Kenza El Menyar, psychomotricienne : “La méthode Padovan s’attaque à plusieurs difficultés et pathologies” (Interview)

Créée par Beatriz Padovan au Brésil dans les années 1970, la méthode Padovan vise à reproduire les étapes du développement afin de refonder les bases de l’organisation neurologique chez l'enfant. Kenza El Menyar, psychomotricienne thérapeute Padovan nous en dit plus sur cette thérapie.

En tant que psychomotricienne, quels sont les principaux motifs de consultation des parents ?

En effet je suis psychomotricienne, mais je reçois dans mon cabinet en tant que thérapeute Padovan de réorganisation neuro fonctionnelle. Il y a plusieurs motifs de consultations, je reçois un peu de tout, à commencer par les enfants atteints de dysgraphie c’est à dire que leur écriture est illisible ou pas adaptée à leur âge, ou alors les enfants atteints de dyspraxie, ceux qui ont du mal avec les gestes du quotidien. Les enfants atteints de troubles de l’apprentissage, ou qui ont une mauvaise visualisation de l’espace qui se traduit en ayant des difficultés en géométrie par exemple, ou encore les enfants atteints de dyslexie. Je reçois aussi les enfants atteints d’une maladie neurologique, ou encore des enfants porteurs de la trisomie 21 et les enfants atteints d’autisme. Je traite aussi des enfants ayant un retard de développement global ou encore un retard de langage mais aussi les troubles de l’oralité. La méthode Padovan s’attaque à plusieurs difficultés et pathologies.

 Quelles aides apportez-vous à l’enfant pour aller mieux ?
En tant que thérapeute Padovan, je fais en sorte de venir à bout des difficultés de l’enfant et des parents, car il faut savoir que les parents souffrent bien plus quand leur enfant est en difficulté. Je fais en sorte de rétablir ce qui ne va pas chez mon patient en travaillant sur son système nerveux central.

Vous vous êtes spécialisée dans la méthode Padovan. De quoi s’agit il au juste ? Et peut-on rééduquer véritablement le système nerveux ?
La méthode Padovan a pour but de réorganiser le système nerveux en passant par toutes les étapes du développent de l’enfant que ce soit au niveau du corps ou de la bouche. Elle s’utilise afin de récupérer les fonctions perdues, les fonctions jamais acquises ou alors même pour préparer l’organisme à pouvoir acquérir des fonctions et des capacités pour lesquelles il avait du potentiel et qui, soit par manque de stimulation ou autre motif, elles n’ont pas eu l’opportunité de se manifester. Nous pouvons en effet réorganiser le système nerveux central, nous pouvons aussi établir de nouvelles connexions neuronales car notre système nerveux est doté d’une plasticité neuronale qui nous permets de le travailler, il n’est pas figé contrairement à ce qu’on peut penser.

Que conseillez-vous aux parents pour détecter rapidement les problèmes dont souffrent leur enfant et lui apporter l’aide adéquate ?
Il faut faire attention au développement de son enfant, dès les premiers mois et se fier à son instinct de mère ou de père. Je reçois souvent des parents qui viennent en consultation un peu tardivement sous prétexte que la famille leur disait que ce n’est pas bien grave s’il a tel ou tel comportement ou s’il ne parle pas encore ou si à 2 ans la marche n’est pas encore installée, que c’est héréditaire, etc. Alors que pas du tout, bien souvent il s’agit d’un retard de développement ou d’un trouble de comportement qui aurait pu être soigné plus rapidement à un âge précoce.

Depuis que vous exercez, quels ont été les cas les plus difficiles que vous avez réussi à aider pour dépasser leur handicap ?
J’ai réussi à améliorer la qualité de vie de plusieurs familles.  Néanmoins la participation des parents est primordiale, et celle-ci se traduit par de la patience. Nous arrivons à de très bons résultats au fur et à mesure des séances, mais pour arriver à une évolution sans équivoque, il faudrait suivre la thérapie du début à la fin.
Il m’est arrivé de commencer une prise en charge, puis de nous arrêter au bout milieu, certes l’enfant a quand même évolué mais malheureusement cette évolution ne dure pas dans le temps et donc l’enfant régresse et nous nous voyons dans l’obligation de reprendre à zéro . Pour les patients qui vont jusqu’au bout, nous parvenons à d’excellent résultat. Je pense spécialement aux enfants qui étaient non verbaux et qui, à la fin de la prise en charge arriver à entrer en communication verbale et prononcent pour la première fois maman et papa. Cela est pour moi l’une de mes plus grandes joies.

7 joueuses marocaines prennent part cette année à la 26ème édition de la Coupe Lalla Meryem qui se déroulera du
L’enfant de cinq ans était mort en février 2022 après être tombé au fond d’un puits au nord du pays.
31AA4644-E4CE-417B-B52E-B3424D3D8DF4