Féminicides : Halte à la banalisation

En juillet, un double meurtre à Salé. En septembre dernier, plusieurs assassinats sont commis à Khouribga, Casablanca, Settat et Fès. Début novembre, un autre meurtre a lieu à Salé. Les victimes sont toutes des femmes assassinées par un conjoint, un ex-partenaire ou un membre de la famille.

Sauvage. Abject. Horrible. Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner ces crimes d’une rare violence dont sont victimes les femmes, et dont l’issue est fatale. Ces féminicides, rarement comptabilisés dans la liste des violences liées au genre, font l’objet de quelques entrefilets dans la rubrique des faits divers des journaux. Sur les réseaux sociaux, ils suscitent une onde d’indignation aussi sincère que passagère, et puis l’affaire tombe dans l’oubli. Les meurtres de femmes reflètent pourtant une triste réalité, celle des violences conjugales et familiales à l’encontre du sexe dit faible. Dans le monde, ce sont 135 femmes qui sont tuées chaque jour par un ex-conjoint ou un conjoint actuel, autrement dit, “quelqu’un en qui elles auraient normalement dû avoir confiance”, note le dernier rapport de l’ONUDC (Office des Nations unies contre les drogues et le crime). Même constat de la part de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui fait part, dans un rapport datant de fin 2017, d’au moins 38% de meurtres de femmes perpétrées par un conjoint intime.

Car il s’agit bien là d’un fléau mondial qui touche tous les pays et toutes les sociétés, avec des répercussions graves pour les survivants et leurs familles. Selon la Banque mondiale, la violence basée sur le genre entraîne des coûts sociaux et économiques importants. Dans certains cas, on estime que la violence à l’égard des femmes coûte aux pays jusqu’à 3,7 % de leur PIB, soit plus du double de ce que la plupart des gouvernements dépensent pour l’éducation. Tuées par balle, poignardées, étranglées, égorgées ou battues à mort, des femmes tombent, et rien ne peut justifier l’usage de la violence envers une femme par son conjoint et encore moins excuser des gestes meurtriers.

La victime, coupable ?

Le suicide peut sembler pour certaines femmes la seule échappatoire à un environnement agressif. Dans ce sens, des associations qualifient certaines villes de “cimetière pour les femmes” tant le nombre de suicidées et d’assassinats est élevé. Des meurtres qui trouvent leur source dans une exacerbation de la violence domestique, dans la jalousie maladive, les soupçons d’adultère ou encore la peur de l’abandon. Souvent, la victime devient coupable, et on justifie la violence extrême en imputant la faute à la femme, accusée de tous les maux.

Une banalisation de meurtres qui sont versés dans la rubrique des violences physiques. En 2020, par exemple les chiffres livrés par le Haut commissariat au Plan (HCP) le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, font état de 1.786 affaires de violences physiques. Aucune indication concernant les femmes tombées sous les coups de leur bourreau. En fait, l’opinion publique n’a connaissance que des cas médiatisés, et l’on ignore tout de celles qui ont été tué ou ont échappé à des tentatives d’assassinat. Et c’est là où le bât blesse, les femmes témoignent rarement contre leurs agresseurs. Toujours en 2020, seules 6,6% des femmes ont dénoncé leurs agresseurs, car la banalisation et la justification des actes de violence découragent les victimes à porter plainte par crainte de représailles.

Vous avez dit féminicide ?

De par sa définition, le féminicide renvoie au meurtre d’une femme au simple motif qu’elle est femme, peu importe le contexte. Ce mot qui s’est imposé dans l’actualité internationale n’a toujours pas trouvé sa place dans le vocabulaire médiatique national. Pourtant, le féminicide existe bel et bien dans notre pays. C’est le paroxysme des violences conjugales domestiques. “Arrêtons de banaliser la violence à l’égard des femmes, au prétexte qu’il s’agit de querelles de couple ou de conflits liés au divorce, arrêtons de parler des meurtres de femmes commis par un partenaire intime comme d’un simple drame familial. Il s’agit de féminicide, terme utilisé pour décrire le caractère systémique de l’acte, et les femmes vivent cette forme ultime de violence par le simple fait d’être des femmes”, s’insurge cette militante féministe.  “Il est essentiel de poursuivre les actions de dénonciation de toutes les violences, de conduire des actions de prévention, d’accompagnement et de solidarité pour sortir les filles et femmes des violences conjugales et de l’emprise de leur bourreau !”, poursuit-elle. Pour ce faire, une seule solution, la sensibilisation de tous.  Pas seulement à l’approche du 25 novembre, mais en continu par le biais de campagnes ciblées.

Un travail d’éducation est nécessaire et doit cibler les plus jeunes générations pour éviter que celles-ci n’engendrent des bourreaux à leur tour. Décortiquer et déconstruire les perceptions négatives est un élément essentiel dans cette prise de conscience. À cet égard, les militantes des droits humains pointent du doigt les représentations populaires véhiculées dans des chansons, des images, des jeux vidéo ou des films qui glorifient les violences à l’encontre des femmes. Car comment peut-on mettre un terme à cette violence sans fin lorsque des jeux vidéos populaires mettent en scène des meurtres en série de femmes pour permettre au joueur de gagner des points ? Il y a là matière à réflexion, mais aussi et surtout urgence à agir. 

Les chiffres des violences sexuelles et physiques dans le monde

Environ une jeune fille sur 20 âgée de 15 à 19 ans, soit environ 13 millions de personnes dans le monde, a subi des rapports sexuels forcés au cours de sa vie.
Selon l’ONU, 3 victimes sur 4 de la traite des personnes sont des femmes, et 4 femmes victimes sur 5 le sont à des fins d’exploitation sexuelle. Au moins 200 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales féminines (MGF) dans 30 pays où des statistiques sont disponibles. Dans la plupart de ces pays, la majorité des filles ont été mutilées avant l’âge de 5 ans.
En moyenne, 45% à 55% des femmes dans l’Union européenne ont été victimes de harcèlement sexuel depuis l’âge de 15 ans.
Dans l’UE, 31 % des femmes ont été victimes d’au moins un acte de violence physique depuis l’âge de 15 ans.
La Commission européenne estime qu’une femme sur 20 (5 %) a été violée dans les pays de l’UE depuis l’âge de 15 ans.
Au moins 500.000 femmes vivant dans l’UE ont subi une mutilation génitale féminine.

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