on sait faire est de l’expliquer à une personne totalement étrangère au domaine. Par réalisation, on entend aussi une performance continue, ou encore la résolution de problèmes. Reconnaître ses propres réalisations permet non seulement de ressentir une satisfaction méritée, mais également de se mesurer avec justesse. Le rythme de travail est de plus en plus effréné et les défis d’aujourd’hui effacent vite les dossiers rondement menés hier. Un conseil : s’imposer une discipline et noter ses réalisations mensuelles dans un carnet de bord, dans son agenda papier ou électronique, pour en garder une trace.

A l’heure actuelle, le travailleur demeure un éternel apprenti. Quiconque n’est pas à jour dans les connaissances reliées à son métier est en danger.

 

Qu’est-ce que j’ai appris ?

Pendant la période d’apprentissage d’un poste, tout est nouveau et on apprend chaque jour. Mais aujourd’hui, il n’existe pratiquement plus d’emplois où l’on puisse ensuite se reposer sur ses acquis. Les procédés de fabrication et les méthodes de travail évoluent continuellement. A l’heure actuelle, le travailleur, qu’il soit artisan, col blanc ou col bleu, demeure un éternel apprenti. Quiconque n’est pas à jour dans les connaissances reliées à son métier de base est en danger. Mais attention, point trop n’en faut, préviennent les spécialistes. Certains, à trop vouloir élargir leurs compétences, multiplient les formations et oublient de tenir à jour leurs connaissances de base. Se fixer des objectifs de formation réalistes demeure la meilleure des stratégies. Il faut aussi rester vigilant et se demander si l’employeur offre des possibilités de développement. Rappelons que ce dernier a l’obligation morale – à défaut d’être légale – d’aider ses salariés à se perfectionner.

Ai-je suffisamment alimenté mon réseau de contacts ?

Quand on occupe le même emploi depuis quelque temps, on finit par négliger son carnet d’adresses. Pourtant, il est important de rester branché sur son domaine d’activité, en fréquentant congrès, colloques, salons et autres événements. Les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook, Twitter, Viadeo, Ning, Plaxo) permettent aujourd’hui, en un clic, d’étoffer son carnet de contacts. Un bon réseau permet de suivre les tendances du secteur et les mouvements de personnel. Quand la passion du métier est au rendez-vous, même les plus timides plongent au coeur d’une discussion animée et prennent plaisir à partager leur expérience, à faire du “réseautage”, en somme ! Créer de nouveaux liens, c’est bien, mais ne pas négliger ceux que l’on a déjà tissés est vivement recommandé. Un bon conseil de nouvel an : revoir sa liste de contacts en effectuant un tri stratégique en fonction de l’évolution de sa carrière. 

Beaucoup de personnes travaillent mécaniquement, sans entrain. Le bon choix de carrière est celui qui permet de travailler en respectant ses valeurs.

 Ai-je trouvé un équilibre entre ma vie privée et ma vie professionnelle ?

Il n’y a pas une seule façon de trouver l’équilibre mais plusieurs. Observer ce que sont devenus vos copains de promo est un bon indicateur pour appréhender cette question d’équilibre. Le major de la promo est passé à côté de la réussite professionnelle. Le second s’est construit une carrière en béton. Deux copines d’antan occupent à peu près le même poste que vous, mais sont mieux payées ! D’autres végètent… Cet exercice permet de dégager une tendance dans laquelle le versant perso a autant de poids que le versant pro. C’est normal que le second de la promo caracole en tête de la liste des carrières qui font rêver : il est toujours célibataire. Sans vie de famille, c’est plus facile de soigner sa situation professionnelle ! Il faut beaucoup de courage pour respecter son équilibre de vie. Haro sur la culpabilité donc ! Culpabilité qui frappe la gent féminine dans des proportions bien plus grandes que celles observées chez les hommes. Nombreuses sont celles qui se sentent coupables de passer de longues heures au boulot, mais également coupables quand elles prennent du temps avec leurs enfants ! Rappelez-vous que la culpabilité n’est pas toujours une conséquence de l’intransigeance d’un employeur trop exigent !

Suis-je à la bonne place ?

Interrogez votre motivation et votre ambition de départ. Jaugez ce qu’elles sont devenues au fil des années. Cela fait quelques mois que vous vous extirpez péniblement du lit chaque matin pour aller au boulot ? C’est un signe, un tantinet flagrant, de votre manque d’entrain. Vous êtes-vous posé la question qui fâche : suis-je à la bonne place ? A moins que vous n’osiez pas, la conjoncture étant au repli et le chômage se faisant de plus en plus menaçant. Formulez-la quand même. Comment savoir si on est à la bonne place ? D’après Monique Tahiri, spécialiste en santé au travail, “la bonne place, c’est celle qui met vos forces en évidence et garde vos faiblesses à l’ombre”. C’est une piste pour enclencher la réflexion…

Un changement a-t-il eu lieu au travail ?

Trois choses peuvent évoluer dans le milieu professionnel : l’environnement du travail, la nature de la tâche à accomplir, et soi-même. Illustrations : une maman ou un papa peut changer de priorités et décider de ralentir son rythme au boulot pour mieux s’occuper de ses enfants. Une ingénieure de conception, après avoir implanté un système d’information qui change totalement l’organisation de travail dans sa firme, après avoir supervisé la formation de l’ensemble des cadres à l’utilisation du nouvel SI, peut détester la routine qui s’installe et qui rend sa tâche plus administrative que créatrice. Un nouveau patron prend les rênes et instaure un nouveau mode de management basé sur la concurrence alors qu’auparavant, le fonctionnement de la boîte s’étalait plutôt à l’horizontale et la solidarité constituait une valeur cardinale de la compagnie… Ces changements peuvent amener les employés à vouloir tout balancer. Après réflexion, à froid, des candidats au changement radical se rendent compte qu’ils se sentiraient mieux en changeant de poste à l’intérieur de la même firme. D’où l’importance de comprendre la source du malaise.

 Même si on ne compte pas changer d’emploi, le seul fait de faire régulièrement le point, de réfléchir à des alternatives procure un sentiment de sécurité.

 Si je pouvais changer d’emploi, où atterrirai-je ?

Passez en revue les postes que vous avez occupés à date, les responsabilités qu’on vous a confiées, les moyens qu’on a mis à votre disposition, ce que vous en avez fait. Faites une synthèse, établissez la liste de vos compétences et voyez comment vous pouvez les transférer dans un autre emploi. Passez en revue vos intérêts personnels. L’objectif sera de trouver une façon de vous accomplir dans un autre environnement professionnel. Beaucoup de personnes ont peur d’exprimer ce qu’elles sont. Même si elles se sentent mal, elle gardent un profil bas. Elles travaillent mécaniquement, sans enthousiasme, sans entrain. Or, les médecins du travail sont unanimes : à trop essayer de se couler dans le moule, on finit par s’épuiser physiquement et/ou moralement ; le rendement finit par s’en ressentir et l’estime de soi baisse. Le bon choix de carrière est celui qui permet de travailler en respectant ses valeurs. Si on endure trop longtemps un poste ou une culture d’entreprise qui ne nous convient pas, on finit par perdre son âme même si on bénéficie d’un bon salaire. Le corps finit par mettre le holà en multipliant les malaises ou les symptômes psychosomatiques.

En ce début d’année, quelle résolution prendre ?

Comme il se doit en ce début d’année, tout le monde est appelé à formuler des résolutions. Rares sont celles qui seront tenues ? Allez, on y croit ! Une résolution qui sied bien à un bilan boulot serait de tenir une promesse : celle de vérifier régulièrement qu’on est en harmonie avec ce qu’on veut faire de sa vie professionnelle. Pour les uns, le rendez-vous peut être mensuel ; pour d’autres, semestriel. Une date entourée dans notre agenda nous rappellera de faire le point sur notre vie professionnelle. Cette discipline permet d’esquisser en filigrane un plan B. Même si on ne compte pas changer d’emploi dans l’immédiat, le seul fait de faire régulièrement le point, de réfléchir à des alternatives possibles procure un sentiment de puissance sinon  de sécurité. Alors à votre agenda ! â– 

Nos remerciements à Monique Tahiri, spécialiste en santé au travail, psychanalyste et consultante en entreprise.

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