“Rue du pardon” de Mahi Binebine présenté à Casablanca

Sortie en mai de l’année dernière, “Rue du pardon”, le dernier roman de Mahi Binebine raconte l’histoire d’une chikha célèbre, mais aussi de crimes tus à l’égard de l’enfance. Le roman a été présente à Casablanca dans le cadre du Salon international de l’Édition et du Livre.

Hymne à la féminité, «Rue du Pardon» nous plonge dans la vieille médina de Marrakech où grandit la narratrice de ce roman, Hayat . Le quartier est pauvre, seule la méchanceté prospère. Ainsi, Hayat qui est née blonde suscite les ricanements de tous et fiche la honte à sa mère. Une jungle sordide l’entoure, avec un père au visage satanique et des voisines qui persiflent comme des serpents.

Tant de difficultés auraient dû avoir la peau de cette enfant, mais on ne peut pas détruire « la vie ». Comme un oiseau qui sort de sa cage, Hayat s’échappe, et ressuscite grâce à Mamyta, la plus grande danseuse orientale du Royaume. Mamyta est une sorte de geisha – chanteuse, danseuse, entraîneuse, amante. Une femme libre dans un pays fondé sur l’interdit. Elle est de toutes les fêtes, mariages, circoncisions… mais elle danse aussi dans les cabarets populaires fréquentés par les hommes. Dénigrée et admirée à la fois, ses chants sont un mélange de grivois et de sacré. Avec ses danses toute mélancolie disparaît. Hayat découvre comment on fait tourner la tête aux hommes, comment la grâce se venge de l’hostilité, comment on se forge un destin.
En lisant Mahi Binebine, on croit voir ces femmes danser sous nos yeux. Cette histoire est un accomplissement, ce récit un enchantement.

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