« Sexe et amour au Maghreb », le documentaire d’Enquête exclusive qui brise les tabous (Interview)

Dimanche 27 janvier, l’émission Enquête exclusive diffuse sur M6 le documentaire « Sexe et amour au Maghreb » tourné au Maroc et en Tunisie. Pendant moins d’une heure, les tabous sont mis sur la table et les langues se délient. Interview avec la réalisatrice du documentaire et journaliste Michaëlle Gagnet.

 Quel a été le point de départ de ce documentaire ?
Je connais bien le sujet pour avoir réalisé de nombreux documentaires et reportages sur le droit des femmes au Maroc. En 2004, j’avais notamment enquêté sur la réforme de la Moudawana (code de la famille) pour la chaîne Arte. J’ai également vécu trois années en Tunisie et pu observer l’importance de ce sujet qui permet de prendre le pouls d’un pays. Si la liberté sexuelle est contrainte, cela signifie que les libertés individuelles sont entravées. Géraldine Levasseur, ma productrice (Giraf Prod) et la chaîne M6 ont bien compris l’importance de ces enjeux.

Dans cette vidéo, vous évoquez plusieurs tabous communs aux Marocain(e)s et aux Tunisien(ne)s. Mais quelles différences avez-vous noté ?
Les interdits et les tabous sont à peu près les mêmes : la sacralisation de la virginité, les relations sexuelles hors mariage pénalisées, la criminalisation de l’homosexualité… mais les lois sont plus dures au Maroc, la situation des femmes plus difficile. Les mères célibataires risquent jusqu’à une année de prison et l’avortement est interdit. Ce qui n’est pas le cas en Tunisie.

Vous titrez « Sexe et amour au Maghreb », mais vous ne parlez par de l’Algérie, pour quelle(s) raison(s) ?
Je n’ai pu me rendre en Algérie pour des raisons d’autorisation de tournage. J’espère y aller un jour car la jeunesse souhaite s’exprimer. Je leur donnerai la parole dans un livre qui sortira en avril, sur le même sujet, aux éditions de l’Archipel.

Parmi les tabous, lequel est le plus dénoncé par les Marocaines ?
Les femmes marocaines non mariées sont terrifiées à l’idée de tomber enceintes car elles sont alors face à des choix dramatiques : abandonner leur nourrisson, avorter clandestinement avec des méthodes archaïques, se suicider ou vivre avec leur enfant au banc de la société. Beaucoup mettent fin à leur vie en apprenant qu’elles sont enceintes. Le tabou sur les relations sexuelles est tel que la plupart n’osent pas aller acheter la pilule en pharmacie, certaines ne connaissent pas l’existence de contraceptifs. Elles vivent cela comme une terrible injustice, car aujourd’hui, la majorité des jeunes au Maroc et en Tunisie ont des relations sexuelles avant le mariage, mais ce sont les femmes qui en payent le prix fort.

 Au final, quelle image ont-elles de l’amour ?
Souvent, et c’est très triste, elles ont une image négative de l’amour. Comme toutes les jeunes femmes du monde, elles rêvent d’une vie heureuse avec l’homme qu’elles aiment et qu’elles ont choisi mais leurs désillusions sont souvent terribles. Le poids de la société, de la religion, de leur famille est lourd et difficile à supporter. La liberté amoureuse n’est pas encore acquise, le corps des femmes appartient à tous. Le constat est dur mais je reste très optimiste pour cette jeunesse maghrébine qui a soif de liberté. La société civile marocaine, incarnée par exemple par Meriem Othmani de l’INSAF ou Aïcha Chenna de l’Association Solidarité féminine, est également très dynamique, espérons qu’elle réussisse, un jour à lever ces interdits.

 

Crédit photos et vidéo : Emission « Enquête Exclusive », Groupe M6

 

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