Le harcèlement de rue a la vie dure

Au Maroc, le harcèlement de rue est une réalité que subissent toutes les femmes, marocaines ou pas. Drague ou délit ? La limite est floue. Analyse et témoignages.

Noël Linguist, photographe américaine, est ravie d’être installée à Tanger. Seul bémol pour elle et pas des moindres : le fléau du harcèlement de rue qui sévit au Maroc. Sur le site Morocco World News, elle livre un témoignage amer. Sifflements, regards insistants, c’est tout nouveau pour elle. « C’est un problème culturellement accepté, comme quelque chose qui a toujours existé et qui existera toujours », raconte l’artiste. Un problème culturel et non religieux qui est difficile à enrayer car il existe toujours un flou juridique autour de ce sujet. Plus structurellement, la frustration sexuelle et le manque d’éducation de ceux qui le pratiquent en est un réel moteur. Ignorer les commentaires, s’habiller de façon discrète ou encore de menacer d’aller voir la police sont autant de manières pour les femmes de se protéger. « On m’avait prévenue mais je n’ai pas laissé ces arguments m’empêcher de m’installer au Maroc », explique Noël Linguist. Et les expatriées ne sont pas les seules à subir ces incivilités.

«  Je fais semblant d’être en colère »

Abla, étudiante en architecture à Barcelone, revient tous les ans à Casablanca. Et ce n’est pas une sinécure. Elle s’avoue dépassée par la situation. « Il n’y a rien à faire. Peu importe les efforts que tu déploies pour éviter de te faire harceler, ça ne sert à rien », avoue la jeune femme. Pour elle, c’est le résultat d’une frustration et du manque d’éducation. Les quartiers populaires, elle évite. Même combat pour Ikram, 24 ans, pour qui le mot d’ordre est simplement d’ignorer et de « tracer sa route ». Elle veille à ce que son pull soit assez long pour masquer le plus possible ses attributs féminins. Nadia, quant à elle, a des astuces plus élaborées. C’est un véritable jeu de théâtre pour la jeune femme.

« Je fais semblant d’être en colère ou d’avoir une discussion au téléphone. » Quand quelqu’un ne lui inspire pas confiance, elle change de trajectoire. Mais cette situation est usante. Elle finit par se laisser faire en attendant que le prédateur se lasse. Comme elle.

Drague ou harcèlement ?

Jamil est exaspéré. « Je ne sais pas s’ils se rendent compte qu’ils sont lourds », s’exclame ce jeune Rbati. Même s’il reconnaît avoir sifflé quelquefois les passantes ou les avoir interpellées, il ne pense pas réellement avoir pratiqué du harcèlement. Et pour cause, la définition du harcèlement est très floue. Avec une frontière poreuse entre la drague bon enfant et un délit, les esprits ont de quoi être confus. Pour délimiter les deux attitudes, les femmes en appellent au consentement. Pour ainsi dire, à partir du moment où la victime exprime sa désapprobation, c’est non. Voilà qui est dit.

Un pas en faveur des femmes

Le 7 juin dernier, deux hommes ont été interpellés pour harcèlement sexuel, injures et agression à Inezgane, lors de la tristement célèbre affaire des jupes. La loi a été appliquée. Un pas en faveur de la gent féminine. Toutefois, les vêtements des jeunes filles – des jupes – ont été présentés comme la cause du problème. Un problème que pointe du doigt l’ancienne ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, Nouzha Skalli. Le 13 juillet, le verdict a été rendu : « La décision des magistrats confirme qu’une tenue vestimentaire ne saurait être à l’origine de la condamnation. »

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