Mon enfant n’a pas confiance en lui

"Je n'ose pas", "je n'y arriverai jamais", "je suis bon à rien"... Des phrases prononcées par des enfants qui souffrent du même andicap : le manque de confiance en soi. Mais il n'est jamais trop tôt pour les aider à redorer l'image qu'ils se font d'eux-mêmes.

Reda, 11 ans, nage bien, fait du vélo, mais dès qu’il s’agit de jouer au volley ou au foot sur la plage avec ses cousins ou des amis, rien ne va plus. Et pourtant, il se débrouille plutôt bien quand il est question de jouer au ballon. Sa mère, en l’observant seul, à l’écart, regardant les autres jouer, a le coeur serré. Elle se demande pour la énième fois si son enfant ne manque pas de confiance en lui, et s’il ne se trouve pas dévalorisé à ses propres yeux. Il en est de même dans la cour de récréation. Sa maman compte  beaucoup sur les vacances d’été en famille élargie, sur la présence d’une ribambelle de cousins proches et lointains, pour amener son pré-ado à se mêler plus aux autres. Les parents  de la petite Nezha, 8 ans, font un constat analogue. Elle non plus n’aime pas  jouer avec ses pairs. Elle les trouve plus forts, plus débrouillards qu’elle. Lamia, 13 ans, aimerait bien apprendre à jouer de la  guitare comme son amie Lina, mais elle se persuade que ce sera comme pour les maths : trop dur pour elle !

Lamia est convaincue qu’elle n’a pas l’intelligence et l’aisance de Lina, beaucoup plus talentueuse qu’elle, pour à peu près tout.Le plus souvent, le manque de confiance se manifeste dans des situations précises, même si par ailleurs l’enfant se sent   bien dans sa peau. Et cela peut arriver à tous. En effet, pour être doté d’une confiance en soi toujours au zénith, il faudrait avoir  bénéficié d’une totale sécurité psychoaffective dans la petite enfance. C’est-àdire d’une mère idéale, suffisamment bonne pour  ne pas commettre d’écart, en faire trop ou trop peu. Une totale sécurité affective est le fait de parents ni trop protecteurs, ni  chaotiques, répondant spontanément aux besoins de leur bébé, lui assurant une confiance en lui illimitée. Il faudrait ensuite avoir évolué dans un espace relationnel sans nuages… Autant de conditions qui  ne sont quasiment jamais toutes réunies.La   normalité, c’est donc le manque, rappellent les psychopédagogues avertis. Ensuite, tout est question de dosage. Certains sont mieux armés que d’autres pour surmonter leur problème. Nada, 9 ans, repère fort bien sa difficulté à prendre la parole au sein  d’un  groupe, mais elle se force à y arriver quand même. Tandis que Zakaria, 8 ans, n’arrive pas à poser des questions aux    animateurs du centre de loisirs d’été dans lequel sa mère a tenu à l’inscrire. “Je n’ose pas demander”, explique-t-il à sa  maman, quand cette dernière insiste pour savoir pourquoi il n’a pas participé à l’atelier peinture alors qu’il aime bien dessiner et qu’elle a acheté une trousse neuve avec tout l’équipement nécessaire pour cette activité. “Je n’ose pas demander, ça me fait  trembler.” Que faire pour aider son enfant à redorer l’image qu’il a de lui-même ? Tout d’abord, lui permettre de parler de sa difficulté. Un problème non verbalisé risque de s’aggraver et de se propager dans d’autres domaines. Si votre enfant se sent mal à l’aise lors d’un match de foot sur la plage, s’il appréhende l’idée  de retrouver ses camarades de classe ou d’affronter, à
la rentrée, une dictée ou une interro de maths, il faut l’inviter à exprimer ce qu’il ressent dans ces situationslà. “Parfois, la mise en place d’une qualité nouvelle de la relation parents-enfants suffit à faire émerger l’estime de soi qui faisait jusqu’alors défaut à l’enfant”, constate Chantal Emran, psychologue. Il suffit, bien souvent, que le jeune parle de la difficulté qui l’handicapait, dans un secteur particulier, pour qu’elle disparaisse. Raconter à son enfant sa façon d’adulte, de parent, de surmonterles  obstacles et de regonfler son image peut être une bonne façon d’amorcer l’échange autour de cette questiondélicate. Ainsi,  l’enfant saisira que ses parents ne sont pas des dieux, des êtres tout puissants, et qu’ils ont eux aussi leurs limites. Il faut éviter la dramatisation et ne pas hésiter à montrer à son enfant qu’on sait apprécier à leur juste valeur ses points forts. Votre  collégien n’est probablement pas à l’aise en maths, mais il se débrouille bien en rédaction ; ou alors, il sait réciter de manière agréable les poèmes… A chacun sa personnalité. Tout enfant doit être reconnu quelque part, doit pouvoir se penser comme réussissant, avec ses qualités et ses compétences malgré ses failles. Il faut, bien évidemment, invoquer les faiblesses, ne pas les passer sous silence, en se gardant toujours de coller une étiquette au jeune. “Tu n’as aucune confiance en toi !”, “tu es  moins doué que ton frère”, “tu es un bon à rien”, “tu n’arriveras jamais à rien”, sont des paroles dangereuses si elles ne sont  pas suivies d’excuses. Car l’effet peut être pervers, rappelle Chantal Emran. Ainsi, un enfant qui a des lacunes en maths,  catalogué comme tel, risque de camper sur sa difficulté si on lui rappelle inlassablement sa nullité. Inconsciemment, il pense que c’est en sa qualité de “nul en maths” qu’il existe pour ses parents, qu’il est aimé d’eux. Changer, pour lui, c’est prendre le risque de ne plus être aimé. La peur de perdre l’amour des parents est chevillé au coeur de tous les enfants. C’est cette même peur qui, à l’inverse, conduit certains enfants à se surpasser, à travailler comme des damnés parce que leurs parents, trop exigeants, ont placé la barre très haut… trop haut. Après avoir piloté sa scolarité en championne toutes catégories, Amal, 12 ans, se met soudain à perdre pied. “Je n’ai plus confiance en moi, ni en maths, ni en français,ni en histoire-géo”, confie-t-elle.  “Je ne comprends plus bien comme avant. Je n’y arrive plus.” La pré-ado a d’elle-même une image de plus en plus sombre.
Au collège, ses profs la trouvent un peu triste. Sa mère la voyait parfaite, elle voulait que sa fille fasse aboutir ses propres rêves perdus. Et la petite s’est essoufflée. Il est urgent que sa maman la rassure, en lui affirmant qu’elle reste aimée, même sans briller en classe. “Un enfant doit comprendre que lorsqu’il réussit, il fait plaisir à ses parents ; mais quand iléchoue, il doit savoir que cet échec ne remet pas en question l’amour qui lui est porté”, insiste Chantal Emran. Bien sûr, on veut que l’enfant sache  lire, écrire, qu’il soit armé pour évoluer dans la vie, mais il faut tenir compte de ses capacités, de sa personnalité, lui laisser le  temps de surmonter un handicap ; et surtout, lui donner le droit à l’échec. Quel que soit son âge, il est indispensable d’accepter  les ratages. Les parents qui n’acceptent pas leurs propres défaillances sont souvent très exigeants, impatients. Il faut pourtant procéder par essais, et essuyer des échecs avant de réussir une entreprise ! La maman de Hicham l’a inscrit à un cours de  soutien en français pendant les vacances d’été : “On a beaucoup travaillé la dictée en fin d’année scolaire pour améliorer ses  notes, mais il ne sait toujours pas accorder ses verbes”, explique-t-elle. “Pourtant, plusieurs soirs par semaine, je lui faisais faire une dictée. Et on commentait ses fautes. Hicham est très étourdi et j’ai l’impression qu’il prend de plus en plus les choses à  la légère, bien qu’il m’assure le contraire”. Invitée à réagir à ce témoignage, Chantal Emran commente : “Il y a toujours  souffrance chez l’enfant qui doute de lui. Si, de surcroît, la situation d’échec se reproduit chaque soir à la maison, en présence de la maman, un cercle vicieux risque de s’installer. Il convient donc de modifier la démarche pour casser la répétition qui  génère l’échec. En l’occurrence, peut-être fautil appréhender la grammaire sous forme de jeu, inventer des situations nouvelles  qui seront plus excitantes. Il en va de même de tous les apprentissages et de toutes les manifestations du manque de  confiance. D’une façon générale, quand une situation n’évolue pas, en forçant, on arrive à une impasse. Il faut parfois savoir  lâcher l’activité pendant un temps, laisser l’enfant faire autre chose. Les situations créant le malaise sont alors tenues à l’écart. Beaucoup de jeunes réussissent là où auparavant ils échouaient dès qu’une autre méthode, une nouvelle façon de faire, leur est  proposée.”

Perte de confiance en soi à l’adolescence

â–  L’adolescence est une période délicate. L’enfant doit tout apprendre pour devenir adulte. Il doit mener de front la gestion de la  dimension sexuelle qui prend des proportions énormes à cet âge ; décider de son orientation scolaire ; préparer son avenir professionnel… Beaucoup (trop) de défis à relever ! Devant l’immensité de la tâche, un adolescent est souvent saisi, tout d’un coup, de doutes sur ses compétences, sur ses capacités. Il a besoin de tout le soutien de ses parents pour ne pas sombrer dans le découragement et commencer à accuser un sérieux déficit, volet capital confiance en soi. Les parents doivent veiller à ne pas  faire peser sur leur enfant des ambitions démesurées. A cet âge, les jeunes communiquent peu. Aux parents de rester vigilants, d’accorder une confiance totale à leur ado ; confiance qui l’amènera à manifester ses goûts, à parler de ses choix, à retrouver,
justement, une confiance facilement ébranlée à cet âge.

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