Interview : Ismael Kanater

Femme écrite" est le deuxième long-métrage de Lahcen Zinoun, chorégraphe, danseur et réalisateur qu'on ne présente plus... Pour FDM, lui, Fatym Layachi et Ismael Kanater reviennent sur cette expérience unique.

FDM : Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer le rôle de Naïm K. ?

Ismael Kanater : D’une part, je voulais simplement travailler avec Lahcen Zinoun, cet artiste magnifique que je connais depuis les années 70 ; et d’autre part, j’ai adoré le scénario et le rôle de Naïm. Collaborer avec Lahcen a été une belle expérience et j’ai en plus eu la chance de rencontrer et de passer du temps avec l’incroyable Mohamed Soukri, le co-scénariste, paix à son âme. Un grand homme, et si humble… Nous sommes devenus de bons amis et avions l’occasion de nous voir régulièrement. Chaque soir, nous dînions tous les trois et parlions du scénario et de ces mots magnifiques qu’il a écrits. Ces soirées passées ensemble étaient aussi agréables que le tournage lui-même.

Que vous inspire ce rôle, et quelle empreinte laisse-t-il sur vous ?

Pour moi, Naïm est un mélange d’Ismael, Lahcen, Soukri et le héros du film. Tous mes rôles ressemblent à une toile : je deviens obsédé par le personnage que j’interprète et j’utilise une palette de couleurs pour l’incarner. Il arrive que cela vienne spontanément, mais quelquefois, cela demande un combat intérieur. Je vis avec cette peinture jusqu’à ce qu’elle soit achevée ; ensuite, je passe à une autre, à partir d’une toile vierge.

Jouer dans un film qui renoue avec la mémoire et la culture marocaine, estce une manière de vous réconcilier avec votre propre histoire, de redécouvrir vos racines ?

“Femme écrite” est à mon sens un conte de fée moderne : il s’agit d’un prince, Naïm, qui tombe amoureux d’une princesse, et tous deux se marient. Ils sont supposés vivre heureux pour toujours, mais ce n’est pas ainsi que les histoires d’amour se terminent aujourd’hui, n’est-ce pas ? Par ailleurs, tourner un film qui parle de mémoire et de culture marocaine dans l’Atlas qui est le coeur du Maroc, a renouvelé ma propre histoire et a renforcé davantage des racines.

Ce film est aussi une ode à la femme et à sa liberté. Quel regard portez-vous sur la femme marocaine, et la femme en général ?

J’ai grandi entouré de quatre soeurs, quatre princesses et aujourd’hui, j’ai trois filles magnifiques rien qu’à moi (et un prince aussi… et bien entendu, je suis le roi !). Il est donc tout naturel que j’éprouve énormément de respect et d’admiration pour les femmes.

Votre expérience sur les planches vous a-t-elle aidé dans l’interprétation de ce rôle très poétique ?

Oui, bien sûr. Je recherche toujours la poésie et l’amour quand j’interprète un rôle, quel qu’il soit. Sans amour ni poésie, la vie est tellement ennuyeuse (rires).

Vous avez grandi à Hay Hassani et vous faites carrière à Hollywood… Avec le recul, comment expliquez-vous ce chemin de vie hors du commun ?

J’ai toujours aimé le septième art américain. Mon père avait l’habitude de m’emmener au cinéma de Maârif, dès mon plus jeune âge. Quand je rentrais chez moi, à Hay Hassani, je racontais à mes copains le film que je venais de voir en jouant tous les rôles, en faisant les bruitages, en fredonnant la bande originale… Je recréais aussi le suspens et les scènes de combats. C’était tellement plus drôle de faire ses propres films… et sans caméra, bien sûr (rires) ! Plus tard, quand je me suis retrouvé aux Warner Bros Studios ou à Paramount, j’ai regardé derrière moi, mon passé m’a rattrapé et j’ai entendu le petit garçon en moi s’extasier en s’écriant : “Waouh !” Je suis arrivé à Hollywood via le théâtre, à Broadway, sachant que j’avais une expérience sur les planches et à la télévision au Maroc. J’avais à l’époque trois rêves : étudier la réalisation de films aux Etats- Unis, jouer sur les planches de Broadway, et aller à Hollywood. Je suis au stade trois, Hollywood, et l’aventure continue…

Croyez-vous au pouvoir du rêve?

Les rêves sont l’épice de la vie. Je suis exactement là où je devais être. J’aime ce que je fais, ma famille, ma vie et bien sûr, j’aime le tout-puissant Créateur qui permet à tout cela d’arriver.

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