Ramadan autour du monde

D’un bout à l’autre de la planète, le ramadan se décline de mille et une façons. Petit voyage autour du globe à la découverte de traditions et de pratiques.

Bosnie Herzégovine

Pendant la journée
La ville de Sarajevo est totalement éclairée avec des guirlandes dans les rues, des illuminations sur les minarets, rappelant que le mois sacré est symbole de lumière et de joie.
La rupture du jeûne
Chaque soir, le coup de canon jaillit depuis les hauteurs de Zuta Tabija (Jekovac), annonçant la fin de la journée de jeûne et illuminant la ville de Sarajevo. La mélodie des muezzins appelant à la prière s’élève alors dans le ciel.
Pour la rupture du jeûne, les plats servis se rapprochent beaucoup de ceux de la cuisine turque : viande grillée, tarte aux épinards, ragoût, salade de choux, baklava. Incontouranble sur la table : le somum, sorte de gâteau brioché et la topa, une crème à base de fromage, de beurre et d’œufs.
La vie nocturne
À Sarajevo, ramadan n’est pas seulement un événement religieux, mais aussi un événement social, et les rues sont particulièrement animées. La socialisation après la rupture du jeûne peut durer des heures et la ville est vivante jusqu’à l’heure du shour. Les mosquées accueillent aussi des fidèles pour prier et lire le Coran jusqu’à l’aube.

Comores

Pendant la journée
Les Comoriens font le choix de porter des vêtements traditionnels durant ce mois. Le boubou, longue tunique de coton brodée au col, est portée par les femmes pour cacher leurs formes, en signe de renoncement à toute coquetterie. Les “bangwé” (places publiques) sont au cœur de la vie sociale. Les gens s’y retrouvent avant la rupture du jeûne. À l’appel de la prière, ils se dirigent vers les mosquées où on leur offre des dattes et du café.
La rupture du jeûne
Le ftour ou foutari est un véritable festin. Au menu, jus de palme fermenté, bananes vertes farcies à la pistache, maniocs grillés et patates douces, frits, bouillis, galettes au lait de coco, bouillie de riz, poulets grillés, omelette, poisson, brochettes de viande et fruits à volonté.
La vie nocturne
La première nuit du ramadan, les comoriens affluent vers les plages en portant des flambeaux et en chantant des chants sacrés accompagnés de tambours pour célébrer le début du mois béni. La soirée se poursuit jusqu’au moment du shour, et le début du premier jour de jeûne. Tout au long de ramadan, et après avoir fait bombance et accompli les prières du soir, les hommes se retrouvent dehors pour pratiquer le mrengué (sorte de lutte traditionnelle). Les femmes peuvent à l’occasion aller pêcher ou ramasser des coquillages. Veillées tardives, et réveil pour le shour pour tous.

Turquie
Pendant la journée
La plupart des Turcs observent le jeûne même s’il n’y a pas d’obligation légale en la matière, et ceux qui ne jeûnent pas, s’abstiennent de le faire en public par égard pour les autres. La vie se déroule normalement, sans aucun changement dans les horaires du travail ou des études. Il n’y a aucune recommandation d’ordre vestimentaire ou esthétique.
La rupture du jeûne
Parmi les incontournables de la table du ftour, on trouve les dattes et les olives, mais aussi le pide (pain rond et plat) et la chorba. Le dîner se compose de salades variés, de riz, de boulgour (blé concassé), de kebab et du güllaç, un dessert sucré à base de lait, pauvre en sucre et décoré de pistaches, grenades et fruits de saison. Tout au long de ce mois de partage et de convivialité, les turcs invitent famille, amis et voisins à partager ce moment de rupture du jeûne.
Des tentes de ramadan sont par ailleurs dressées dans les points stratégiques et proposent des repas gratuits pour tous, confortant ce sentiment de partage et d’appartenance.
La vie nocturne
Après le dîner et le teravi (prières des taraweh) effectuées dans les mosquées, les familles sortent profiter des nombreuses animations et autres spectacles de rue. La gratuité de certains moyens de transport rend d’ailleurs les déplacements plus faciles.
Pour le réveil du shour, une tradition continue à exister dans certaines régions, ce sont les “Ramazan Davulcusu” qui frappent le “davul”(tambour) en sillonnant les quartiers pour réveiller les jeûneurs.

Émirats arabes unis

Pendant la journée
Les horaires de travail sont aménagés et réduits de deux heures. Il est interdit de manger, de boire ou de fumer en public même pour les non musulmans. La retenue vestimentaire est recommandée. L’activité est au ralenti, les rues désertes, et c’est compréhensible lorsqu’on sait qu’il fait plus de 40° à l’ombre.
La rupture du jeûne
Le jeûne est généralement rompu avec une datte et un verre d’eau, suivi par la haris (purée de viande cuite avec du blé et de la cardamone). Les plats traditionnels servis pour l’occasion sont un mélange de plats iraniens, indiens, libanais, turcs, chinois… Le ftour est un moment convivial partagé en famille ou avec les amis.
Vie nocturne
À la tombée de la nuit, Dubaï prend vie (peut-être même plus que d’habitude). Les centres commerciaux, restaurants, parcs d’attraction et boutiques restent ouverts plus tard et les gens se déplacent jusqu’aux premières heures. Côté spiritualité, les prières prennent plus de temps qu’ailleurs et sont suivies de discussions religieuses à la mosquée ou de longs moments de méditation.

Malaisie

Ppendant la journée
Les Malaisiennes cuisinent très peu pendant le ramadan, et s’approvisionnent auprès des vendeurs de plats à emporter. Ces marchés provisoires permettent aux familles d’acheter tout ce dont elles ont besoin pour le repas du soir.
La rupture du jeûne
En Malaisie, on rompt le jeûne avec une datte, et une soupe. Le plus souvent, il s’agit d’un Laksa de poulet : soupe à base de nouilles de riz, poulet, tofu, et crème de coco. Parmi les mets qui reviennent le plus souvent :  bubur lambok (soupe épicée préparée avec du riz, de la viande et des légumes), les keir keria (beignets à la patate douce), le nasi lemak (riz cuit dans du lait de coco et agrémenté de gingembre, citronnelle et anchois), l’Acar, un pickle de légumes malaisien, le poulet au satay (sauce au coco et à l’arachide), les fritures et les petits pains farcis. En dessert, une glace pilée à base de lait de coco adouci par du sirop de sucre brun. Son ingrédient principal est le cendol, ou sorte de nouilles faites de bandes de farine de fèves vertes ou de haricots verts.

La vie nocturne
Destination touristique par excellence, la Malaisie offre une panoplie de distraction. Côté spiritualité, les mosquées ne désemplissent pas dès la prière de l’ichae. Après la prière des Tarawih, certains restent dans la mosquée pour lire et prier davantage, d’autres se dirigent vers la sortie pour rejoindre les leurs, faire une pause au parc ou dîner à l’extérieur.
Le “moreh”, une sorte de soupe populaire est distribuée au sein de la mosquée.

Sénégal

Pendant la journée
Les heures de travail sont réduites et les horaires des cours sont revues. La vie est au ralenti pendant la journée, et s’anime au fur et à mesure que la journée avance. Parmi les traditions qui persistent pendant le ramadan, il y a le sukerou kor, une tradition onéreuse qui consiste pour la femme à offrir des cadeaux à sa belle-famille.
La rupture du jeûne
La rupture du jeûne, le ngodou, en wolof, se fait avec des dattes, du lait chaud avec du café accompagné de pain au beurre. On mange également des omelettes et de la charcuterie. En plat de résistance, le riz est roi. Il est accompagné de poisson, comme le thiep bou dien, à base de sauce oignon, comme le yassa, ou saucé à la pâte d’arachide comme le mafé.
Vie nocturne
Les mosquées sont bondées et les prières nocturnes “nafilas” se poursuivent jusque tard dans la nuit. Causeries et conférences religieuses y sont également organisées.

L’initiative vient en réponse au nombre croissant d’incidents dans le système de transport public du Pakistan impliquant le harcèlement et
Latifa Chérif, présidente de l’association Le ruban rose dresse pour nous, à l’occasion de La journée mondiale de lutte contre
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