Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres

Bio express Titulaire d'un doctorat en sociologie à l'université de Manchester, Rahma Bourqia est la première femme marocaine à avoir été nommée présidente d'une université au Maroc. Elle est également la première à avoir été nommée à l'Académie du royaume du Maroc. Membre de plusieurs organisations internationales, elle est l'auteur de plusieurs travaux sur la culture, la femme, les jeunes, l'éducation, l'université, la mondialisation... "Culture politique au Maroc - A l'épreuve des mutations" est son dernier ouvrage.

FDM : On vous voit bien comme ministre de l’Enseignement supérieur. Qu’en pensez-vous ?

Rahma Bourqia : Ce serait prétentieux de ma part de dire que je me vois à ce poste, et à vrai dire, je ne peux m’envisager que dans ce que je fais actuellement, à savoir former, réfléchir à notre société et à notre système éducatif. Il est vrai que j’ai évolué dans l’enseignement et que j’ai suivi l’évolution de notre université que je connais, tant par la réflexion que par l’action ; mais être ministre n’est pas une fin en soi. J’estime qu’on peut se réaliser et servir son pays, peu importe le poste que l’on occupe.

Quels sont les points faibles de ce ministère ?

Je dirais que le point faible de l’histoire de notre système éducatif réside dans la faible capitalisation des acquis, d’où une discontinuité et des déperditions. Il faudrait veiller à préserver la mémoire de nos institutions.

Admettons que vous soyez ministre, quelles seraient les mesures que vous prendriez ?

Vous revenez à la supposition ! De manière schématique, les grandes lignes seraient d’oeuvrer au niveau structurant et qualitatif du système, à savoir reconfigurer les missions du ministère pour passer de la centralisation à la régionalisation à travers l’autonomie des universités et les mesures d’accompagnement juridique, social et financier ; mettre en place une politique nationale des ressources humaines ; concevoir une vraie politique de la recherche scientifique ; mettre en place une agence d’évaluation pour apprécier le degré de qualité institutionnelle et pédagogique de l’enseignement supérieur. Ce sont de grands chantiers qui nécessitent une orientation, un pilotage, une planification stratégique, des plans d’action, des mesures et une grande mobilisation.

En quoi ce ministère est-il important ?

Ce ministère est responsable de la formation de l’élite, laquelle va initier les changements au sein de notre pays ; de la production du capital en matière grise de la nation ; et du développement de la recherche scientifique et de l’innovation.

Une femme à ce poste, cela changerait-il quelque chose ?

Je ne pense pas que le fait d’être un homme ou une femme y change quoi que ce soit. Ce qui fait la différence, c’est la perception que l’on a du poste, la vision que l’on a de l’enseignement supérieur dans l’avenir, l’engagement qu’on y met, une compétence crédible et reconnue, la connaissance du système national et des systèmes mondiaux, et le pilotage vers une université normative répondant aux standards internationaux, dans une mondialisation où la compétition des systèmes universitaires est rude.

Pourquoi n’avez-vous jamais adhéré à un parti politique ?

Quand j’étais étudiante, j’étais à l’UNEM, comme beaucoup de jeunes étudiants à l’époque. Très tôt, je me suis dit que mon engagement s’exprimerait dans mon travail car à mon sens, le travail est une valeur. Par la suite, cette conviction a été confirmée par la vision que je me suis forgée de la politique. Je pense qu’il y en a deux sortes : celle des professionnels qui appartiennent à des partis, et celle de ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour faire évoluer les choses à leur niveau, motivés par une citoyenneté active. Toutefois, cela ne veut nullement dire que je n’ai pas d’idées et de valeurs politiques. â–  Z.I.L.

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