La parité : un pas en avant, deux pas en arrièr

Aujourd'hui, le moral des féministes marocaines est en berne car, à la veille des élections législatives, on déchante du côté des femmes... Les chiffres parlent d'eux-mêmes et nous révèlent la dure réalité. La parité mesdames ? Ce n'est pas pour aujourd'hui...

Ce qu’on nous a promis…

Avec la nouvelle constitution, l’espoir de voir l’égalité des sexes et la parité être appliquées se concrétisait enfin. On chantait les louanges de l’article 19, qui annonce que “l’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental (…). Il est créé, à cet effet, une autorité pour la parité et la lutte contre toute forme de discrimination”. On se disait qu’enfin, nos revendications étaient prises en compte, que toutes ces années de lutte pour le respect des droits des femmes payaient enfin. Mieux que la réforme de la Moudawana, nous avions obtenu la réforme de la constitution, la loi suprême.

Ce qui a été décidé…

Puis, le 14 novembre 2011, une nouvelle loi organique relative à l’organisation de la Chambre des représentants est votée, dans le but d’assurer une meilleure représentativité des femmes dans la première chambre du Parlement. D’après cette loi, la 27-11, la Chambre des représentants se compose de 395 membres répartis en deux catégories : 305 d’entre eux sont élus au niveau de circonscriptions locales, et les 90 autres le sont dans les circonscriptions nationales. Où est l’avancée pour les femmes, vous demandez-vous ? Et bien elle réside dans le fait que le législateur a doublé, grâce à cette loi, le nombre de femmes élues au sein de la Chambre des représentants en nous accordant 60 sièges au lieu des 30 qui nous étaient jusqu’alors impartis. Les féministes s’insurgent car elles espéraient obtenir au moins le tiers des sièges, soit au moins 131. Que dire de l’article 30, qui annonçait que “la loi prévoit des dispositions de nature à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux fonctions électives” ? Reste qu’au final si l’on tente de rester positive, on y gagne tout de même une meilleure représentativité des femmes au sein de la première chambre qui augure d’une participation politique des femmes beaucoup plus importante et annonce une nouvelle ère pour le Maroc.

Laissons parler les chiffres…

Mais voilà, les élections législatives anticipées, ou plutôt précipitées, ont eu lieu et en découvrant la place accordée aux femmes au sein des partis politiques, de leurs programmes et des listes  électorales, les militantes voient rouge. Le bilan est lourd et les attentes pas du tout à la hauteur de leurs espérances. On accuse les partis politiques de ne pas respecter le principe de parité, on dénonce leurs programmes qui ne tiennent pas compte des revendications des féministes, on se moque du fait que certains ne sont même pas au courant des acquis en matière de droits des femmes et font table rase de tout ce qui a déjà été fait par méconnaissance totale de ce sujet…

Petit tour du côté des chiffres et des statistiques qui parlent d’eux-mêmes et valent tous les discours :

â–  Au niveau national (circonscriptions locales et nationales confondues) : 7.102 candidats se sont présentés sur l’ensemble du territoire. 5.478 sont des hommes soit 77.13 %, et 1.624 sont des femmes, soit 22,87 %.

â–  Au niveau des circonscriptions locales : 31 partis politiques ont participé aux élections législatives, totalisant 5.392 candidats, dont 484 femmes soit 9 % de représentation.

â–  Au niveau des circonscriptions nationales : 19 listes ont été présentées pour un total de 1.710 candidats, dont 1.140 candidates et 570 candidats jeunes.

â–  Têtes de liste au niveau national : 94.76 % des têtes de liste sont des hommes, soit 1.501 candidats et 83 sont des femmes, soit 5.24 %.

â–  38.7 % des partis politiques n’ont pas présenté de listes nationales spécifiques aux femmes.

â–  La direction de 64 circonscriptions a été confiée à des femmes, soit à hauteur de 4.13 %. â– 

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