Les femmes scientifiques encore marginalisées

A l’occasion du Festival Pour les Femmes et la Science organisé par la Fondation l’Oréal et l’Unesco, d’éminentes chercheuses ont participé à des conférences et des débats pour évoquer notamment les difficultés rencontrées encore aujourd’hui par les femmes scientifiques.

« Il est temps que la voix des femmes scientifiques soit entendue et reconnue », comme le soulignent, dans un communiqué, La Fondation l’Oréal et l’Unesco qui ont tenu le 7 décembre, le Festival Pour les Femmes et la Science. 40 intervenants venus du monde entier ont participé à cet événement inédit ponctué de conférences, d’interviews et de tables rondes, représentant au total 40 contenus exclusifs et 12 heures de vidéos inspirantes. Le Festival For Women in Science a notamment été l’occasion de s’interroger sur deux questions centrales, auxquelles la crise du Covid-19 a donné une brûlante actualité : 

  • Faire progresser la santé mondiale, à savoir quel rôle les femmes scientifiques joueront-elles dans la définition de nouveaux agendas de recherche médicale et dans la conception de nouveaux systèmes de santé, capables de résister à des chocs majeurs, tout en donnant accès à des soins pour tous ?
  • Décoder la révolution numérique, qui s’est accélérée durant la crise, avec d’importantes conséquences sur tous les domaines de la vie quotidienne. Dans ce contexte, comment faire en sorte que les chercheuses en sciences, ingénierie et technologie contribuent pleinement à la nouvelle sci-tech (de l’intelligence artificielle à la robotique, en passant par la science des matériaux et le stockage de l’énergie) – et comment s’assurer que ces avancées soient profitables à tous, sans préjugé ni discrimination ?

Si des progrès peuvent être constatés, aujourd’hui seulement 33 % des chercheurs dans le monde sont des femmes, selon le dernier rapport de l’UNESCO sur la science. Cette évolution est encore trop lente : des barrières importantes persistent et le plafond de verre reste une réalité dans la recherche. L’accès des femmes aux plus hauts niveaux de responsabilité et de reconnaissance est encore rare. Quelques exemples : 

  • Entre 2013 et 2016, seuls 2,4 % des brevets en Europe ont été déposés par des femmes uniquement.
  • En 2019, les femmes ne représentaient encore que 19 % des inventeurs.
  • Dans l’intelligence artificielle (IA), l’un des domaines de la recherche les plus en pointe, les femmes ne représentent que 22 % des professionnels.
  • Aucune femme parmi les lauréats des prix Nobel scientifiques 2021. Depuis la création de ces Prix en 1901, les femmes représentent moins de 4 % des Nobel scientifiques. 

Cette situation est le résultat d’obstacles systémiques, de préjugés inconscients, d’autocensure mais aussi de sexisme et de discrimination à toutes les étapes de la carrière des femmes scientifiques. 

On estime que la réduction des écarts entre les sexes dans l’enseignement des STEM entraînerait une augmentation du PIB par habitant de l’UE de 2,2 à 3 % d’ici à 2050. Le secteur de l’IA se développe rapidement : entre 2015 et 2017, le nombre de travailleurs dans le monde ayant des compétences en IA a augmenté de 190 %. Dernier exemple, mais non des moindres : les équipes de recherche mixtes sont plus susceptibles de mettre sur le marché des innovations radicales en deux ans, et un grand nombre d’entreprises dirigées par des femmes affichent des résultats trois fois supérieurs à ceux des entreprises dirigées par des hommes.

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